Editoriaux - Entretiens - Politique - 10 octobre 2019

Marine Le Pen : « L’immigration anarchique est le terreau du communautarisme et du fondamentalisme islamiste. Pour lutter contre cela, il faut du courage. »

Entretien exclusif

Marine Le Pen a accordé un long entretien à Gabrielle Cluzel, rédactrice en chef de Boulevard Voltaire.

De nombreux sujets d’actualité sont abordés, sans tabou : terrorisme, débat sur l’immigration, PMA pour toutes, réforme des retraites, stratégie du RN pour les élections municipales, mais également la polémique autour d’Éric Zemmour et la publication du tome 2 des mémoires de Jean-Marie Le Pen.


Marine Le Pen, merci de nous accorder cet entretien. Nous vous en sommes d’autant plus reconnaissants que vous en accordez assez peu actuellement. On vous voit rarement dans les médias, pourtant vous y êtes extrêmement présente, votre nom est sur toutes les lèvres, en général pour faire remarquer que l’actualité vous déroule un tapis rouge.
Le drame de ces derniers jours, à la préfecture de Police de Paris, vous le redoutiez ?

Oui, bien sûr. Je peux même dire que nous l’avions anticipé. Les méthodes des terroristes consistent évidemment à s’infiltrer au cœur de l’État dans les structures les plus sensibles de l’État, comme dans la police, l’armée et éventuellement les structures nucléaires pour pouvoir y faire le plus de mal possible en nombre de morts et sur le plan psychologique. Tout cela était donc prévisible d’autant plus que beaucoup de policiers nous alertaient sur les conditions de sécurité, les critères de recrutement et les critères permettant d’accorder à tel ou tel l’habilitation secret défense. Manifestement tout cela était émaillé de dysfonctionnement et avait des défaillances majeures. Ce qui s’est révélé aujourd’hui était à craindre.
Je m’attendais à une réaction beaucoup plus forte de l’État. Lors de l’hommage rendu aux quatre policiers, hommage auquel j’étais présente, les mots étaient sans concession. Aucun acte n’a suivi. Cela fait une différence fondamentale avec la manière dont le gouvernement britannique avait réagi après les attentats qui avaient frappé Londres.


Un certain nombre de politiques réclament la démission de Christophe Castaner, vous êtes de ceux-là. Mais est-il le seul responsable d’un dysfonctionnement pour utiliser ce mot pudique qui date de plusieurs années. Est-il le seul à incriminer ?

Bien sûr que non. Si on part du principe qu’il n’y a plus aucune responsabilité chez les ministres, alors il n’y a plus d’État. S’il n’y a plus d’État, il n’y a plus de protection, c’est le chaos, l’anarchie et plus rien ne tient debout. Je crois qu’un ministre doit être responsable. J‘ai entendu le Premier ministre dire qu’il assumait la responsabilité de tout cela. J’ai évidemment répondu que dans ces conditions, il fallait que lui-même démissionne.
Que veut dire «  j’assume l’ensemble de la responsabilité »? Il l’a dit cela devant la représentation nationale. Si cela consiste à dire : « circulez, il n’y a rien à voir » ou à copier Emmanuel Macron lorsqu’il dit «  venez me chercher, je vous attends », sachant qu’il n’a rien à risquer, c’est inadmissible en démocratie.
Monsieur Castaner n’est pas le seul à avoir des responsabilités. Toutes les responsabilités doivent être recherchées, mais il est le chef. Il est le chef dont les troupes sont aujourd’hui désemparées. Plus un seul membre de ces troupes n’a confiance en lui. Cela pose tout de même un vrai problème de fonctionnement.

Si vous étiez à la place de Christophe Castaner ou à la place d’Emmanuel Macron, quelles seraient les premières mesures d’urgences que vous prendriez pour que ce drame ne se reproduise plus ?

