Malgré l’opposition du pape, la Fraternité Saint-Pie-X sacre quatre nouveaux évêques

16.000 fidèles sont venus assister aux ordinations épiscopales des quatre nouveaux évêques pour la Fraternité Saint-Pie X
Capture d'écran YT 
Séminaire Saint-Pie X — Écône
Capture d'écran YT Séminaire Saint-Pie X — Écône

Rarement le canton suisse du Valais n’aura connu une telle ébullition. En ce matin du 1er juillet, des files de voitures s’étirent en direction du séminaire international d’Ecône (Suisse), où sont formés à la liturgie traditionnelle les prêtres de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie-X (FSSPX). Une foule afflue depuis le tout début de la matinée vers la grande prairie du séminaire, où une vaste tente a été dressée, flanquée d’écrans géants.

Ces quelque 16.000 fidèles sont venus assister aux ordinations épiscopales des quatre nouveaux évêques pour la Fraternité Saint-Pie-X, malgré le refus du pape d’accorder son mandat. Ils viennent de France, de Suisse, d’Italie et de nombreux pays d’Europe et du monde, où les 751 prêtres de la Fraternité exercent leur apostolat. Ce sont des familles avec de jeunes enfants, des groupes de jeunes, des grands-parents. Certains sont des fidèles de longue date de la FSSPX, qui pour un certain nombre se trouvaient déjà sur la même prairie trente-huit ans plus tôt, le 30 juin 1988, quand Mgr Marcel Lefebvre, fondateur de la Fraternité, sacrait quatre évêques, dont Mgr Alfonso de Galaretta, évêque consécrateur, et Mgr Bernard Fellay, évêque co-consécrateur, ce 1er juillet 2026 . D’autres sont des convertis, portés vers la Fraternité par un attrait pour la liturgie latine et la fermeté de sa position doctrinale.

« Continuer une œuvre pastorale »

En contre-haut, à côté de l’église du séminaire, un grand drapeau du Vatican flotte, dominant la cérémonie menée pourtant sans l’autorisation de Rome. C’est tout le discours de la FSSPX qui s’exprime ici, comme l’explique à Boulevard Voltaire Christophe Dickès, journaliste et historien de l’Église : « Ce qui caractérise la Fraternité Saint-Pie-X, c’est une volonté de ne pas créer une autre Église, les nouveaux évêques seront simplement là pour dispenser les sacrements. L’élément le plus révélateur de cette position, c’est que tous les prêtres de la Fraternité disent au moment du canon le nom de l’évêque du lieu et le nom du pape. » Pour l’historien, il n’y a donc « pas de volonté de créer une contre-Église mais de continuer une œuvre pastorale, mais en désobéissant à Rome, puisque Rome ne donne pas de mandat pontifical ».

L’accord impossible

Cette année en effet, comme en 1988, les discussions menées entre les autorités de l’Église et les représentants de la Fraternité n’ont abouti à aucun accord. « Cela fait presque un an que nous avons cherché à atteindre le pape, que nous lui avons écrit et expliqué le problème, précise, à BV, l’abbé Thouvenot. Nous voulions simplement que Rome comprenne que l’état de l’Église nécessite cette action. »

Dans son dernier communiqué, en effet, la Fraternité Saint-Pie-X rappelait son regret de ne pas avoir pu discuter directement avec Léon XIV et « qu’en raison des circonstances exceptionnelles, ces consécrations aient dû être conférées sans l’autorisation du Saint-Père ». Le Saint-Père qui, le 29 juin, adressait une lettre à l'abbé Davide Pagliarani, supérieur général de la Fraternité Saint-Pie-X, pour lui demander de renoncer à ces sacres.

Pour Christophe Dickès, la position radicale de la Fraternité s’explique aussi par le traitement subi par les communautés traditionnelles rattachées à Rome sous le pontificat du pape François, qui a sévèrement restreint les conditions de célébration de la messe traditionnelle : « Toutes les communautés dites ecclésia dei ont eu à souffrir sous le pontificat de François. Cette souffrance, la Fraternité Saint-Pie-X ne tient pas à la vivre. »

Ces quatre nouveaux évêques sont Mgr Pascal Schreiber, de nationalité suisse, Mgr Michael Goldade, de nationalité américaine, Mgr Michel Poinsinet de Sivry et Mgr Marc Hanappier, tous deux de nationalité française.

Au-delà de cet événement historique pour la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X, les sacres de ce 1er juillet posent en effet plus largement la question de la place de la liturgie traditionnelle et de la Tradition dans l’Église. Reste à savoir ce qu’il en résultera du côté du Saint-Siège.

