Les étrangers devront payer l’université, annonce le gouvernement

«  C'est un mensonge destiné à faire croire qu'on traite le problème pour apaiser l'électorat d'extrême-droite ».
Philippe Baptiste, ministre de l'Enseignement supérieur, @wikicommons
Philippe Baptiste, ministre de l'Enseignement supérieur, @wikicommons

Le monde universitaire est en émoi. Le ministre de l’Enseignement supérieur vient de rappeler - ce qui, pourtant, semble une évidence - que les études ne sont pas gratuites et qu’à ce titre, il convient que les étudiants étrangers règlent une ardoise.

C’est dans Le Parisien, ce lundi 20 avril, que Philippe Baptiste dévoile son nouveau plan, « Choose France for Higher Education », élaboré pour renforcer l’attractivité de l’enseignement supérieur français. À ce titre, le ministre précise que « les universités ne pourront plus édicter des exonérations massives, elles seront réservées à des cas très précis ». Un simple rappel de la loi puisque, comme à l’accoutumée dans notre pays, l’exception est devenue la règle. La stratégie gouvernementale « Bienvenue en France », qui visait déjà à attirer les étudiants internationaux, prévoyait, en 2019, une hausse des droits d’inscription pour les étudiants extra-européens. La licence passant de 180 euros, pour les étudiants français/UE, à 2.900 euros, pour les autres, le master de 250 à 3.950 euros. Soit 30 % du coût de la formation. En contrepartie, tout un tas d’exonérations étaient édictées. Cinq ans plus tard, un constat implacable : les universités ont fait de ces exonérations la norme : « Seulement 10 % des étudiants extracommunautaires paient les droits différenciés », indique le ministre de l’Enseignement supérieur. « Nous revenons aux principes fondamentaux et à la loi qui a été un peu contournée, ces dernières années. La règle, ce sont les droits différenciés, et l’exception, c’est l’exonération. » But de la mesure : rapporter 250 millions par an aux universités.

Une politique de sélection

Les organisations d’étudiants et de syndicats de gauche hurlent à la « discrimination ». « Mettre fin aux procédures d’exonération, c’est condamner des milliers d’étudiants étrangers à la misère », explique la secrétaire générale de l’UNEF, Manon Moret, qui évoque un futur « bras de fer » avec le gouvernement. « Il nous trouvera sur son chemin », avertit la jeune femme.

« La gauche et l'extrême gauche ont réussi à faire avancer l'idée que l'université devait créer des esprits libres totalement décorrélés du monde professionnel ou totalement décorrélés d'objectifs d'excellence ou de qualité de l'enseignement, ce qui est une grande erreur. » Si l’UNI se réjouit, auprès de Boulevard Voltaire, d’« une bonne avancée », Baptiste Gilli, délégué national du syndicat étudiant, demande au gouvernement « d’aller plus loin ». Augmenter, plus encore, la part que paient les étudiants étrangers, car « ni eux ni leurs parents ne participent à l’effort de l’impôt en France ». Une scolarité qui, ipso facto, pèse sur les finances publiques et les Français. « Pour éviter une hausse des frais d'inscription pour les étudiants français », l’UNI veut coupler une hausse des frais d’inscription avec « une politique de sélection » des étudiants étrangers, « les plus méritants ».

« C'est un mensonge »

Baptiste Gilli en veut pour preuve le taux d’échec des étudiants étrangers en troisième année de licence, qui est de « 64 % », un taux qui monte à « 72 % » pour les étudiants issus des pays du Maghreb. « Là où, à l'inverse, quand on a une politique de sélection et qu'on va vraiment chercher les plus méritants, on a des taux de réussite qui sont, pour le coup, très importants. » Par exemple, le taux de réussite des étudiants sélectionnés qui touchent au mérite une bourse du ministère des Affaires étrangères avoisine les « 88 % pour la licence » et « 94 % pour le master ». Une politique de l’Enseignement supérieur qui ne doit pas tant « chercher la quantité que la qualité », résume Baptiste Gilli.

