Macron doit se défier de ses conseillers, les gilets jaunes du prêchi-prêcha socialiste !

Que veulent les Français à travers le mouvement initié par les gilets jaunes ? Moins de taxes pour pouvoir vivre de leur travail, moins de réglementations qui sont autant d’entraves et moins de dépenses de l’État et des collectivités locales, dont ils ne voient pas la couleur. En résumé, c’est du pouvoir d’achat qu’il s’agit. Les moyens de pouvoir choisir ses “services” au sens où l’entendait Frédéric Bastiat.

Macron fait mine d’être à l’écoute, même si les technocrates de Bercy disent qu’il n’y a plus d’argent. Cependant, comme dans La Lettre volée, d’Edgar Allan Poe, l’argent est là, sous notre nez.

Certes, il n’y a plus de sous et les radars rhabillés pour l’hiver ne flashent plus. Mais est-il vertueux de bâtir un budget sur les fautes des citoyens les moins vertueux, les chauffards, les fumeurs, les alcooliques, les buveurs compulsifs de soda, etc. ? Cahier de doléances, grande consultation nationale, RIC, les idées jaillissent, la technostructure n’en manque pas non plus ; d’ailleurs, la seule chose qui fonctionne, c’est l’inflation des normes et des réglementations tatillonnes. Déjà Pompidou le normalien tempêtait « Mais arrêtez donc d’emmerder les Français ! » à l’encontre de l’inflation législative et d’un jeune fonctionnaire zélé entrant tout juste en politique, un certain Chirac.

Aujourd’hui, Macron doit retrouver son audace de candidat, s’affranchir de ses conseillers issus de Sciences Po, tout comme les gilets jaunes doivent se défier du prêchi-prêcha médiatique peu ou prou socialiste qui voudrait les enfermer dans la vieille rengaine de l’augmentation des minima sociaux, du SMIC ou du retour de l’ISF alors qu’ils ne demandent qu’à pouvoir vivre de leur travail – ce n’est pas pareil. Macron doit repartir en campagne et renverser la table sur une base résolument libérale. Il doit nous faire rêver. The French Dream.

Macron s’est d’abord préoccupé des anywhere, les premiers de cordée, les startuppers, le haut du panier, les derniers riches qui sont en train de partir. Il a misé sur le ruissellement. Why not? Maintenant, il doit répondre aux somewhere, les gens d’ici, les enracinés, ces Français qui irrigueront le territoire national.

Quand Mitterrand dit qu’en matière de chômage, “tout a été essayé”, ce fut pour lancer l’idée des 35 heures. On en paie encore les conséquences. La réforme libérale réalisée en Angleterre par Thatcher, en Amérique par Reagan et même en Allemagne plus modestement par Schröder n’a jamais été tentée en France. Meanwhile, « nous » avons coché : chômage de masse, système de retraite en forme de pyramide de Ponzi et gentille Sécu au droit de tirage illimité, le tout alimenté sans fin par une méchante URSSAF qui rappelle la défunte URSS. Ce qui se traduit par des charges délirantes qui obèrent notre pouvoir d’achat. « Toutes les fois que les gouvernements prétendent faire nos affaires, ils les font plus mal et plus dispendieusement que nous » (Benjamin Constant).

Macron le sait, ce “pognon de dingue” claqué en vain, ça le ronge ; quand l’inénarrable Hollande pouvait lâcher, goguenard : « Ça ne coûte rien, c’est l’État qui paie. » En Angleterre, Margaret Thatcher avait finement fait remarquer qu’il n’y avait pas d’argent public, qu’il n’y avait que l’argent du contribuable. Macron est lucide, mais pour quel résultat ? L’État arrive à dépenser l’équivalent de 57,1 % du PIB ; autant dire que « nous » sommes à l’exact opposé d’un système libéral, d’où cette misère qui suppure et que l’on calme sous un cataplasme, le RMI (RSA), mesure inventée en 1988 par le socialiste Rocard, mentor de l’actuel Premier ministre Philippe.

Or, La Lettre volée, d’Edgar Allan Poe, était sous le nez de tous, comme l’argent qui est là, sous notre nez, sur toutes les fiches de paie. Le coût salarial global (charges salariales et patronales comprises) deviendrait un salaire net quasiment double. Gageons que chacun en ferait meilleur usage qu’un ministre, un technocrate ou un système d’assurance monopolistique, quitte à revenir sur les ordonnances de 1945 d’inspiration bismarckienne. “Prions l’autorité de rester dans ses limites ; qu’elle se borne à être juste. Nous nous chargerons d’être heureux”, ironisait déjà Benjamin Constant.