Le 11 novembre 2019, dans ces colonnes, nous avions titré sur « Les funérailles de Jean-Luc Mélenchon » et attaqué, bille en tête : « Faut reconnaître que Mélenchon a eu un bel enterrement » ! Bien entendu, il ne s’agissait pas d’une « fake news » mais du constat, selon nous, que le leader de La France insoumise, en participant à une manifestation contre l’islamophobie particulièrement controversée à l’époque, s’enterrait vivant. Politiquement, s’entend. Souvenez-vous : Gabriel Attal, alors secrétaire d’État à la Jeunesse, n’avait pas hésité à qualifier ce rassemblement d’« insupportable » et avait déclaré que « La France insoumise et des cadres d’EELV sont pris la main dans le pot de confiture clientéliste et communautariste ».

Trois ans et une élection présidentielle plus tard, le cortège funéraire s’étire, s’étiole, s’essouffle et le baudet peine à tirer le corbillard. Les pleureuses attitrées semblent en avoir un peu leur claque : Autain, Garrido, Ruffin, Corbière prennent leurs distances. Leurs distances avec ? Avec le vieux leader dans sa fuite en avant.

L'opinion se détourne 

Et dans l’opinion, ça ne s’arrange pas. Ainsi, le baromètre mensuel Elabe pour Les Échos nous apprend que Mélenchon décroche un peu plus en popularité : 17 % des Français, seulement (soit un point de moins que le mois dernier), ont une image positive de lui. En creux, sa cote de rejet par les Français est de 62 %. Pire qu’Éric Zemmour, qui est à 61 %. En mai 2022, Jean-Luc Mélenchon était à 35 % d’opinions favorables.

La chute finale ? Quand on voit que des personnages de gauche comme Fabien Roussel, le communiste au steack-frites, est à 46 % d'opinions favorables, progressant de 6 points, que le gentil François Ruffin est à 44 %, soit 5 points de plus que le mois dernier, on se dit que Mélenchon a du souci à se faire. Même le très insignifiant patron du PS Olivier Faure est à 34 % d’opinions favorables ! C’est dire… Les brailleries de ses spadassins et spadassines à l’Assemblée nationale depuis un an et demi n’ont pas dû lui faire du bien. Mais plus que tout, sans doute, ce sont les prises de position controversées sur le Hamas qui se payent aujourd’hui cash. Néanmoins…

Sondage et résultats électoraux ne vont pas toujours de pair

Néanmoins, on aurait tort de s’arrêter à ce sondage de popularité. Par exemple, ce n’est pas parce qu’Édouard Philippe caracole à 40 % d’opinions favorables (on se demande d’ailleurs pourquoi !) qu’il fera 40 % au premier tour de l’élection présidentielle, si cette dernière devait avoir lieu dimanche prochain. La semaine dernière, un sondage IFOP-Fiducial pour Le Figaro et Sud Radio révélait que l’ancien Premier ministre n’obtiendrait, actuellement, que 25 % des voix au premier tour de la présidentielle, contre 33 % pour Marine Le Pen. Il y a loin de la cote de popularité aux intentions de vote, comme il y a loin de la coupe aux lèvres.

Et inversement, pour Jean-Luc Mélenchon, on constate que ce dernier conserve, malgré un certain effritement, son capital électoral : 15 % dans cette même configuration. Certes, on est loin des 22 % de 2017, mais cela permet de rester largement en tête de la gauche et de continuer à peser pour les élections législatives. Est-ce à dire, au passage, que 15 % des Français soutiennent mordicus les positions islamo-gauchistes du vieux leader ? Ce serait inquiétant et en dirait long sur l’état de la société française.

Dans ces conditions, que peut espérer Jean-Luc Mélenchon qui, visiblement, n’a pas l’air pressé que le corbillard arrive à son terminus ? Repartir en 2027 dans ce qui pourrait être le Tour de France de trop, pour celui qui aura du mal à obtenir la place de Poulidor ? Parier sur une accélération du chaos dans le pays, histoire d’entrer dans l’Histoire en terminant la Révolution ? Les Halles en 1792, les faubourgs en 1830, les banlieues en 2… Pas exclu, non plus, que le chœur des pleureuses se lasse aussi de suivre le corbillard et l’invite plus ou moins poliment à descendre pour aller écrire ses mémoires.

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03 novembre 2023 à 18:24

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29 commentaires

  1. 15 % dans les sondages cela ne veut rien dire même si Mélenchon n’a plus la cote l’islamo gauchiste et bien ancré dans notre pays et trouve écho dans dans des personnes influentes qui relaient cette idéologie révolutionnaire qui après coup se victimise pour faire passer le message.

  2. Votre titre me parait un tantinet audacieux, bien que nous offrant quelque espoir. Et on en a bien besoin dans le contexte que nous connaissons.
    Mais étant un peu averti de la chose politique, je dirai qu’un homme politique n’est mort que lorsqu’il a été enterré…et encore, parfois il a des imitateurs qui surpassent l’original.

  3. Pas gentil pour les ânes, qui, eux, ne sont généralement pas méchants…car s’il n’a jamais eu d’arme en mains, nous devrions nous dire que c’est un bienfait de l’histoire pour le petit Jean-Luc, au vu de ce qu’on fait avec ses copains Fidel et le Hamas…

  4. Mélenchon est, comme Panot ( ou semblent ? ) toujours au premier degré. C’est un avantage. C’est même mieux que des Autain ou autres ( avec surmoi maitrisé ) qui seraient infiniment plus hypocrites. Même s’il meure ( métaphoriquement ) son successeur quel qu’elle (ou il ) soit, ferait peser le risque de l’hypocrisie. Serait-il Lambertiste, proche du Trotskysme ? etc Mystère et boule de gomme.

  5. Cet article, spirituel, évoque un Baudet tirant un corbillard, suivi de pleureuses siciliennes. Or, le « leader minimo » indiqué, n’a jamais tenu dans ses mains une arme quelconque (contrairement au « leader maximo », par exemple). Plus qu’au baudet de la Fable…, il fait plutôt penser, au « petit cheval blanc » de Brassens, sans voir le beau temps, « ni derrière ni devant »…

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