Ce lundi 4 octobre s’est ouvert, à Marseille, le procès de 8 hommes et 5 femmes qui doivent comparaître devant le tribunal pour « traite d’êtres humains » et « proxénétisme aggravé », rapporte Le Monde.

Un réseau démantelé en 2018

Quatorze personnes devront répondre de leurs actes devant le tribunal pour avoir organisé un réseau de prostitution embrigadant des dizaines de filles nigérianes, dont des mineures, dans la cité phocéenne, entre 2015 et 2018. Les huit hommes et les cinq femmes – les « mamas » – encourent une peine qui peut aller jusqu’à dix ans de prison.

Au Nigeria, on avait fait miroiter aux jeunes filles le métier de coiffeuse en Italie et c’est, en réalité, en France, en Allemagne ou en Autriche que ces jeunes filles ont débarqué, voyant leur rêve se briser devant la découverte de leur « bienfaiteur » devenu proxénète, et la contrainte à la prostitution en raison de leur prétendue dette.

Les victimes contraintes au silence 

Alors qu’une vingtaine de prostituées ont été interrogées, très peu ont osé briser le silence et déposer plainte, précise Le Monde. En effet, avant de quitter le Nigeria, ces jeunes filles ont été soumises à un rituel vaudou, la cérémonie du « juju ». L’une des jeunes filles, Tassy, raconte ainsi avoir juré de ne jamais parler du proxénète Tony à la police, s’engageant à dire qu’elle était venue seule, et de son plein gré. Ensuite, un homme chargé du rituel, le « jujuman », a formé « une sorte de petite boule avec des cheveux de ma tête, des poils de mon sexe, des poils de sous mes bras et des coupures de mes ongles de mains et de pieds », explique-t-elle, ces éléments devant garantir le silence de la jeune femme sous peine que le mauvais sort s’abatte sur elle.

Dans son ordonnance de renvoi devant le tribunal, la juge d’instruction a noté « une marchandisation de l’être humain et l’exploitation de l’extrême vulnérabilité des plus faibles », toujours selon Le Monde.

5 octobre 2021

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