On ne parle plus de l’État islamique, c’est comme s’il avait disparu derrière nos masques. Matin, midi et soir, on nous baratine, on nous tartine de Covid-19 sur toutes les faces. Le monde n’existe plus que par ses « morts de la pandémie », les statistiques y sont toutes consacrées et la politique internationale ne semble tourner qu’autour de cela. Un peu de Liban pour faire illusion et c’est reparti ! Gestes barrières, village des bons réflexes, chasse aux récalcitrants, faces de carême pour préparer la psychose sur une hypothétique « deuxième vague », voilà ce qui nous bourre le crâne depuis des mois.

De temps à autre, pour s’évader un peu, il est question du rapatriement des enfants de djihadistes depuis les camps de Syrie. « Une cause humanitaire », nous dit-on, des trémolos dans la voix. Il faudrait ramener tout ce petit monde dans le giron de la mère patrie. Comme évoqué ici même, en juin dernier, leur avocat Marie Dosé a insisté auprès de l’AFP : « Ces enfants sont marqués au fer rouge par la violence de leur histoire. Tous les enfants sont des cas humanitaires et leur intérêt supérieur à tous serait d’être rapatriés avec leurs mères. »

C’est passer sous un silence pudique le fait qu’il en est qui ne tiennent pas tant que cela à revenir ou, si elles le souhaitent, ne témoignent pas pour la plupart d’un changement de point de vue vis-à-vis de la France en particulier et de l’Occident en général.

Une affaire révélée par Le Républicain lorrain prouve, d’ailleurs, qu’il y en a même qui prennent encore la route pour le monde merveilleux des talibans ! « Selon les premiers éléments de l’enquête préliminaire, ouverte vendredi pour “disparition inquiétante”, la mère de famille a quitté son logement avec son mari et ses deux fils dans la nuit du 4 au 5 août pour prendre un avion au départ d’un aéroport en Allemagne. “Nous pensons que la famille se trouve désormais en Afghanistan”, a indiqué Julien Berger, procureur adjoint », écrit le quotidien.

C’est le père des enfants qui a donné l’alerte. Jusqu’au remariage de la mère, « il n’y avait pas de difficultés entre eux », dit son avocat, cela jusqu’à un voyage de la mère avec son conjoint actuel pendant deux mois en Afghanistan, l’été dernier. Touchée par la grâce d’Allah, elle s’est convertie à l’islam et « a changé de comportement ».

D’accord, se dit le Français de base, elle s’est convertie, a changé de comportement, mais de là à disparaître avec ses deux gosses, il y a un sérieux cap à franchir, non ? Et puis quoi, on prend si facilement un billet pour aller faire du tourisme en Afghanistan ? Et personne pour s’inquiéter de voir partir pour ce riant pays des gamins de 6 et 10 ans ?

Si, si. Le père a saisi le juge des enfants en décembre 2019 et une mesure d’assistance éducative a été mise en place, seulement voilà, « l’interdiction de sortie du territoire pour les deux garçons, sollicitée par le père, avait été refusée ». Merci, François Hollande ! C’est lui, en effet, le 1er novembre 2013, qui supprimait les autorisations de sortie du territoire individuelles et collectives pour les mineurs français voyageant à l’étranger sans leurs parents. Rétablie en 2016, la mesure se prend désormais sur intervention d’un juge… qui, dans le cas présent, l’a refusée !

Voilà comment une femme a pu disparaître avec ses deux fils. L’appartement a été vidé avant que tous trois ne s’embarquent, depuis un aéroport allemand, vers le paradis des talibans.

Il paraît, pourtant, qu’on surveille de près les « radicalisés »…

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