Le problème se pose au niveau d’Emmanuel Macron. Le ministre ne peut rien faire sans l’accord du président de la République ou contre son gré. Je prendrais toute une série de mesures qui me paraissent essentielles.
Les mesures que j’aurais prises dans les quelques heures qui ont suivi cet attentat, je les aurais également prises après l’attentat d’Arnaud Beltrame, l’attentat de Nice, l’attentat du Bataclan, de Charlie Hebdo, etc. J’aurais immédiatement expulsé l’ensemble des imams radicaux présents sur notre territoire. J’aurais fermé l’ensemble des mosquées salafistes. J’aurais demandé un audit complet de toutes les associations qui sont aujourd’hui les vecteurs du prosélytisme islamiste sur notre territoire. J’aurais fait la liste de toutes les associations ou structures que je considère comme ennemis de la France. J’aurais mis en œuvre l’article de l’intelligence avec l’ennemi, c’est-à-dire que toutes personnes qui a de près ou loin la moindre relation avec une structure qui souhaite porter la mort sur notre territoire, s’attaquent à notre État ou nos compatriotes, doit tomber sous le coup du crime d’intelligence avec l’ennemi.
J’expulserais bien entendu tous les étrangers qui ont commis des crimes et des délits. J’arrêterais tout de suite l’immigration. Je pense que l’immigration anarchique telle qu’elle existe est le terreau du communautarisme et le communautarisme est le terreau du fondamentalisme islamique. Il y a beaucoup de choses à faire et on sait ce qu’il faut faire. Mais, pour cela, il faut du courage ! Or, ce qui manque fondamentalement à tous les gouvernements qui se sont succédés depuis des décennies dans ce domaine, c’est justement du courage !

Le débat sur l’immigration vient de commencer. Le principe même de ce débat est-il pour vous une satisfaction ? Pensez-vous qu’il peut porter des fruits, qu’a minima, il permettra de libérer la parole sur le sujet ?

Ce débat a commencé et il est déjà terminé. Il n’a duré que quatre petites heures en accordant uniquement cinq minutes au premier parti de France, le Rassemblement national. Ces cinq petites minutes ont été arrachées grâce à la générosité d’un de nos collègues. La dénonciation de l’immigration anarchique constitue un point central du programme du Rassemblement national depuis près de quarante ans.
Il n’y a pas de courage à faire de l’électoralisme. Emmanuel Macron n’en a pas, ni plus ni moins que n’en ont eu avant lui, François Hollande et Nicolas Sarkozy avec les résultats peu convaincants que l’on connaît.
Il ne se passera rien en matière d’immigration. Je l’ai dit à la tribune de l’Assemblée. J’ai dit au Premier ministre que je n’avais absolument aucune confiance en lui pour régler le problème de l’immigration. Objectivement, on se donne rendez-vous dans quelques semaines et dans quelques mois et on s’apercevra qu’une nouvelle fois nous avions raison sur ce sujet.


L’autre actualité du week-end a été la manifestation Marchons Enfants anti-PMA pour toutes. Cette manifestation a créé la surprise et montré la capacité de remobilisation de la Manif Pour Tous que d’aucuns croyaient émoussée. Vous êtes vous-même opposée par cette loi bioéthique, mais vous n’y étiez pas, et vous n’avez pas voté non plus contre le premier article de cette loi. Pourquoi ?

Je n’ai pas manifesté pour une raison qui est toujours la même. Je n’ai pas manifesté contre le mariage pour Tous et je n’ai pas manifesté contre la PMA. Je pense que ce n’est pas le rôle d’un dirigeant politique et notamment d’un président de parti. Notre rôle est d’organiser et d’expliquer les raisons pour lesquelles nous y sommes opposés et notamment quand on en a la possibilité au sein de l’Assemblée nationale où nous sommes élus. C’est ce que je crois avoir fait de la manière la plus claire et simple possible durant les cinq petites minutes qui m’étaient accordées dans la tribune. Je n’étais pas présente le soir du vote. Il faut savoir qu’il est extrêmement difficile de prévoir à l’avance quand ce vote aura lieu. J’étais prise par d’autres obligations. Cela n’est que l’article 1er. La loi sera votée mardi prochain. Je voterai contre la loi parce que je considère qu’elle est assise sur un mensonge d’Etat. On ne peut pas mentir à un enfant. Cela va tout à fait à l’encontre de son intérêt.

Nombre de féministes portent cette loi, comme Marlène Schiappa. Quel regard portez-vous sur ce féminisme institutionnel, qui paradoxalement n’est guère amène avec vous ? (Car si une femme en France peut prétendre un jour d’accéder à la magistrature suprême, ce qui serait une grande victoire féministe, c’est pourtant vous !) Le jugez-vous utile, malgré ces défauts, notamment lorsqu’il s’attelle à combattre les féminicides ?

