Listes électorales communautaristes : les islamistes en rêvaient, Macron l’a fait

Que d’occasions manquées, pour le Président Macron, d’amorcer un retour à la cohésion de la société française, alors déjà fracturée mais pas encore cassée, dans la première partie de son mandat présidentiel (2017-2019).

Bénéficiant de l’euphorie ambiante suite à son coup de bluff gagnant de poker électoral menteur, chèque politique en blanc et non garanti, il aurait pu imposer sans drame des réformes difficiles et nécessaires, comme celle des retraites. Par besoin de se constituer une légitimité territoriale qui lui manque toujours, il a laissé s’engouffrer avec lui toutes sortes d’idéologies urbaines progressistes et de mouvances minoritaires transgressives dont il essaie de se faire une majorité.

Historiquement, les communautés françaises, courroies de transmission intergénérationnelle, ont structuré la société au fil des siècles en organisant la vie sociale, politique, spirituelle autour d’une culture d’essence chrétienne partagée entre croyants, pratiquants ou non, agnostiques et athées. Conséquence d’un amalgame égalitariste qui interdit par principe aveugle de distinguer ce qui est bon et mauvais pour la cohésion nationale, ces communautés traditionnelles sont, aujourd’hui, menacées par l’intrusion rampante d’un islam exogène, intolérant et envahissant.

À quelques jours des municipales, au moins dix listes communautaires islamiques, masquées par des pseudonymes implicites, ont déjà été signalées par des préfets en exercice. Alors que le président de la République, garant des valeurs de la France, a refusé d’interdire les listes communautaires sous le mauvais prétexte que ce serait « juridiquement compliqué », le problème est occulté par les médias dominants et la confusion règne toujours autour du terme « communauté » qui, « en soi et entre nous », ne posait pas de problème.

L’islamisme est donc en train de s’imposer en France par la voie électorale. Or, il pose problème car il ne s’adapte pas aux traditions ni aux modes de vie de son pays d’accueil. Pire : ne distinguant pas le temporel du spirituel, il défie et rejette ouvertement la primauté des lois de la République sur la charia. Le Président Macron fait ainsi entrer le loup théocratique dans la bergerie laïque, mettant en péril le fragile équilibre hérité de mille ans de laïcité (et non cent ans, comme on l’entend souvent), comme le décrit Jean-François Colosimo dans son essai La Religion française.

Pourtant, si on y prête attention, l’islamisme répond globalement ou localement aux critères d’une dérive sectaire, selon les termes de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (MIVILUDES) : « Un dévoiement de la liberté de pensée, d’opinion ou de religion qui porte atteinte à l’ordre public, aux lois ou aux règlements, aux droits fondamentaux, à la sécurité ou à l’intégrité des personnes. Elle se caractérise par la mise en œuvre, par un groupe organisé ou par un individu isolé, quelle que soit sa nature ou son activité, de pressions ou de techniques ayant pour but de créer, de maintenir ou d’exploiter chez une personne un état de sujétion psychologique ou physique, la privant d’une partie de son libre arbitre, avec des conséquences dommageables pour cette personne, son entourage ou pour la société. » (1)

Or, la MIVILUDES, indépendante depuis sa création en 2002, vient d’être rattachée au ministère de l’Intérieur au motif d’économies financières, en réalité insignifiantes au regard du sujet dont elle traite et d’autres dépenses publiques somptuaires ou inutiles, auxquelles s’ajoute la gigantesque fraude sociale, encouragée car non traitée. Il s’agit, en réalité, de se réserver le contrôle politique discrétionnaire de la gestion des phénomènes sectaires et du radicalisme islamique, dont la frontière commune, gênante pour la théorie égalitariste, est ténue, voire poreuse.

C’est ainsi que le communautarisme islamique échappe à un filtre antisecte qui avait démontré son efficacité. L’amalgame indifférencié et protecteur avec d’autres formes inoffensives de communautarisme social permet ainsi objectivement d’introduire l’islamisme par voie légale.

Pour les raisons évoquées, mettre dos à dos et traiter à égalité les communautarismes chrétien et islamique, comme le fait Macron, allié objectif d’Erdoğan et des Frères musulmans, est fallacieux et dangereux.

Et pourtant, ce procédé démagogique pourrait lui apporter un complément de voix décisif en 2022. Si on lui en donne le mandat.

(1) https://www.derives-sectes.gouv.fr/quest-ce-quune-d%C3%A9rive-sectaire

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