Editoriaux - Politique - 18 décembre 2019

Najat Vallaud-Belkacem reviendrait en politique : au secours !

Selon Le Parisien, préparerait son retour en politique. Elle s’apprêterait à quitter l’institut de sondage Ipsos, où elle travaille depuis février 2018, pour pouvoir s’exprimer plus librement. « Najat est manifestement disponible », se réjouit Patrick Kanner, le président des sénateurs socialistes. Il faut dire que l’ancien ministre de l’Éducation nationale détient un record… d’impopularité.

Qu’on se souvienne seulement de sa réforme du collège, qui souleva plus de critiques que ne le fit aucun de ses prédécesseurs. Suppression des classes bilangues, destruction des options de latin et de grec, complaisance envers les idéologues de la pédagogie ou de l’étude des genres… Elle réussit à monter une grande partie de l’opinion publique contre sa politique. Son successeur, , n’eut guère de mal à acquérir un certain crédit, en détricotant un peu son ouvrage.

Mais mener une mauvaise politique éducative n’est pas une spécificité de cette protégée de François Hollande. Beaucoup de ministres de droite ou du centre, cédant aux influences pédagogistes, y ont eu leur part. Même Jean-Michel Blanquer n’arrive pas à s’en débarrasser complètement. Ce qui fait l’originalité de Najat Vallaud-Belkacem, c’est sans doute son absence de combativité contre l’islamisation de notre société. Rappelez-vous comme elle resta coite face à Idriss Sihamedi, qui se revendiquait comme « un musulman normal », tout au plus « orthodoxe » !

Comme le fondateur de l’association Barakacity, qui met en exergue sur son site « Au début de l’histoire il n’y avait rien, si ce n’est l’espoir fou qu’un jour, avec Allah, demain pouvait être meilleur », déclarait devant elle, à la télévision, qu’il ne serrait pas la main de la gent féminine, l’ancien ministre des Droits des femmes ne trouva rien à redire et ne quitta pas le plateau. De même, quand il expliqua que son ONG s’adressait notamment aux jeunes désireux d’aller faire le djihad en Syrie, en leur offrant « une belle alternative », « un djihad pacifique, humanitaire ».

On se demande ce que pourrait apporter Najat Vallaud-Belkacem au renouveau de la gauche, notamment du Parti socialiste. Aux législatives de juin 2017, elle avait été sèchement battue par un candidat d’En Marche ! et avait promis de continuer à « mener le combat politique, autrement ». Patrick Kanner s’enthousiasme : « Qu’une ancienne ministre, jeune, symbole de la gauche du gouvernement, marque de fabrique de François Hollande, veuille reprendre le chemin de l’engagement politique, les militants ne demandent que ça. » Mais d’autres sont plus sceptiques.

Revient-elle pour les municipales ? Un peu tard, semble-t-il. Pour les régionales ? Pour la présidentielle ? Va-t-elle rouler pour Olivier Faure, que d’aucuns trouvent incolore, inodore et sans saveur ? Ou pour elle-même ? À moins que – tout est possible – on ne compte sur elle pour séduire l’électorat des Français de confession musulmane, susceptible de faire la différence lors des échéances futures. La gauche est si ratiboisée qu’elle est prête à faire feu de tout bois. Mais notre ex-ministre pourrait séduire aussi un Macron aux abois, en quête d’une alliée de poids pour équilibrer sa majorité à gauche.

Après tout, elle ne serait pas la première socialiste à se convertir à sa cause. N’a-t-elle pas en commun avec lui des conceptions sociétales et une propension au multiculturalisme ? Sans compter son indulgence pour l’immigration. Au mois de mars, comme le révèle la revue Gala, elle a écrit les paroles d’une chanson, intitulée « Lampedusa », pour exprimer son engagement envers la cause des migrants.

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