On me fait peu de grâces, alors que de mémoire je suis la seule chef de grands partis politiques qui soit une femme. Cela prouve que derrière il y a une idéologie qui n’a strictement rien à voir avec la défense des femmes. Je ne peux qu’être d’accord avec le fait qu’il y ait une lumière mise sur les violences faites aux femmes. Je voudrais que l’on soit exhaustif sur ce sujet.
Je note que dès que nous dénonçons la montée en puissance du fondamentalisme islamique qui transforme les femmes en objet et qui les brutalise dans leur liberté individuelle, il n’y a plus personne. Ce sujet ne mobilise pas les féministes traditionnelles.
Le terme de féminicide me gêne pour une raison simple. Je pense qu’un assassinat est un assassinat. C’est l’avocate qui vous parle. L’assassinat commis par le conjoint fait déjà l’objet dans le Code pénal d’une circonstance aggravante. Je trouve que c’est tout à fait normal, mais je ne suis pas sûre que l’agenda qui est dans la tête de celle qui utilise ce terme à tort et à travers soit exactement lié à la défense des femmes.

Sur le front social, on trouve aussi le dossier « retraites ». On vous sait en profond désaccord en particulier sur l’allongement de l’âge de la retraite. Mais le système par répartition tel que nous le connaissons n’est-il pas en l’état une pyramide de Ponzi, une arnaque à la Madoff pour ceux qui cotisent aujourd’hui ? Que préconisez-vous à la place ?

Je ne suis pas en désaccord avec Emmanuel Macron seulement sur l’allongement de la durée.
En revanche, je suis en désaccord avec la retraite par point. Je suis en désaccord avec l’idée de la précarité pour les gens qui travaillent. Ils ne savent pas sur quelle retraite compter demain. Le problème majeur est la variabilité de la valeur du point qui ne permet plus à personne de construire sa vie. La fin de vie est peut-être la partie la plus sensible, celle où on a besoin d’être le plus rassuré. Je suis en désaccord puisque je trouve cette mesure et cette réforme injustes au moment où il y a tant d’économie à faire sur l’immigration, sur l’aide médicale d’État, sur les gabegies, sur la fusion des régions, sur la fraude et j’en passe et des meilleures.
À chaque fois, la solution consiste à demander toujours plus d’effort aux Français qui travaillent. Je suis profondément en désaccord avec Emmanuel Macron sur ce sujet.
Quant à cette pyramide de Ponzi dont vous parlez, la réalité c’est qu’on se refuse à voir une chose simple. Le système par répartition est l’un des meilleurs et des plus justes systèmes qui existent. Il est plus juste que les systèmes qui consistent à envoyer les gens cotiser auprès des fonds de pension américains. Ils peuvent se casser la binette du jour au lendemain en les laissant sur la paille et SDF pour la fin de leurs jours.
Encore faut-il qu’il y ait deux conditions essentielles. La natalité d’un côté et l’emploi de l’autre. Ce sont les deux mamelles de notre système de retraite. Or, dans notre pays rien n’est fait pour la natalité, bien au contraire. Les attaques contre la famille n’ont pas cessé et se sont accélérées sous François Hollande et Emmanuel Macron. De surcroît, rien n’est fait pour créer de l’emploi et lutter contre ce chômage de masse qui est le clou dans le cercueil de notre système de retraite.


Avant que l’attentat à la Préfecture de Police vienne écraser l’actualité, les salles de rédaction bruissaient de l’intervention d’Eric Zemmour à la Convention de la droite. Qu’avez-vous pensé de cette convention ? Le clivage droite-gauche, vous paraît-il encore pertinent ?
Dans le cas contraire, où se situe la ligne de fracture ? Entre mondialistes et populistes ? Libéraux et illibéraux ? Conservateur et libéro-libertaires ? Où vous situez-vous ?

