L’UNEF, Union nationale des étudiants de France: LE syndicat, fondé en 1907, au fil du siècle morcelé, explosé, satellisé dans les années 1970, “réunifié” enfin depuis 2001. Pour le meilleur, on ne sait pas, mais sûrement, à certains égards, pour le pire.

La rumeur sur des comportements glauques a toujours couru, mais « chez ces gens-là, Monsieur, on ne cause pas », comme chantait Jacques Brel. Il est établi une fois pour toutes que la gauche socialiste a la main soudée sur le cœur. Elle est par définition vertueuse, chaleureuse, respectueuse, égalitaire et compassionnelle. Et dans ce monde merveilleux des Bisounours, l’UNEF est son jardin d’enfants.

De fait, le syndicat étudiant est, depuis des décennies, la maternelle du Parti socialiste. C’est l’école où l’on apprend le b.a.-ba du militantisme et de la confection des banderoles, où l’on use ses premières godasses dans les manifs, où l’on s’égosille dans des AG de boutonneux pour mieux sécher les TD.

Toutes nos élites bedonnantes ou presque sont passées par l’UNEF. Y compris un certain Jean-Marie Le Pen, à l’époque où le mouvement se prétendait apolitique, et qui en claqua la porte dans les années 50 pour créer la Corpo de droit. Sont passés par là, pour les plus connus, Jack Lang, Jean-Christophe Cambadélis, Olivier Besancenot, Georges Frêche, Alain Bauer, Serge July, Alain Krivine, Jacques Sauvageot, Alain Geismar, Daniel Cohn-Bendit, François Hollande, Manuel Valls, Arnaud Montebourg, Bruno Julliard, Clémentine Autain, Benoît Hamon, etc. Bref, pour celui ou celle qui veut embrasser une carrière politique, mieux vaut être porte-voix à l’UNEF qu’étudiant assidu.

Beaucoup, d’ailleurs, parmi ceux cités plus haut, n’ont jamais fini leurs études. Ils sont passés directement du statut d’étudiant-militant à celui de salarié, généralement de la MNEF, en attendant un poste d’assistant parlementaire, voire de directeur de cabinet à la mairie de , puis une “investiture tremplin” vers l’Assemblée.

Il est bon, en effet, de rappeler que la mutuelle satellite a été, dans les années 2000, l’objet d’un scandale qu’on s’est dépêché d’étouffer, tant étaient mouillées les belles figures de la gauche morale. On a découvert, à la MNEF, un système abouti de fausses factures, transferts grâce à des montages financiers rocambolesques, multiplication de filiales (une cinquantaine de sociétés en 1998), permettant de financer les campagnes du PS et de rémunérer à des hauteurs stratosphériques les futurs loups du parti à la rose, tous issus de l’UNEF-ID. À la manœuvre, les Strauss-Kahn et consorts qui s’en mettaient plein les poches, avec des salaires tournant à l’époque autour de 100.000 F par mois (15.245 euros !).

Aujourd’hui, c’est un autre scandale qui se fait jour : l’UNEF était aussi une pépinière de violeurs ! Un haut lieu de « violences sexuelles et sexistes », comme l’ont exprimé dans Le Monde, en novembre dernier, 83 signataires, toutes anciennes militantes du syndicat étudiant. Ce mardi, c’est le quotidien Libération qui dit avoir recueilli le témoignage de 16 autres militantes, dont certaines affirment avoir été violées par des personnalités haut placées de l’organisation, des plaintes ayant été déposées pour ces faits commis depuis les années 2000, et particulièrement sous la présidence de Jean-Baptiste Prévost, entre 2007 et 2011. Une période que Libération dit marquée par « une multitude de dérives », l’UNEF étant alors « un terrain de chasse sexuelle ».

L’actuelle présidente ne nie pas. Au contraire, Lilâ Le Bas assure à l’AFP « avoir mis en place des outils pour enrayer ces violences et libérer la parole ». Et l’on voit apparaître des « réunions non mixtes » et autres « ateliers sur le consentement ».

Tout cela par des gens qui ne cessent de nous bassiner avec la parité, l’égalité des sexes, l’abolition des genres et autres tolérances LGBT…

Si ce n’était pas si minable, on en rirait.

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