L’ mène-t-il un djihad chiite ? Les deux attentats de Beyrouth (octobre 1983) ont tué des soldats de l’ONU (241 Américains et 58 parachutistes français, au Drakkar). Ces crimes ont été revendiqués par l’Organisation du Jihad islamique (chiite, lié à l’). L’enquête française a été bâclée, inachevée. Pourquoi ?

Depuis la révolution de 1979, les mollahs ont toujours utilisé le terrorisme à l’étranger, via des groupes armés (comme le Hezbollah), afin de ne pas apparaître. Les services iraniens ont provoqué l’attentat terroriste de l’AMIA, en Argentine (1994, 86 morts), les assassinats à Vienne (1989, Gassemlou, Ghaderi Azar, Mansur Bozorgian), Genève (1990, Kazem Radjavi, ex-ambassadeur d’Iran à l’ONU) et bien sûr (1991, Chapour Bakhtiar, ex-Premier ministre d’Iran ; la première tentative avait tué un policier et une voisine).

Et qui oublie les quatorze attentats à la bombe en région parisienne de 1985-86 (dont les 7 morts, 55 blessés, du Tati rue de Rennes) ? Le chef terroriste était Fouad Ali Saleh, un chiite affilié au Hezbollah, formé à l’université théologique de Qom par Rouhollah Khomeini, condamné à perpétuité par la cour d’assises de Paris (1992). Il avait déclaré : « La forteresse de l’islam est l’Iran. Votre pays [la France], en aidant l’Irak, combat l’Iran, est donc un ennemi. » Qui a commandité l’assassinat de Georges Besse (1986), PDG de Renault et, surtout, ancien président d’Eurodif, sachant qu’Action directe était liée aux FARL libanais ? Avons-nous oublié nos victimes ?

Enfin, le but affiché de l’Iran est de détruire Israël. En 2015, pour le guide suprême, l’ayatollah Khamenei : « D’ici 2040, il n’y aura plus d’État d’Israël. » Lors de la Journée de Quds (Téhéran, 2017), une horloge a été présentée, qui comptait les jours jusqu’à la destruction de l’État juif. Le Festival du sablier symbolise la « destruction prochaine de ce pays » (2 février 2018, Amir-Abdollahian, vice-ministre des Affaires étrangères iranien). « Nous sommes parvenus à la capacité de détruire le régime sioniste… ce n’est plus un rêve (sic) mais un but à portée de main » (30 septembre 2019, général Salami, chef des Gardiens de la révolution, cité par L’Orient-Le Jour).

Alors, que penser de l’attitude des États-Unis vis-à-vis du Moyen-Orient ? Et de la France ? En France, on aime la vieille rhétorique des intellos germanopratins de gauche consistant à renvoyer dos à dos – pour faire objectif – les protagonistes et à s’auto-dénigrer. On exalte aussi la vieille civilisation iranienne, « égale ou supérieure à l’occidentale » : on associerait les Séleucides (qui étaient… grecs) à l’ayatollah Khomeini ! On critique l’Occident qui veut dominer le monde ; or, ce n’est pas l’Occident, c’est sa finance qu’il faut, à juste titre, dénoncer. Ne serait-il pas temps, aussi, de se demander si, chez nous, le CAC n’est pas mollahphile ?

Quant « aux méchants USA avides de piller le Moyen-Orient », Trump a répété qu’il veut se retirer d’Irak, de Syrie, d’Afghanistan. Il est le premier président à vouloir abandonner la ligne politique et économique des États-Unis, vieille de 75 ans : ce virage à 180° est un fait historique capital qui devrait nous amener à penser le futur. Mais un futur sans que les mollahs aient la bombe atomique. Nos démocraties seraient imparfaites ? C’est vrai, hélas. Mais peut-on comparer nos libertés avec celles des Iraniens ?

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