La France d’hier avait d’aimables traditions. À la Toussaint, elle honorait ses morts, au 1er janvier, on présentait ses bons vœux, on dansait autour des feux de la Saint-Jean, on fêtait les moissons et les vendanges…

Il y en a aujourd’hui de « nouvelles », comme celle de la Saint-Sylvestre, par exemple, reprise aussi le 13 juillet au soir : on brûle des voitures. Plusieurs centaines chaque année. C’est devenu si banal qu’on n’en parle même plus.

Et puis il y a aussi la tradition des mariages qui connaît un regain de jeunesse. C’était un phénomène rare, réservé aux banlieues des grandes villes voilà peu de temps encore ; c’est maintenant chaque samedi, dans tout le pays. Des cortèges qui dégénèrent quasiment en émeutes, des rues bloquées, des tirs de mortier d’artifice, des mairies prises d’assaut, des édiles et leurs agents terrorisés…

C’est toujours le même scénario : le cortège est fait de voitures de luxe – Porsche, Ferrari, etc. - louées à l’étranger. Elles s’approprient les centres-villes, empêchent la circulation et même, parfois, occupent une nationale et bloquent l’accès à l’autoroute, comme on l’a vu à Méry-sur-Oise, le 25 septembre dernier. Bilan, ce samedi-là : quatre gendarmes blessés et six voitures endommagées par les projectiles lancés sur les forces de l’ordre.

Le 1er octobre, c’était sur la rocade est de Lyon : un cortège arrêté en pleine voie, les invités de la noce s’égayant sur la chaussée au mépris total des autres automobilistes. « Une quinzaine de berlines immatriculées à l'étranger mais également des motos et scooters sans plaque conduits par des individus sans casque », rapportait alors Le Progrès.

L'adjoint au maire (LR) de en charge de la sécurité le confirmait au Figaro, en octobre dernier : « Il s'agit d'une preuve flagrante d'incivilité, de mépris des autres, qui met en lumière des comportements auxquels on a fréquemment affaire dans certains quartiers. Il faut aussi rappeler sans langue de bois que les mariages concernés sont systématiquement communautaires. » Et, plus précisément, le fait des « communautés maghrébine et turque ».

Quant à Matthieu Valet, porte-parole du Syndicat indépendant des commissaires de police (SICP), il relève aujourd’hui que « les individus concernés sont souvent connus déjà des services de police, et en particulier, beaucoup d'entre eux sont des auteurs réguliers de rodéos sauvages » (pas sanctionnés non plus !). Il dénonce « un vrai sentiment d'impunité ». Et pour cause ! Là encore, la ne fait pas son travail. En effet, aux termes de la loi, selon l'article L412-1 du Code de la route, ces délits sont punis de deux ans d'emprisonnement et de 4.500 euros d'amende. Des sanctions quasiment jamais appliquées.

Alors ? Alors, devant l’incurie devenue la marque de ce pays, les municipalités s’organisent. Si les sénateurs ont voté par un amendement à la loi « séparatisme » la possibilité de faire interdire les drapeaux étrangers lors des cérémonies de mariage, les maires vont plus loin. Ainsi, à où, depuis 2012, les futurs mariés doivent signer un « engagement de convivialité ». Ou encore à Béziers, où menace d’une annulation et un report du mariage ceux qui ne respecteraient pas les règles.

Le maire de Poissy vient toutefois de franchir un pas supplémentaire. Dans cette ville où les incidents se multiplient en dehors et à l'intérieur de l’hôtel de ville, le conseil municipal vient d’instaurer le mariage sous caution : « Une caution de 1.000 euros sera désormais demandée aux futurs époux, la jauge sera établie à 50 adultes et deux policiers municipaux équipés de caméras portatives seront chargés d’assurer la sécurité de tous. »

Le dispositif sera-t-il suffisamment dissuasif ? Quand on loue des voitures à plusieurs milliers d’euros la journée, qu’est-ce que 1.000 euros de caution ?

15 novembre 2021

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