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Armées - Editoriaux - 25 avril 2020

Luftwaffe : le choix de l’Allemagne

L’Allemagne va mettre au rebut ses chasseurs Tornado. Pour renouveler sa flotte, elle va acquérir 138 nouveaux avions, dont 93 Eurofighter et 45 F-18 Hornet.

Si les premiers sont une réalisation tripartite européenne – Airbus, BAE Systems, Leonardo -, les seconds sont américains.

Ces achats hybrides sont étonnants de prime abord quand on songe à l’interopérabilité et aussi aux aspects maintenance et soutien logistique. Ils résultent, en réalité, de choix politiques et économiques.

En effet, concernant l’Eurofighter, comme son nom l’indique, il implique de nombreux Européens, dont l’Allemagne, partenaire d’Airbus. L’option économique prévaut donc très probablement pour ce modèle.

En revanche, le second tombe sous la férule de l’OTAN et, donc, des USA. Je rappelais, récemment, ici la prédominance de ce pays pour les nouvelles acquisitions.

Cependant, cette pression n’est pas la seule, en l’occurrence. Une autre est plus impérieuse !

En effet, la Luftwaffe participe à la mission de dissuasion nucléaire au titre de l’OTAN, mais avec une bombe américaine. Les environnements de sécurité et les procédures de mise en œuvre et d’emploi sont extrêmement contrôlés, en particulier par l’autorité militaire de ce pays, à tous les échelons. Un veto a donc été opposé par les États-Unis pour un choix autre qu’américain pour l’avion dévolu à cette mission essentielle pour la posture dissuasive.

L’Allemagne tenant à sa coopération et ses missions au sein de l’Alliance a donc dû se résoudre…

Cette anecdote n’est pas sans rappeler le cas identique, mais contraire, dans l’histoire de la France lorsqu’elle tourna le dos à l’OTAN par décision du président de Gaulle en 1966.

Des unités françaises de l’armée de l’air, basées en Allemagne et équipées de chasseurs-bombardiers américains F-100, avaient alors également une mission nucléaire, armées avec une bombe également américaine. Rapatriées en France en 1967 et transformées sur le célèbre Mirage III, elles perdirent alors cette mission.

Les forces de dissuasion étaient déjà en service, en particulier avec les Mirage IV au sein des  FAS – Forces aériennes stratégiques -, pour la composante aérienne. Et en 1972, l’armée de l’air recouvrait une mission nucléaire dite tactique, avec une bombe de conception française armant la nouvelle version « E » du Mirage III, équipé pour effectuer cette mission par tous les temps et à très basse altitude afin d’échapper aux détections radar.

Au bénéfice des missions alliées face au pacte de Varsovie…

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