Les lycéens et les étudiants ne se sont pas beaucoup mobilisés, ce 12 septembre, contre les ordonnances réformant le Code du travail.

C’était à prévoir : à peine rentrés, ils ne sont pas prêts à descendre en masse dans la rue ou à bloquer leurs établissements. Mais des syndicats ou des groupuscules d’extrême gauche, bien que peu représentatifs, souhaiteraient les y pousser.

Les responsables syndicaux portent souvent, aussi, la casquette de meneurs : les les écoutent religieusement. Ils font leurs armes avant d’occuper une responsabilité politique. Le Parti socialiste – ou ce qu’il en reste – abonde d’anciens de l’UNEF.

Une autre catégorie surenchérit : venus de groupuscules d’extrême gauche ou anarchistes, loin d’être tous lycéens ou étudiants, ils profitent de chaque occasion pour semer le désordre.

Depuis 1968, les méthodes n’ont guère changé : présenter une vision partiale d’une réforme en cours pour faire peur, y amalgamer d’autres motifs de mécontentement pour susciter l’adhésion du plus grand nombre. Ils s’entraînent, pour les uns à faire de la politique, pour les autres à faire la révolution, persuadés que la provocation produira de la répression, facteur de solidarité.

Ainsi, un Comité d’action inter-lycéen et le Mouvement Inter Luttes Indépendant ont appelé, sur les réseaux sociaux, à un “pré-rencard mardi 12 septembre, place de la République à 13 h 12 pour un départ groupé du cortège lycéen jusqu’à la place de la Bastille (boulevard du Temple/Beaumarchais) pour prendre la tête de la manifestation syndicale”.

Ils reprochent à Macron de “s’apprêter à faire passer ses ordonnances”, ce qui est vrai, “dans l’espoir de rassembler ce qu’il reste de ruines d’un monde capitaliste qui court à sa perte”, ce qui annonce la couleur !

Mais ils ne se limitent pas à la réforme du Code du travail. Ils ajoutent au panier, pêle-mêle, “l’entrée de l’état d’urgence dans le droit commun”, le “plan de systématisation des expulsions de migrants”, la “baisse des APL et de l’ISF” ou encore une “réforme du bac généralisant le contrôle continu”.

Chez les syndicats étudiants, les calculs politiques ne sont pas absents. L’UNEF, par la voix de sa présidente, n’appelle pas à manifester, le 23 septembre, aux côtés de La France insoumise.

D’ailleurs, elle a exclu plusieurs proches de Mélenchon, soupçonnés de fomenter un “putsch”. On ne plaisante pas avec l’indépendance !

La Fédération indépendante et démocratique lycéenne (FIDL) tient la même position.

Qu’ils soient proches du n’a, bien sûr, aucun rapport…

Ils ne sont pas nombreux, mais ils sont actifs. La République en marche a l’intention de mener une contre-offensive en mettant en avant toutes les mesures prises en faveur de la jeunesse. L’association Les avec Macron pourrait s’en charger. Sous prétexte d’information, une manipulation en sens inverse.

S’il est souhaitable que les s’intéressent à la politique, s’il est naturel qu’ils s’inquiètent de leur avenir, il est plus que discutable que des partis et leurs satellites, pour atteindre leurs objectifs, cherchent à les manipuler. Mieux vaudrait, plutôt que de les abuser par des idées toutes faites, aiguiser leur esprit critique, leur apprendre le discernement, non pas le suivisme. Mais c’est sans doute trop leur demander, quand ils en sont eux-mêmes incapables.

12 septembre 2017

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