Capture d'écran YT Séminaire d'Écône. Les quatre nouveaux évêques entourés des évêques consécrateurs et des membres de la FSSPX

 

Cet article a été mis à jour pour la dernière fois le 02/07/2026 à 23:12.

Vos commentaires

65 commentaires

  1. À entendre, ou plutôt subir, les sempiternels prêchi-prêchas dominicaux des diacres et curés « new-look » (!) sur la fraternité et la tolérance, et face à l’assemblée,on se pince à entendre tant de xénophobie et d’intolérance aux amoureux du beau et du Sacré

  2. Quand le clergé pique dans la caisse.
    Haute-Loire: parti à Madagascar, le curé d’un petit village ne revient pas et emporte 6000 euros
    Le figaro

  3. Je regrette le pape Benoît XVI et surtout le pape Jean-Paul II, qui avait une forte personnalité et avait compris aussi sur le plan politique le danger du communisme, de l’extrême gauche, mais nous n’avons plus de personnalité de cette trempe

  4. Kieslowsky raconte des sottises rabâchées. D’abord le sachant qu’il prétend être devrait savoir que église avec un petit e est le bâtiment. L’Institution s’écrit avec un E majuscule. Ceux qu’ils qualifient d’intégristes n’ont jamais tué personne et on n’a jamais vu un « curé  » traditionnaliste se faire exploser dans une mosquée ou une synagogue. Que dit Kieslowsky du fait que le Pape Léon XIv a reçu la bonne femme qui se prétend archevêque de l’Eglise anglicane, elle réllement schismatique et hérétique et l’a autorisée à donner sa bénédiction aux cardinaux, geste profanatoire ! Hein Kieslowsky l’inculte.
    C’est un catholique concilaire partisan de l’oecuménisme avec la FSSPX !

    • Je vous conseille de revoir « le Décalogue » superbe oeuvre du réalisateur catholique Polonais K.Kieslowki (avec un « i » et non un « y ») qui nous permet d’apprécier les 10 commandements via l’actualité et le monde présent et non le traditionalisme intégriste d’un autre âge que condamne aujourd’hui très justement note Pape Léon.

  5. Qu’on ait la foi ou non, qu’on soit catholique ou non, qu’on le veuille ou non, il s’agit d’une claire désobéissance au Pape et cela fait très désordre.

  6. Ces mouvements traditionalistes intégristes sont à condamner et font du mal à notre église.
    Nous espérons évidemment que le Pape Léon procédera à des excommunications.

    • Et ? Cela n’empêchera pas les gens de préférer la messe en latin .
      De toute façon les églises sont désertées , le clergé est trop proimmgrationiste et proislam .

      • Non, je déteste les messes en latin qui sont d’un autre âge et, comme notre Saint Père, je souhaite une église en symbiose avec le présent et le monde du réel.
        Les traditionalistes intégristes n’incarnent pas le monde d’aujourd’hui mais le passé.
        Merci au Pape François et désormais au Pape Léon.
        Notre église a besoin d’être réformée.

    • Aimer la messe en latin suffit pour se faire traiter de traditionaliste et surtout d’intégriste. Parlez d intégristes chez les islamistes !
      Allez au Barroux chez les moines, assistez à une messe en latin avec des chants grégoriens et dites moi en sortant si ces moines sont des intégristes.
      Franchement K1974, VOTRE église ne va pas en souffrir et je ne vois pas le mal qu elle pourra subir. Quand à l excommunication, on s en fiche. Dieu aime tout le monde. Parfois il est plus utile de s adresser directement à lui.

      • Il me semble que l’Eglise a beaucoup perdu en banalisant certains grands événéments de la vie d’un(e) catholique. Ainsi la communion solennelle, qui était autrefois un grand moment. La messe en français relève du même esprit de banalisation et c’est une erreur me semble-t-il.

    • L’Eglise à Rome n’a besoin de personne pour « se faire du mal », elle fait tout pour s’auto-détruire depuis quelque 50 ans. Les fidèles abandonnent ses églises, tandis que le nombre de catholiques traditionnels explose.

  7. Lors d’une séparation ou d’un divorce, il est rare que les torts ne soient que d’un seul côté. Je sers ma paroisse (Vatican II) et j’ai participé à de nombreuses reprises au pèlerinage de Paris à Chartres. J’ai la chance d’être presqu’aussi « à l’aise » avec le nouvel et l’ancien ordo. Que fait l’Esprit Saint? Pourquoi Léon n’a t-il pas reçu la FSSPX? Pourquoi François, qui se voulait si accueillant par ailleurs, s’est montré aussi restrictif sur le sujet de la tradition? Et régulièrement « on » nous demande de prier pour l’unité des chrétiens…L’église catholique, aujourd’hui, semble plus proche des protestants (quelle que soit leur « chapelle ») que des personnes attachées à la tradition…Le diviseur œuvre bien.

