Comme un chien ne lâche pas son os facilement, Libération s’en est à nouveau pris à La Manif pour tous, en tentant laborieusement de faire de l’esprit avec les moyens du bord.

“Oui, la Manif pour tous avait raison (sur tout)”, tel est le titre de l’article qui, sans doute nostalgique de François Hollande et sa fameuse anaphore – “Moi, Président” –, répète à l’envi “Elle avait peur”, à propos de ladite Manif.

De quoi avait-elle peur, cette révolte contre la déconstruction suicidaire de la famille ? Que la jouissance égocentrique prime la conscience, ce qui s’est réalisé, comme s’en félicite Guillaume Lecaplain – par ailleurs très préoccupé de la question du harcèlement à la prépa Saint-Cyr par les « tradis », et un peu moins du harcèlement par les qamis dans certains coins de France !

“On ne va pas détailler à nouveau à quel point la Manif pour tous […] a pourri le débat public”, ronchonne le sieur Lecaplain, ignorant sans doute que, dans une démocratie qui se respecte, la contradiction n’est pas forcément un signe de putréfaction ; mais je ne détaillerai pas, moi non plus.

“Cinq ans après, et alors que le mouvement n’est plus que l’ombre de lui-même, prenons les choses autrement et disons-le : globalement, la Manif pour tous avait raison.”. Merci pour elle, mais je crois que cette malheureuse Cassandre savait déjà qu’elle était dans le vrai. Depuis, le cheval de Troie est entré.

Et c’est ce qui ravit Lecaplain, énumérant donc ces peurs, finalement justifiées, dont “la PMA [ouvrant] la voie à la GPA”, affirmant vaillamment que “l’opinion semble là aussi prête à cette évolution : selon le résultat étonnant d’un sondage publié en janvier dans La Croix, près des deux tiers des personnes interrogées sont désormais favorables à la GPA”. En forçant le trait, et assumant de flirter avec le point Godwin, je dirais que la majorité des Français étaient aussi favorables aux accords de Munich. On connaît la suite.

La marchandisation du corps des femmes ne relève pourtant pas d’une évolution, et je préfère de loin cette « vieille conception du monde » incriminée dans l’article.
“Le mariage pour tous a aussi donné l’occasion de fêtes où, devant toute leur famille, le tonton se marie avec son copain ou la cousine avec sa copine.” Autrement dit, plus les cartes de la cellule familiale originelle sont brouillées, mieux c’est. Et Lecaplain de se féliciter que le Conseil de Paris ait aboli « papa » et « maman » dans ses documents administratifs, “laissant la porte ouverte à tous les autres schémas”, claironne-t-il. Si ce n’était pas Libération, je jurerais qu’il y a du second degré là-dessous.

Quant à la France, avec de pareilles perspectives de mœurs, elle se prépare “des nuits blanches, des migraines, des nervousses brékdones, comme on dit de nos jours”. Dixit Paul Volfoni (Jean Lefebvre) dans Les Tontons flingueurs. Car, hors des repères familiaux ancestraux, beaucoup plus naturels que traditionnels, point de salut à terme.

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