244 pages et 73 articles ! C’est le fatras de la loi PACTE (Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises) présentée par le ministre. J’ai pris mon courage à deux mains et commencé à lire le texte. Après tout, en tant que chef d’entreprise, même toute petite, je suis directement concerné.

Mais dès l’exposé, j’ai compris qu’il serait inutile de me faire du mal et je n’ai consulté que les synthèses sur les principales mesures.

D’un strict point de vue pratique, je n’ai rien noté de bien significatif. Que des « mesurettes » qui ne changent rien au fond : on déplace les seuils et les délais, mais on ne supprime rien, on modifie l’existant sans le remettre en cause.

La vente des derniers bijoux de famille (ADP, Française des jeux, ENGIE) s’inscrit dans la logique du massacre de l’économie française. À quand la vente du Louvre, de la tour Eiffel, du château de Versailles et, pourquoi pas, du palais de l’Élysée, tant qu’on y est ?

Ce qui me choque profondément, comme la plupart des professionnels, c’est le droit que s’arrogent ces fonctionnaires et ces politiques de donner des leçons de gestion alors qu’ils n’ont jamais mis les pieds de leur vie dans une entreprise ! Et que, le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils ne sont pas très doués pour la gestion : voir la situation de quasi-faillite dans laquelle ils ont mis l’entreprise France !

Alors, de grâce, mes beaux Messieurs et mes belles Dames, taisez-vous et laissez faire ceux qui savent, pratiquent, risquent. Si la loi permettait la croissance, la France serait le leader économique mondial et social depuis belle lurette.

Et ce ne sont pas ces phrases creuses de consultants (« Il faut changer de paradigme », « il faut transformer le pays et les mentalités », « il faut adapter la France au siècle nouveau ») qui changeront quelque chose dans la pratique.

On espérait du concret sur des points essentiels : l’accès au financement pour les TPE/PME, là où sont les gisements d’emplois, la suppression de toutes ces normes et ces labellisations diverses et variées qui nous étouffent, sans parler du droit du travail (là, le train est déjà passé).

Sur ces sujets, absolument rien.

Et vous savez, Monsieur le Ministre, les CFE [NDLR : centres de formalités des entreprises], cela fonctionne très bien : ils permettent un contact « physique » qui serait supprimé avec un « guichet électronique » froid et anonyme. Les petits entrepreneurs, les artisans apprécient les conseils qu’ils peuvent recevoir de ces organismes consulaires. Et les commissaires aux comptes sont bien utiles ; il faudrait même envisager de renforcer leurs missions et, par exemple, les rendre fiscalement responsables, comme c’est le cas dans certains pays.

Bref, encore « beaucoup de bruit pour rien », comme le disait Shakespeare dans une autre comédie, célèbre celle-là.

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