Les policiers vont manifester devant l’Assemblée nationale. C’est là un fait qui révèle l’état de décomposition de notre pays, de la France que son oligarchie s’acharne à déconstruire. Les militaires n’ont pas le droit de dire la vérité mais les policiers peuvent manifester, et il faut s’en féliciter, tant il est difficile, aujourd’hui, de faire entendre le grondement d’un peuple qui n’en peut plus d’être aussi mal gouverné. L’un des signes de cette gouvernance inapte et inepte est l’effondrement à géométrie variable de l’autorité : après une répression sévère des gilets jaunes, savamment manipulée pour en tirer une exploitation politique, le contrôle de la population est devenu systématique grâce à la « divine surprise » du Covid. Mais, en même temps, jamais la séparation d’avec le pays des zones de non-droit vivant du trafic, soumises à une loi religieuse exogène et refusant sur leur territoire la présence des forces de l’ordre, même celle des pompiers, n’a été aussi nette. La peur du gendarme a changé de sens. Elle est, désormais, celle que ressent le gendarme parce qu’il sait que loin d’être davantage protégé par sa fonction, son statut et son arme, il en devient au contraire une cible privilégiée, plus exposée, que l’on renverse pour passer en force un barrage, sur lequel on tire lorsqu’il procède à un contrôle, dont on menace la famille, et qu’on vient assassiner chez lui avec son épouse et devant leur enfant. C’était à Magnanville.

Les questions de l’ordre et de la sécurité sont prioritaires : l’atteinte à l’intégrité physique d’une personne ou à celle de ses biens doit être sévèrement punie de manière à être dissuadée. C’est la base même de notre contrat social et de notre Constitution. La légitime est un droit de tout citoyen. Le policier devrait, à l’évidence, posséder un pouvoir d’intervention bien supérieur : il ne joue pas un match contre une équipe adverse mais représente la tout entière et doit donc avoir le droit de tirer le premier.

La lutte pour le pouvoir et la domination des idéologies de gauche qui règnent dans notre pays ont fait de celui-ci un Absurdistan où la chargée de faire appliquer la loi manifeste devant le palais de ceux qui la font. La plupart des politiques les soutiendront et seront même présents. Le ministre de l’Intérieur, leur « patron », sera là. On connaît l’individu, prêt à toutes les trahisons, à toutes les contorsions pour se frayer un chemin où les « coups » dissimulent l’incompétence. La situation actuelle est le fruit d’années de dérive gouvernementale. Le Kärcher™ promis par Sarkozy n’est pas arrivé, avec l’ouverture à gauche et la diminution du nombre des policiers, les années Hollande et Macron ont accéléré la descente aux enfers, et ce n’est pas la collaboration de quelques transfuges qui a changé l’orientation « à gauche toute » de la Justice. Belloubet était une calamité, Dupond-Moretti est une catastrophe. Car c’est le cœur du problème : la Justice, faute de moyens et dominée par le laxisme qui imprègne la pensée de toute notre oligarchie, lectrice du Monde et de Libération, dissuade la dissuasion en affaiblissant la police. Si telle est la pensée du locataire de la place Beauvau, il se devait de démissionner au lieu de jouer les Tartuffe devant le palais Bourbon après avoir parlé du bruit de bottes des militaires et même de leur lâcheté en réaction épidermique à une mise en garde salutaire qui n’avait rien d’un coup d’État.

La délinquance de ces dernières années a connu une évolution difficile à interpréter. Elle a légèrement diminué en 2020, mais c’est le confinement et le couvre-feu plus que la répression policière qui en sont la cause. Les indicateurs cumulés des règlements de comptes, homicides et tentatives d’homicide, symptomatique d’une criminalité lourde, accusent, quant à eux, une hausse de 15 % par rapport à 2019. Alors les militants déguisés en sociologues vont minimiser les choses, réduire à l’inégalité sociale ce qui est de l’ordre de la confrontation culturelle, les présentateurs dévoués au pouvoir de BFM vont brandir 90 % de réponses pénales pour cacher la triste chaîne des affaires non élucidées, des plaintes classées sans suite, des fausses peines et vrais appels à la récidive que sont les « rappels à la loi », les incarcérations non effectuées, les libérations anticipées. Les délinquants et les détenus deviennent les victimes aux yeux des ministres de la qui pleurent sur la surpopulation carcérale. Celle-ci n’a pourtant qu’une cause mêlant de façon très macronienne la comptabilité et l’idéologie : l’insuffisance du nombre des cellules ! Tolérance zéro, jugement rapide et détention systématique, travail obligatoire avant ou pendant la prison, peines plancher, dissuasives en cas de récidive, rétablissement de la peine capitale pour les crimes les plus odieux et, bien sûr, expulsion définitive des délinquants étrangers. Bref, c’est une révolution conservatrice qu’il nous faut, et le régime actuel en est exactement le contraire.

19 mai 2021

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