Editoriaux - Internet - Religion - Société - Théâtre - 9 octobre 2017

Les mots qui font peur

« L’islamologue » Mathieu Guidère avait réduit l’assassinat de deux jeunes Françaises à Marseille, gare Saint-Charles, à un simple “fait divers dans une gare”, minimisant la portée d’un attentat islamiste, revendiqué à la fois par le tueur et par Daech, rejoignant ainsi l’appréciation de M. Macron qui, commentant le massacre de Las Vegas, en diluait la signification, l’assimilant à un acte de “violence contemporaine”.

L’État français et les gouvernements qui se succèdent depuis le début des attentats islamistes en France en 1995 (revendiqués, alors, par le GIA [Groupe islamique armé]), ont constamment refusé de désigner l’islamisme comme le principal ennemi de la nation française, de lui déclarer la guerre et de prendre les mesures qui s’ensuivent.

Les tueurs ont successivement été considérés comme des délinquants issus de quartiers « défavorisés » qu’il fallait éviter de « stigmatiser » – ici, c’était la société française (c’est-à-dire nous-mêmes) qui était désignée coupable -, puis comme des « loups solitaires » qui s’étaient « radicalisés » en regardant des vidéos sur Internet (c’est alors les réseaux sociaux qu’on pointait du doigt), puis on s’est avisé de les ranger dans la catégorie des « déséquilibrés » (quand ce n’était pas les camions eux-mêmes qui étaient « fous »). Sur le plan sémantique, nos dirigeants ont supprimé le mot « musulman » de leur vocabulaire, puis le mot « islam », puis le mot « islamiste », puis le mot « terroriste » (peut-être parce que ce dernier contient le terrible concept qui a fondé notre si vertueuse – à leurs yeux – République : la Terreur) pour aboutir à ce chef-d’œuvre de langue de bois qui est « la violence contemporaine ».

Les attentats islamistes en France depuis cette date – 1995 – ont fait environ 350 morts.

Nos gouvernants, qui semblent si impuissants – et désarmés (bien que la France soit le quatrième producteur d’armes dans le monde) – sont-ils lâches, complices ou seulement guidés par leurs ambitions électoralistes ? Les trois hypothèses ainsi énoncées qui se conjuguent ne font que souligner l’énorme responsabilité de ceux qui ont en charge la sécurité de notre territoire et de ses habitants.

J’ai parlé de 350 morts tués par des musulmans se réclamant de leur religion : l’islam. À cette peur des attentats s’ajoute celle d’une insécurité globale qui touche quotidiennement les Français (interdits de tout moyen de défense) dans leurs personnes et dans leurs biens.

Et il nous faut faire ici un parallèle entre cette guerre qui ne veut pas dire son nom et celle d’Algérie.

Car la guerre d’Algérie, qu’on a appelée pudiquement « événements » dans les villes et « opérations » dans les campagnes, ne fut rien d’autre qu’une longue suite d’attentats perpétrés par les terroristes de l’époque, le FLN, sur des populations indigènes et européennes innocentes ; l’armée qu’on a envoyée dans les djebels contre ces terroristes faisait le même travail que celle qu’on envoie aujourd’hui dans les théâtres d’opérations au Mali ou en Syrie.

C’est la loi du 18 octobre 1999 qui a reconnu, enfin, que la France était en guerre en Algérie. Faudra-t-il attendre 2060 pour que la France reconnaisse être en guerre contre les islamistes ?

À ce moment, la France sera devenue depuis longtemps un État islamique et la seule loi qui s’y appliquera sera celle de la charia.

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