    • Oui, c’est un bon signe que les protestants et catholiques se rapprochent.
      Les « personnes attachées à la tradition » ne sont pas les personnes les plus attachées au Christ. Au contraire ce sont les personnes attachées à la tradition du temps de JC qui l’ont mis à mort.
      Son commandement est de s’aimer les uns les autres, et non pas d’aimer la « tradition ».

    • Hello Nestorine…Benoit XVI aurait 99 ans aujourd’hui. Depuis sa « démission » il y a eu François et maintenant Léon XIV. Un peu d’actualisation ne fait de mal à personne.

    • Je pense que lorsque il a démissionné la raison ne devait pas être que la santé. Un pape va jusqu au bout. Personnellement, je pense qu il n était pas en accord avec tous ses cardinaux. Je pense qu il aurait été un grand pape mais peut être pas un pape « progressiste » attiré par l islam.

  8. Tout- à- fait d’accord avec Yves Le Pog…
    Et l’encyclique de Léon XIV prône la différence dans le respect des valeurs essentielles de l’Eglise…

  9. Personnellement je n’ai jamais compris comment peut on tutoyer le Christ, Dieu, et vouvoyer la Madone, comment peut on recevoir l’hostie dans la main et non sur les lèvres, …, pourtant je ne suis pas rétrograde, je suis chrétien et heureux de l’être, mais …

    • Les prières, en latin, et en araméen, tutoient le Père (… sanctificetur nomen tuum adveniat regnum tuum…) et Marie (… Dominus tecum… ).
      A noter, par ailleurs, que « pauvres » pécheurs existe en français, pas en latin (Ora pro nobis, peccatoribus …).

      • Le Latin ne disposant pas du vouvoiement est contraint de se limiter au tutoiement, et le moindre mendiant utiliserait donc le ‘tu » en s’adressant à l’empereur même. Il en va différemment en Français qui dispose, lui, du ‘vous’ pour marquer sa déférence à un intrlocuteur.

        contrairement au Français

      • Peut être parce que dans ces langues « tu » et « vous » se disent pareil comme en anglais? J’ai demandé la traduction de plusieurs phrases avec « tu » et « vous » et on obtient la même chose en latin. Pour l’araméen, je n’ai pas pu faire l’expérience…

    • J’ai les mêmes problèmes que vous Yves Le Pog. En tant que Chrétien et Sénéchal Templier de l’ordre des chevaliers du Temple de Jérusalem, je me pose les mêmes questions. Lorsque la Foi et la prière deviennent politique, la religion est dans la souffrance.

      • Grognard
        Existe t il encore beaucoup de templiers ?
        Notre cher Pape François avait tout de même réussi à dissoudre l ordre de Malte.

    • C’est même pire que cela. On tutoie Dieu mais on vouvoie le prêtre. Quand il dit « le seigneur soit avec vous » on lui répond « et avec VOTRE esprit »…

    • Moi je ne comprends pas pourquoi on peut recevoir l’hostie dans la bouche quand on a des mains. Il est connu que JC a demandé à ses disciples de refaire ensemble son dernier repas. Le souvenir est qu’il a dit « prenez et mangez en tous, ce ci est mon corps… ».
      On prend avec les mains .
      Je n’imagine pas Jésus distribuer le pain dans la bouche de ses amis, ni ceux ci venir picorer le pain comme des manchots. Jésus a pris le pain et l’a partagé. Il voulait le partage. La distribution l’hosties individuelles prédécoupées à la machine en l’absence des participants à la cérémonie (sans partage d’un gros pain commun comme l’a fait JC) est une hérésie.
      De même les disciples ont tous bu à la même coupe, et cette tradition n’est pas respectée. Probablement elle implique trop de proximité, d’amour entre les participants, ce que voulait JC. On peut tout de même arriver à se rapprocher du commandement de JC en assistant à des cultes en petit comité où tout le monde communie réellement comme JC a fait communier ses disciples. Très émouvantes ( et que je n’ai pour l’instant rencontrée que chez des « protestants*, protestants qui ne l’oublions pas ont protesté contre les dérives des autorités ecclésiastiques romaines comme Jésus Christ avait protesté contre le dérives de la religion juive.

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