Sérieusement, vous imaginez le procès qui serait fait à l’homme affichant fièrement sa misogynie, aujourd’hui ? On entendrait déjà les féministes hurler au sexisme et au patriarcat. Aurait-il les honneurs de la presse, d’ailleurs ? De nos jours, Sacha Guitry aurait-il encore le droit de rire un peu avec ses « Il y a deux sortes de femmes : celles qui sont jeunes et jolies, et celles qui me trouvent bien » ou encore « Si la femme était bonne, Dieu en aurait une »  ?

En revanche, dans notre décidément complètement déboussolée, il est beaucoup plus médiatiquement et sociologiquement correct d’affirmer, comme le fait Pauline Harmange dans son livre, « Moi, les hommes, je les déteste ». Le mâle (et s’il est blanc, c’est encore mieux) est forcément potentiellement machiste et méchant. Pauline Harmange a donc le droit de poser dans Libé, les bras relevés derrière la tête laissant apparaître d’élégants poils sous les aisselles, affirmant et relevant avec brio ce défi : « Réservons-nous le droit d’être moches, mal habillées, vulgaires, méchantes, colériques, bordéliques, fatiguées, égoïstes, défaillantes… »

 

À chacun son , et il est à parier que, pour en arriver à une telle détestation de celui qu’elle réduit à sa condition de phallos, celle-ci vit certainement avec des blessures personnelles. Elle dénonce leur arrogance et l’on veut bien croire qu’elle n’ait pas croisé que de bonnes personnes sur sa route. Mais de là à généraliser, il n’y a qu’un pas pour passer pour une cinglée…

Pourrait-on, dès lors, se permettre de rappeler à cette dame que, sans l’aide de ces hommes qu’elle déteste tant, la pour toutes que ses copines appellent de leurs vœux serait un peu plus compliquée sans spermatozoïde ? Et si ce malheureux enfant à naître devait s’avérer de masculin, faudrait-il l’avorter ou le haïr lui aussi ? Faut-il citer cette étude canadienne selon laquelle « la conjugale LGB serait deux fois plus importante que dans les couples hétérosexuels » ? « Il y a un tabou des violences sexuelles dans les couples homosexuels, la question n’est même pas posée », explique la chercheuse et sociologue Vanessa Watremez. Donc, balle au centre, dans notre humanité si perfectible, ni l’homme ni la femme ne méritent une telle haine, qui de plus revendiquée.

Un jour à la gare, une maman avec sa poussette et une énorme valise se demandait comment elle allait descendre les escaliers pour rejoindre le quai. Quelle déception de voir tant d’hommes passer sans même la remarquer. Encore à la gare, une autre fois, une femme, voyant mon mari porter ma valise, me complimentait en même temps qu’elle m’enviait : « Vous avez de la chance, de nos jours, c’est devenu rare. » Preuves nouvelles, s’il en fallait encore, que le féminisme égalitariste a chassé la galanterie. Avec de tels discours misandres, il n’est pas étonnant que les hommes n’osent plus aider les femmes, ils auraient bien trop peur de passer pour le « sexe fort »…

2 octobre 2020

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