Editoriaux - Politique - 2 février 2019

Main tendue de Marion Maréchal à François-Xavier Bellamy, mais sont-ils compatibles ?

Thomas Fabre, président des jeunes de l’UDI, a publié sur Twitter une réaction de Marion Maréchal à propos de la future tête de liste Les Républicains aux européennes, François-Xavier Bellamy.

Dans cette courte vidéo, l’ancienne députée de Vaucluse ouvre la porte à une possible alliance, du fait de la proximité idéologique qu’elle a avec François-Xavier Bellamy.

Depuis les fuites quant à la propulsion du philosophe en tête de liste aux européennes chez Les Républicains, la cohorte médiatique s’est emparée du sujet, le qualifiant d’anti-IVG, proche des milieux d’extrême droite, catholique intégriste. Face à ces attaques, François-Xavier Bellamy adopte une stratégie de prise de hauteur, son statut de philosophe peut le protéger… mais aussi le perdre.

Jusqu’à présent, il a noyé les questions concrètes, sensibles, dans des raisonnements philosophiques tirés d’Aristote, de Platon, sans jamais vraiment se prononcer. C’est ce qui lui permet de « passer » partout. Mais dans l’arène politique, il faut faire des choix sur des questions concrètes. Le jargon du philosophe ne suffira plus à expliquer sa pensée, politique bien sûr.

Son engagement aux Républicains, depuis la mairie de Versailles et la campagne pour la députation, éclaircit déjà un peu son jeu. Le Rassemblement national est dans une entreprise de “déconstruction de tout”, déclare-t-il au Parisien du 30 janvier dernier. La ligne est claire, aucune alliance possible. Mais alors, pourquoi s’est-il engagé aux Républicains ? Le confort ? Le côté institutionnel ? A-t-il le sentiment qu’il pourra changer les choses et orienter la ligne du parti ?

Toujours est-il que François-Xavier Bellamy devra se positionner lors de cette campagne. Seulement, le peut-il vraiment alors qu’il mènera la liste d’un parti européiste, libéral et qui vote tous les textes qui empiètent sur la souveraineté de la France au Parlement européen ? Pourquoi s’est-il engagé dans cette voie ? Et, même, suivra-t-il, au Parlement européen, la politique des LR, c’est-à-dire votera-t-il comme ils l’ont fait jusqu’alors ?

Si le jeune philosophe versaillais a été placé pour conduire les LR aux européennes, tient-il la position de pantin, sans changer un iota de la pensée du parti, ou, au contraire, est-il là pour changer cette politique en contradiction avec le discours eurosceptique de Laurent Wauquiez ? On peut l’espérer et l’avenir le dira… Mais voudra-t-il vraiment rompre avec la ligne du parti qui lui a permis d’être élu ?

En clair, Marion Maréchal a raison de tendre la main à François-Xavier Bellamy ; l’union des droites, si elle peut paraître utopique, est uniquement un moyen qui peut permettre à la droite de gagner la bataille.

Seulement, elle nécessite une clarification des lignes, des courants et des personnes. En effet, l’union des droites, pourquoi pas, mais avec qui ? Avec Valérie Pécresse ? Avec Xavier Bertrand ? Cette main tendue de Marion Maréchal à François-Xavier Bellamy n’est donc rien de moins qu’un appel à clarifier sa ligne. Elle l’oblige à prendre parti. Car même une absence de réponse serait significative.

Au-delà de la question de Marion Maréchal, les élections européennes permettront, à coup sûr, de clarifier les lignes idéologiques et peut-être que, de par sa position de tête de liste des Républicains, François-Xavier Bellamy n’y échappera pas et sera obligé de prendre clairement position sur les questions européennes.

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