Série noire de l’été : le troisième âge, partout victime de violences

Au quatre coins de la France, les personnes âgées sont les victimes silencieuses de l'insécurité grandissante.
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Ces dernières semaines, de nombreuses personnes âgées ont été, à différents degrés de violence, les cibles de personnes malveillantes qui ont su démontrer, encore une fois, que l’insécurité en France n’est pas un fantasme et que, contrairement à ce que prétendait le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, en juin, après la mort du jeune Louis, « l’ensauvagement » ne peut être réduit à une « connotation politique ».

Car pendant que la plupart profitent honnêtement des beaux jours, d’autres exploitent leur été à des projets beaucoup moins louables en s’en prenant aux plus faibles, entre arnaques, vols avec violence, cambriolages et agressions sexuelles.

L'arnaque, première violence envers les personnes âgées

Comme ces « jeunes femmes », à Rennes, qui depuis le début du mois d’août sévissent auprès des personnes âgées, prétextant les aider à porter leurs courses à la sortie des magasins. Au moins cinq victimes se sont manifestées auprès de la police, depuis le 1er août, pour dénoncer ce même mode opératoire qui a valu à l’une d’entre elles d’être dépouillée de 1.500 euros. Âgées de 70 à 90 ans, selon Le Télégramme, toutes ont accepté l’aide de deux jeunes femmes qui ont profité de la vulnérabilité de leurs victimes pour leur subtiliser leurs cartes bancaires et effectuer des retraits de sommes conséquentes.

À l’heure où le validisme est invoqué à tort et à travers pour dénoncer le manque d’inclusion des personnes handicapées et vulnérables dans la société, en voici une forme qu’on entend peu dénoncer. Car c’est bien pour leur âge que certains de nos anciens sont méthodiquement choisis pour devenir des proies.

À Angers, c’est aussi de cette façon que Merali Oussoyan sélectionnait ses victimes jusqu’à son arrestation, en août, pour vols sur personnes vulnérables, comme le rapporte Ouest-France. Une « grand-mère » en déambulateur, une personne malvoyante, un homme de 83 ans… Des « personnes pas en état de se rendre compte du vol ou de réagir face aux agissements », soulevait le parquet du tribunal d’Angers, lors du procès de l’homme, jugé le 13 août dernier et condamné à 18 mois de prison avec mandat de dépôt.

La violence finit souvent par suivre

Des vols dont les victimes ont eu la « chance » d’en sortir sans violence - ce qui n’est pas le cas de toutes. Car, cet été, les personnes âgées n’auront pas seulement été des proies faciles : elles auront parfois été les cibles d’une violence d’une brutalité sidérante.

À Castres, ce n’est ainsi pas seulement pour leur âge, mais aussi pour leur sexe, que cinq femmes de 72 à 85 ans semblent avoir été prises pour cibles depuis le début de l’été, dans une série de vols brutaux qui ne les ont pas laissées sans séquelles. L’une d’elles raconte à La Dépêche avoir « déjà révisé ses habitudes » depuis le vol de son collier, après avoir été violemment plaquée contre un mur par un homme. Cette retraitée de 72 ans, qui pensait pouvoir échapper à la violence du « métro parisien », se voit désormais obligée d’éviter les distributeurs extérieurs lorsqu’elle retire de l’argent en ville.

Si la présence des forces de l’ordre s’y est accentuée depuis la recrudescence de ces vols à l’arraché « coordonnés » et brutaux, le principal conseil donné par la police pour les éviter… a été de recommander aux personnes âgées de sortir faire leurs courses sans leurs bijoux de valeur !

Peut-être que l’homme de 75 ans violemment agressé pour son collier par deux Algériens de 20 et 26 ans, défavorablement connus des services de police, à Six-Fours-les-Plages, le 20 août dernier, aurait ainsi pu éviter son malheur. Tout comme l’octogénaire qui s’est fait dérober sa chaîne en or trois jours plus tôt à Villeneuve-lès-Maguelone par deux hommes en scooter, la faisant chuter et lui occasionnant des blessures légères. Mais malheureusement, en France la violence subsiste même à la maison pour ce public particulièrement vulnérable.

Les personnes âgées en sécurité nulle part

À Artigues-près-Bordeaux, en Gironde, une ancienne aide à domicile âgée de 47 ans a ainsi été interpellée le 12 août pour avoir cambriolé une femme âgée de 93 ans, et ce, malgré une première condamnation sur reconnaissance préalable de culpabilité, le 30 juillet, pour des faits similaires commis dans la même zone. Selon Ouest-France, elle était « spécialisée dans le cambriolage chez des personnes âgées ».

À Villeurbanne, une agression similaire s’est déroulée encore plus tragiquement pour une femme âgée de 108 ans, retrouvée le 7 août en état de choc et partiellement dénudée par son auxiliaire de vie. Victime d’un cambriolage, une enquête a été ouverte pour vol par effraction, mais aussi pour agression sexuelle

Le 20 août, Le Progrès révélait qu'une nonagénaire se trouvait entre la vie et la mort après avoir été rouée de coups quelques jours plus tôt par une femme, lors d'un cambriolage survenu à son domicile, dans le VIe arrondissement de Lyon. Transportée à l'hôpital, son pronostic vital était toujours engagé, jeudi dernier.

Des violences jusqu'à la mort

Et puisque l’âge et la vulnérabilité n’arrêtent pas les plus désinhibés, la violence peut parfois conduire à la mort. À Lyon, un homme âgé de 82 ans est ainsi décédé, le 20 août, d’une crise cardiaque, directement après avoir été victime d’un vol à l’arraché auquel il avait tenté de résister. Dans le métro, une femme d’une vingtaine d’années et un ressortissant algérien avaient fait mine de demander leur chemin à l’octogénaire et à sa compagne avant de lui dérober sa chaîne en or. Quelques minutes plus tard, le vieil homme était victime d’une crise cardiaque qui lui fut fatale.

Mais c’est quelques jours plus tôt que le plus abject s’est déroulé, en plein cœur d’Alençon. Un sexagénaire sans domicile fixe a été battu à mort par quatre « jeunes », âgés de 17 à 25 ans, en pleine rue. Le groupe avait partagé une bouteille d’alcool avec ce SDF, quelques heures auparavant, avant de revenir le voir, alcoolisés, pour lui réclamer la bouteille, le mettant à terre et le frappant à l’aide de sa propre béquille, tout en filmant la scène d’horreur.

108 ans, 82 ans, 75 ans ou 90 ans, nul âge, nulle faiblesse ne semblent arrêter les auteurs de violences, souvent jeunes, qui ont démontré le climat d'insécurité dans lequel certains des citoyens les plus âgés ont vécu cet été 2026. Des victimes silencieuses, invisibles, dont on n'entendra pas les collectifs dénoncer les violences subies, parce qu'elles n'intéressent pas. Ne dit-on pas pourtant que c'est à la façon dont on traite les plus faibles qu'on reconnaît la dignité d'une société ?

Vos commentaires

5 commentaires

  1. Si je ne m’abuse, ces personnes là ont applaudi et voté en grosse majorité pour le Front Républicain contre le RN, traité d’ennemi et non d’adversaire et cætera et cætera. AC , je suis un nonagénaire, en excellente forme et mon jugement, tu me trompes une fois c’est ta faute , tu me trompes deux fois c’est ma faute. AC.

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