Cela fait plus de dix-sept ans que je théorise la disparition de ce clivage gauche-droite. Je l’ai fait dans le cas d’une association que j’ai dirigée en 2002. Je ne crois plus à cette différenciation pour la simple et bonne raison que j’ai vu des gens de gauche et des gens de droite être élus successivement les uns après les autres et même parfois les uns avec les autres. Ils mettent en œuvre exactement la même politique mondialiste. Je crois beaucoup plus au clivage mondialistes-nationaux. La différence est extrêmement claire. Il y a ceux qui pensent que la nation est un concept ancien et dépassé et que l’on doit supprimer toutes régulations, toutes frontières, toutes racines et laisser le marché déterminer les grands axes d’une politique sociale, civilisationnelle et économique.
D’autre part, il y a ceux qui considèrent que la nation est la plus performante pour assurer la prospérité, la sécurité et défendre l’identité des peuples, dont en l’occurrence je fais partie.
Je pense que c’est d’ailleurs ce clivage-là qui a été entériné par les Français à l’élection présidentielle en nous mettant face à face, Emmanuel Macron et moi-même, et à l’élection européenne en mettant le Rassemblement national en tête.
Si je croyais encore à ce clivage gauche-droite, je n’aurais pas appelé le Rassemblement national le Rassemblement national, mais plutôt le Rassemblement des droites. Je l’ai appelé le Rassemblement national parce que je pense qu’aujourd’hui, le rassemblement doit se faire à destination de tous les Français qui sont opposés à cette mondialisation sauvage et attachés à la nation d’où qu’ils viennent. Il est vrai qu’il y en a qui viennent aussi de gauche.


Gilbert Collard a affirmé, au cours de cette polémique, que vous ne partagiez pas les positons d’Eric Zemmour. Et pourtant, on a le sentiment que vous portez sur un certain nombre de points, le même diagnostic. Qu’est-ce qui vous différencie ? Le fond ou la forme, c’est-à-dire, la façon de le dire ?

Je tiens à dire que je considère inadmissibles les attaques qui consistent à vouloir faire taire Eric Zemmour. J’en appelle à ceux qui sont très attachés à la Convention européenne des droits de l’homme. Je leur rappelle que la jurisprudence de la CEDH a indiqué que la liberté d’expression s’attache évidemment aussi aux propos qui peuvent choquer ou inquiéter l’État ou fraction de la population. C’est mon opinion. Il est assez rare que je sois d’accord avec la Cour européenne des droits de l’homme, mais il se trouve que là, je suis d’accord avec elle.
La liberté d’expression consiste à laisser parler des gens avec lesquels vous êtes en désaccord, sinon ce n’est pas la liberté d’expression, mais l’URSS.
Je suis en désaccord avec Eric Zemmour sur un certain nombre de sujets.
Je suis d’abord en désaccord avec lui sur son pessimisme. Je n’ai pas le goût de l’effort inutile. Si je ne pensais pas que notre pays pouvait être sauvé des maux qui le frappent, je ne ferais pas de politique, je ferais autre chose. Je suis aussi en désaccord parce que je ne mène pas une lutte religieuse. Je ne suis pas en lutte contre une religion, mais contre le fondamentalisme islamique, pas contre l’Islam. Un certain nombre de Français sont musulmans et je connais aussi mon Histoire. Dans cette Histoire, il y a les Harkis qui étaient également des musulmans, Français par le sang versé. Je pense que l’on peut parfaitement avoir des Français musulmans qui ne remettent pas en cause notre constitution, nos valeurs, nos mœurs, nos modes de vie, etc.
Ce désaccord entre nous n’est pas mince. Il n’en demeure pas moins que je considère qu’il a évidemment le droit de participer au débat d’idée dans notre pays. Toute contribution enrichit ce débat.


Pour revenir à la politique politicienne et au terrain, les municipales approchent : allez-vous essayer, cette fois, de faire des alliances, avec les LR par exemple dont on sait dans certains endroits la base militante très proche de la vôtre ? Quels sont vos objectifs ? Quelles sont les villes emblématiques que vous souhaiteriez voir tomber dans votre escarcelle ?
Et à titre personnel, comptez-vous vous présenter ?

Il ne vous a pas échappé encore une fois que j’ai changé le nom de mon mouvement en lui donnant une ligne très claire qui est celle du rassemblement national. Je souhaite faire ce rassemblement.
Je l’ai impulsé d’abord aux élections européennes où nous avons d’ailleurs accueilli Thierry Mariani et Jean-Paul Garraud, tous les deux fondateurs de la droite populaire, et Hervé Juvin qui venait de la société civile. Je l’ai également impulsé aux municipales.
À Paris, nous soutenons la candidature de Serge Federbusch, élu de droite. C’est d’ailleurs très symbolique que cela se passe dans la capitale.
Il y a toute une série d’autres endroits, notamment à Carpentras avec Bertrand de la Chesnais qui mène une liste apolitique, soutenue par le Rassemblement national. Nous lui avons bien entendu accordé notre soutien.
Pour bien d’autres endroits, nous acceptons bien sûr cette idée de rassemblement pour peu que ceux qui nous demandent notre soutien partagent des éléments essentiels de notre projet municipal.


