Marine Tondelier : la désobéissance civile contre le vote RN ?

Pour les Écologistes, la désobéissance civile est depuis longtemps un moyen d’action. Tondelier lui donne une nouvelle cible.
Copie écran LCI
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Marine Tondelier, secrétaire nationale EELV, espère des « désobéissances » en cas de victoire du Rassemblement national à la présidentielle de 2027. Interrogée sur LCI par Darius Rochebin le 22 août, la secrétaire nationale des Écologistes répond : « Oui, mais je sais qu’il y en aura très peu [des désobéissances]. Et moi, je sais que je sais le faire et je sais qui sait le faire. » Elle ajoute : « Vous pensez qu’ils [le RN] sont républicains ? En fait, on va basculer dans un autre monde. » Avant de conclure : « Ce n'est pas une alternance comme les autres. »

Marine Tondelier n’a pas découvert la désobéissance civile à la veille de la présidentielle. En 2022, elle expliquait déjà qu’elle faisait partie de « l’ADN écologiste ». Elle assumait alors cette formule : « Dans certaines situations, désobéir est un devoir. » La nouveauté, c'est qu'elle applique cette logique à l’hypothèse d’une victoire électorale du RN.

Le précédent des fonctionnaires en 2024

Cette idée avait déjà fait irruption dans le débat public lors des législatives de 2024. Une pétition lancée par des cadres de l’Éducation nationale annonçait qu’ils n’appliqueraient pas certaines mesures d’un éventuel gouvernement RN jugées contraires aux « valeurs de la République ». Le texte avait recueilli plus de 3.000 signatures. Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, avait elle aussi estimé légitime que des fonctionnaires refusent certaines directives d’un gouvernement RN, si elles étaient contraires aux principes républicains.

Le droit est toutefois plus restrictif : l’obéissance hiérarchique est la règle dans la fonction publique. Le simple désaccord politique avec un gouvernement ne suffit pas à justifier une désobéissance.

Une victoire électorale serait-elle différente des autres ?

C’est ici que les propos de Marine Tondelier deviennent politiques. Elle ne conditionne pas son appel à une mesure précise qui serait illégale. Elle affirme, avant même le scrutin, que l’arrivée du RN au pouvoir ferait basculer la France « dans un autre monde ». Son raisonnement revient donc à considérer la victoire du RN comme une alternance, mais pas « comme les autres ». Mais si sa victoire devient en elle-même le point de départ d’une résistance, à quel moment la contestation devient-elle une contestation de la légitimité du pouvoir ?

La suite de l’entretien renforce cette interrogation. Interrogée sur l’interdiction du RN, Marine Tondelier répond qu’« on n’en est pas là ». Mais elle évoque ensuite le « cordon sanitaire médiatique » belge, citant la RTBF qui n’invite pas le RN belge sur ses plateaux. Elle ne réclame pas explicitement un tel dispositif en France. Mais le rapprochement est révélateur, d’un côté un parti tenu à distance, de l’autre une victoire électorale pouvant susciter la désobéissance.

Jusqu’où accepter le verdict des urnes ?

Marine Tondelier a évidemment le droit de combattre le RN. Mais que signifie annoncer une désobéissance avant même de connaître les actes du pouvoir ? Si le RN gagne en 2027, ses adversaires disposeront du Parlement, des tribunaux, des médias et des prochaines élections pour contester son action. Une démocratie permet la contestation du pouvoir, mais suppose aussi que le résultat d’une élection soit accepté comme le point de départ d’une alternance.

Marine Tondelier prévient déjà que la victoire du RN ne serait « pas une alternance comme les autres ». Mais si le vainqueur des urnes doit encore gagner le droit d’être obéi, que reste-t-il du principe même de la démocratie ?

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Yann Montero
Journaliste Boulevard Voltaire

Vos commentaires

4 commentaires

  1. En 2020 à Hénin-Beaumont elle affrontait aux municipales le maire RN sortant Steeve Briois. Celui-ci avait été réélu au 1er tour avec 74% des voix. En 2026, Marine Tondelier avait préféré ne pas candidater…. Elle a beau être une idéologue écolo gauchiste pure et dure, mais elle a compris qu’en 6 ans d’opposition municipale elle n’avait rien à espérer dans la ville. Marine Tondelier dira n’importe quoi pour faire parler d’elle. Sa saillie sur la désobéissance civile, certes scandaleuse, ne doit pas causer de cauchemars.

  2. Mais ce que vous dite de Mme Tondelier, on le sait déjà. N’en rajoutez- pas à BV.
    C’est à croire que pour BV, le paysage politique intéressant se limite à LFI et associés et au RN. Jamais on n’y parle de DLF, de M. Asselineau, du PCD qui ont des propositions plus intéressantes que ces délires que BV relaye à satiété.
    Basta !

  3. Commençons maintenant en la renvoyant à ses chères études … si plutôt on parlait des idioties écolos responsables des feux , laissons la nature faire ( 20 siècles de culture du bois oubliés) fauchons raide les bords des routes … grandes herbes = feux facilités et animaux cachés puis écrasés…

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