L’on croyait que Luc Ferry, qui serait un lointain descendant de Jules Ferry, se contentait des plateaux de pour se donner en spectacle. Dimanche, il a choisi d’être au premier rang du meeting de François Fillon, porte de Versailles.
Laissons aux philosophes le soin de juger s’il est un grand philosophe. Mais, en matière d’enseignement, le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il n’a pas laissé un souvenir impérissable de son passage rue de Grenelle.

Ministre de la Jeunesse, de l’Éducation nationale et de la Recherche de mai 2002 à mars 2004, il donne en paroles, comme beaucoup d’autres, la priorité au primaire, introduit les itinéraires de découverte, ancêtres des EPI. On retient surtout la loi de 2004 sur le port de signes ou de tenues manifestant une appartenance religieuse dans les écoles, collèges et lycées publics, même si l’on ne se souvient plus qu’il la défendit.

Il fit ses armes à la présidence du Conseil national des programmes où l’avait nommé en 1994 : il y resta jusqu’en 2002, sous la cohabitation et les ministères de Claude Allègre et de Jack Lang – ce qui semble prouver, au moins en matière d’éducation, qu’il n’était pas incompatible avec la gauche.

En 2015, il condamne la réforme du collège, qui “rogne les enseignements disciplinaires au moment où on en a plus besoin que jamais”. Comme quoi on est plus lucide quand on n’est pas ministre que quand on l’est.

Serait-il mondain ? En tout cas, il aime briller devant les caméras et déteste ce qu’il nomme la vulgarité. Récemment, il dénonçait dans un tweet “@PhilippePoutou débraillé en Marcel pour représenter les ouvriers, pas étonnant qu’ils aillent massivement chez Le Pen #LeGrandDebat”. Il aime surtout passer pour un expert, n’hésitant pas à se faire de la publicité sur son propre blog : « Contact : Inviter comme intervenant à une conférence. »

Soutien d’Alain Juppé, lors de la primaire de la droite, tout en déplorant l’absence de grand homme capable d’incarner l’État, déclarant début février que “la campagne de est complètement plombée”, il s’écrie trois semaines plus tard, imitant George Clooney : “Fillon, what else ?”

Le voici, dimanche, au meeting de la porte de Versailles, à une place d’honneur. Pour l’épauler dans son sprint final ou dans l’espoir de se voir confier quelque mission, si d’aventure son poulain l’emportait ? Ministre de l’Éducation nationale ? Non, merci !

Il est improbable qu’une personnalité aussi versatile, qui s’est montrée plus efficace à faire de l’esprit sur les plateaux de télévision qu’à assurer des responsabilités dans un ministère, un intellectuel mondain accroché à la mode, illustre le renouveau dans la politique. Encore moins dans l’enseignement !

Que continue de briller en société, s’il aime les mondanités, s’il est sensible aux vanités. Qu’il reste le phénix des bobos et des quartiers huppés, si bon lui semble. Mais qu’il n’ambitionne pas d’autre fonction ! On l’a déjà vu à l’œuvre : personne ne gagnerait à le voir renaître de ses cendres.

10 avril 2017

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