On ne peut envisager ces municipales, élections enracinées s’il en est, sans évoquer les Gilets jaunes et la France périphérique. Quelles seraient les mesures d’urgence, selon vous, pour sauver ces villes moyennes ? Et les agriculteurs ?

Permettez-moi de vous dire que l’agriculture est un sujet un peu différent de la situation exclusivement de la ruralité. Sur l’agriculture, il faut déjà arrêter les accords de libre échange et de mettre les agriculteurs en concurrence déloyale avec des produits qui viennent du monde entier et qui ne respectent pas les normes exigées de la part de nos agriculteurs nationaux.
Il faut mettre en place le patriotisme économique pour que nos compatriotes puissent consommer en toute connaissance de cause, ce qui n’est pas le cas. Il y a toute une série de mesures pour sauver l’agriculture et pour sauver ces villes moyennes. Je l’ai appelé la démétropolisation. Elle est un des volets du localisme que nous défendons.
L’idée est de dire qu’il faut arrêter cette folie qui consiste à concentrer dans les métropoles de plus en plus tous les sièges de sociétés, tous les centres de pouvoir économique, tous les centres de pouvoir politique, au détriment des villes moyennes qui sont en train de mourir de cette concurrence. Il faut donc inverser cette tendance. Cela se fait par des incitations fiscales à des entreprises. Il faut arrêter cette concentration urbaine et humaine qui fait que la vie dans les métropoles est inabordable, nuit à l’écologie et fait vivre à nos compatriotes des situations parfois très difficiles avec des heures de transport insupportables et des loyers inabordables.
Tout cela passe par la responsabilité de l’État en matière d’aménagement du territoire. Cela fait des années que l’État ne fait plus d’aménagement du territoire. Il ne doit pas seulement le faire dans un quartier, mais dans des zones franches dans les 100 villes moyennes pour recréer de la vie économique. Par conséquent, on sauvera les transports et les lignes ferroviaires moyennes. S’il n’y a plus personne à transporter, il n’y aura plus de lignes ferroviaires. C’est un plan général qu’on a appelé la démétropolisation. Ce n’est pas un plan exclusivement pour les villes moyennes au détriment des grandes villes, c’est aussi au bénéfice des grandes villes. Tout le monde souffre du niveau des loyers dans les grandes villes. Tout le monde souffre de voir les classes populaires et les classes moyennes en être éjectées au bénéfice exclusif des classes supérieures, ou d’une immigration prise socialement en charge par les municipalités ou par l’État. Tout le monde a envie qu’on arrête cette folie écologique. Ce sera un des grands axes que nous développerons lors de ces élections municipales.


Vous ne m’avez pas répondu, mais peut-être ne souhaitez-vous pas le faire : à titre personnel, comptez-vous vous présenter ?

Je ne me présenterai pas. Le Rassemblement national est un très grand mouvement. Je pense que la présidente que je suis n’est pas obligée d’aller à toutes les élections comme cela a pu être le cas par le passé. Nous avons très largement assez de talents, de cadres et d’élus municipaux qui ont envie de partir à la conquête de leur ville, et qui, j’en suis sûre pour un certain nombre d’entre eux, auront de très bonnes surprises.


Votre père vient de publier le deuxième tome de ses mémoires. Avez-vous lu ce livre ?
L’avez-vous trouvé touchant, émouvant, amusant, agaçant ? Vrai ou romancé ?

Je ne peux pas vous le qualifier puisque je ne l’ai pas lu et je n’entends pas le lire. La vie politique réserve déjà assez de brutalité et de chagrin pour ne pas s’en infliger à soi-même. Je vais m’éviter le chagrin de lire ce livre et rester sur l’image que j’ai du combat de mon père qui reste une belle image. J’ai pu lire quelques pages de son livre qui ont été publiées, elles ne sont pas représentatives de ce qu’il a été et de ce qu’il devrait rester. Un père, c’est important, même quand on est en désaccord avec lui.

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