Mon Dieu, quelle affaire ! À l’occasion du meeting d’Éric Zemmour, tenu ce dimanche 5 décembre à Villepinte, des militants anti-zemmouriens auraient été molestés par le service d’ordre zemmourien. Il faut véritablement avoir quatre ans d’âge mental et tout ignorer de la chose publique pour savoir que ce genre d’échauffourée est la norme depuis qu’existent les meetings politiques.

Car si l’on reprend le film des « événements », c’est d’abord un spectateur qui surgit de la foule pour prendre le candidat au cou. Pas forcément par admiration, puisqu'il lui foule le poignet au passage. Dans l’assistance, des militants « antifas », aux tee-shirts siglés « Non au racisme », se mêlent de la partie. Sans grande surprise, c’est la bousculade. La trentaine de militants jouant à domicile tentant de calmer ce joli petit monde qui ne fait certes pas dans la dentelle ; leurs adversaires non plus.

Dès le lendemain, Dominique Sopo, président de SOS Racisme, s’insurge : « Nous n’imaginions pas que cela pouvait déraper à ce point. […] Nous allons accompagner les militants pour qu’ils déposent plainte. » Voilà, en tout cas, qui meublera leur temps libre, sachant que le site de cette association paléo-mitterrandienne n’affiche rien de neuf depuis septembre dernier, hormis « la des femmes et défenseurs des droits de l’homme afghans ». Soyons juste, néanmoins : il s’y trouve un appel à « bien voter » aux régionales remontant au mois d’août de la même année. Mieux vaut tard que jamais, même si Dominique Sopo, dans l’intervalle, a eu d’autres dossiers plus brûlants à traiter.

Par exemple, qualifier Jean Messiha, ancien proche de Le Pen passé chez Zemmour, de « chameau », référence faite à son ascendance égyptienne… Résultat ? Dominique Sopo est, depuis mars 2021, mis en examen pour « injure publique envers un particulier à raison de son origine ou de son appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée », tel un vulgaire Éric Zemmour, lui aussi soumis aux foudres de la loi pour de simple délits d’opinion. Passons et allons à l’essentiel.

Il n’est pas besoin de s’en remettre aux médias dominants pour comprendre que la perturbation de ces meetings est souvent à sens unique. A-t-on vu des militants du Front national s’en prendre à leurs homologues communistes aux abords de la Fête de l’Huma ? Non. Sont-ce les clients de La Nouvelle Librairie qui s’en prennent à celle de L’Harmattan ? Pas plus, sachant qu’on trouve chez cette librairie d’extrême gauche d’excellents livres.

Comme quoi ces gens donnés pour être « d’extrême droite » sont finalement plus cool que les turlupins se revendiquant « d’extrême gauche ». Lesquels ont, par ailleurs, une technique de combat très au point, même si elle défie les règles les plus élémentaires de la logique et de la sémantique : il s'agit, pour eux, de « crier leur haine du parti de la haine ». Mais « haïr » la « haine » ne serait-il pas une autre forme de « haine » ?

D’où ces provocations à deux euros cinquante consistant à se rendre à un meeting d’Éric en costume de SOS Racisme. Imaginons des militants lepénistes s’inviter au congrès d’ avec des casquettes ornées du slogan « Le Pen vite ! » ou encore des partisans de la Manif pour tous défiler à la Gay Pride en scandant « Un enfant ? C’est un papa et une maman ». Nul doute que, sans surprise, la boîte à claques s’ouvrirait très vite. N'évoquons même pas le sort de l’inconscient s’installant à une fête vegan derrière un stand de merguez, manteaux de fourrure, vestes et fusils de chasse !

Certes, perturber les meetings des autres demeure une vieille tradition politique, depuis Jean-Marie Le Pen et Léon Blum, Roland Dumas et Jean-Louis Tixier-Vignancour et peut-être avant. Mais au moins venait-on y apporter la contradiction, au risque de se prendre quelques horions ; les conflits se réglaient un peu plus tard au bistrot et personne ne se plaignait des risques encourus. Les traditions se perdent. Et ces « antifas » sont décidément de petites choses bien fragiles. Ça pourrait les perdre…

6 décembre 2021

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