Editoriaux - Société - 22 mars 2019

À gauche, pas de place pour les femmes ?

Libération, Le Monde, Les Inrocks, l’UNEF, le MJS, le PCF, Topito, Vice, leur position idéologiquement marquée à gauche n’est pas leur seul point commun : tous ont été épinglés pour des comportements sexistes ou constitutifs de harcèlement sexuel.

Pourtant en première ligne pour clamer leur attachement aux droits des femmes, pour relayer les #MeToo, #balancetonporc et autres tweets accusateurs, il semblerait que ces arbitres des élégances tiennent le haut du panier en matière de manque d’éducation et de civilité.

Aujourd’hui, les tartuffes donneurs de leçons se prennent les retours de bâton de leur idéologie nauséabonde.

Sur fond de Ligue du LOL, au fil des articles de presse des uns dénonçant les autres, on découvre avec une fausse stupeur que les plaisanteries déplacées et les comportements pénalement répréhensibles à l’égard des femmes sont également le fait de ceux qui se pensaient inatteignables, tant leur combat pour le politiquement correct est acharné dans chaque publication.

L’objectif d’aseptisation des relations sociales, de création d’un « Homo hygienicus » commence à se retourner contre ses créateurs, à tel point que cela en devient une forme de dictature intellectuelle, dévorant ses propres enfants.

Lorsque le rouge à lèvres d’une héroïne de Marvel devient le sujet d’un débat sur le sexisme, on s’interroge : est-ce ridicule ? Hors sujet ? Marginal ? On ne sait pas, on ne sait plus, on est perdu : mission accomplie, la peur de s’exprimer a fait son chemin.

Si l’on tient la porte à une femme, on est sexiste. Si on ne la tient pas, on est un « macho » mal éduqué. Et si l’on reste sur le pas de la porte, dubitatif, on risque d’être verbalisé pour un regard appuyé.

Il faut donc choisir. Avec un peu de bon sens, d’éducation élémentaire et de rejet du ridicule, la question est assez vite tranchée. Le respect des femmes et, plus généralement, du prochain, on l’apprend à l’âge de raison lorsque l’on reçoit une éducation fondée sur les principes les plus élémentaires de la vie en société. Le sexisme n’est pas le grand mal de notre siècle, c’est la perversion de l’éducation ou l’absence pure et simple de celle-ci. L’hyper-sexualisation accessible à tous, la banalisation de l’inculture, l’absence de connaissances historiques et de cadres culturels sains – la culture de la mollesse et de la télévision reflétant une image peu flatteuse de ce qu’est une femme – contribuent à véhiculer chez les jeunes une idée biaisée de l’équilibre relationnel.

Blanche de Castille, Jeanne d’Arc, Marie Curie, Simone Weil, Agnès de La Barre de Nanteuil, Margaret Thatcher et d’autres encore avaient plus de courage que bien des hommes d’aujourd’hui qui ne savent plus où est leur place, perdus dans leur propre labyrinthe de politiquement correct. Elles avaient, aussi, plus de bon sens que bien des femmes qui se revendiquent féministes mais dont l’activité principale consiste à se plaindre sur Twitter. Ces femmes n’ont pas marqué l’Histoire et ne se sont pas fait respecter en revendiquant des droits mais en accomplissant fièrement leur devoir.

Encourager la victimisation des femmes, ce n’est pas leur rendre service. C’est ouvrir la porte aux abus et aux dénonciations infondées mais toujours meurtrières, comme le constatait déjà, en son temps, François-Marie Arouet : « Salissez, salissez, il en restera toujours quelque chose. »

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