Editoriaux - 9 octobre 2017

Pour les mairies de Paris et de Saint-Denis, le danger, c’est le bus de CitizenGO ! (2)

Le cinquième défaut du communiqué des deux mairies contre l’initiative de CitizenGO relève de l’amalgame : “La ville de Paris et la ville de Saint-Denis condamnent fermement cette initiative et tiennent à réaffirmer leur soutien et leur engagement auprès des associations qui se battent chaque jour pour faire respecter les droits des personnes LGBTI.”

Nulle part, sur son bus, CitizenGO ne s’en prend aux LGBTI : cet amalgame n’est opéré que par les deux mairies et porte gravement atteinte à la réputation de CitizenGO, d’une part, mais aussi, d’autre part, aux personnes LGBTI. En effet, les deux mairies semblent trouver évident d’associer la théorie du genre à certaines pratiques sexuelles ou à certains choix de vie : cela ne s’appelle-t-il pas un stéréotype ? Les deux derniers gouvernements que nous connaissons n’ont-ils pourtant pas incité à les déconstruire ?

La suite du communiqué passe par un paradoxe, donc une contradiction : « [Les associations LGBTI] revendiquent de participer à la déconstruction des stéréotypes de genre qui sont souvent le prétexte aux discriminations et violences les plus graves que ce soit à raison du sexe, de l’orientation sexuelle ou de l’identité de genre.” La théorie du genre n’existe-t-elle donc pas quand vos détracteurs la dénoncent, mais uniquement lorsque vos alliés la défendent ?

Enfin, ce communiqué odieux s’achève sur une provocation (plus haut, ces mairies ne condamnaient-elles pas pourtant la haine ?). Pour Hélène Bidard, adjointe au maire en charge de l’égalité femmes-hommes, de la lutte contre les discriminations et des droits humains, “nous continuerons au contraire de soutenir des actions, dans les écoles, les universités, l’espace public, qui s’inscrivent dans une logique de prévention de ces actes et d’incarnation du pacte républicain”. L’« incarnation du pacte républicain », selon les mairies de Paris et de Saint-Denis, consiste donc à propager des idéologies, insulter, amalgamer, se contredire et provoquer : ne serait-il pas temps de changer de maire ?

Qu’il est pratique d’utiliser un nom épicène sans son article défini : cela évite d’aller à l’encontre des règles en vigueur à l’Académie française tout en ménageant les progressistes adeptes d’écriture inclusive et autres noms de fonction féminisés…

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