D'après plusieurs sources universitaires contactées par BV, cette mesure visera essentiellement les riches étudiants américains. « C'est une manne financière gigantesque, explique Xavier-Laurent Salvador, maître de conférences à Paris 13. Et l'exonération fait que les seuls qui ne touchent rien, c'est l'université. » Une « avancée positive », de ce point de vue. Pourtant, certains échos dénoncent une mesure en trompe-l'œil. « C'est un mensonge, c'est en réalité une rhétorique destinée à faire croire qu'on traite le problème des étudiants étrangers pour apaiser l'électorat d'extrême droite, décrypte un professeur d'université, car les étudiants venant d'Afrique et d'Europe de l'Est sont pour la plupart boursiers et continueront, eux, d'être exonérés. »

Picture of Yves-Marie Sévillia
Yves-Marie Sévillia
Journaliste chez Boulevard Voltaire

Vos commentaires

54 commentaires

  1. Les étrangers devraient tout payer, comme les FRANCAIS qui ont cotisé toute leur vie. J’ai cotisé pendant 42 ans et je ne peux me faire soigner, je n’ai pas la priorité ! ! ! curieux , n’est ce pas, et mes études , je me les suis payées en travaillant, je n’ai pas eu de bourses ! ! ! pourtant mes ancêtres ont payé des ,impôts ! ! !

  2. Ça change? D’habitude il n’y a que les Français qui paient!
    Et les Algériens, ils vont payer aussi ou ce sera comme d’hab , un statut particulier?

  3. Y a-t-il un seul Français qui gobe ce bobard? On va faire payer leurs études aux étudiants étrangers!!!
    Sur quelle base et quel montant???

  4. J’ai passé deux années en Allemagne en 1967 & 68, comme ingénieur stagiaire et je payais mes études, mais l’entreprise qui m’employait prenait en charge mon logement et mes repas y compris ceux du dimanche… et j’avais mon salaire en DM ! Et ça c’était la vraie différence avec les stages en France, je gagnais 3 fois plus !!! Mais aussi, je parlais couramment allemand !!! Et j’avais ma 2CV !!! Merveilleux temps… usine magnifique sans cheminée… on lyophilisait du houblon et avec les calories recyclées on chauffait la piscine municipale gratuite et avec saunas… et 4 kms plus loin on faisait de l’élevage de truites… en France, est-ce que ça existe ???

  5. « Choose France for Higher Education ».. Quand on voit le niveau de la France dans les classement PISA, ça donne envie de payer pour ça. Ca devrait plutot être « Choose France for Lower Education ». Pour l’instant le fait que ce soit gratuit permet à certains de venir en France à moindre frais pour y bénéficier de toutes les aides, subventions, AME, généreusement distribuées avec notre argent. Peut-être qu’en les faisant payer, ça va un peu diminuer leur intérêt pourr notre si beau pays…

    • Les seuls vrais étudiants étrangers qu’on peut et doit accepter c’est pour les grandes écoles et aucunement les niveaux bac moins six qui pullulent en sociologie et en  » Unefie « .

  6. laisser libre acces a des etudiants dans certaines universite technologique avec des faux stages permettant de s introduire dans les socites et connaitre nos secrets industriels on doit absolument interdire l acces aux etudiants chinois je connais une chinoise avec un parcours edifant elle fait le tour des entreprises les plus significative de plus elle repere les etudiants disposes a partir dans les entreprises chinoises avec un recrutement direct ceci parceque l etat a enleve le poste de controle du ministere de l interieur et les responsable actuel sont tout simplement nul dans certaines ville eces universite profite aux habitants par la location des logements le crouss acheter par le maire bloque toute les initiatives de construction de logement ainsi un lmogement avec un locataure rapporte avec 3 etudiant en coloc 1500 euro alors que la location simple rapporte 850 euro alors devons rester passif et accepter le n importe quoi au coeurde formation de nos jeunes j ai des listes pour appuyer mes ecrits mais cele sert a rien il faut attendre 2027 pour nettoyer

  7. Il est tout a fait normale que les étudiants étrangers payent leur frais de scolarités en France , beaucoup de pays le font , de plus cela permettrait de faire le trie entre les vrais étudiants et ceux qui demande ce statue pour entrés illégalement en France et disparaitre dans la nature ensuite.
    Des pays comme le Canada demande a ce que les étudiants étranger est de quoi subvenir a leurs besoins , soins compris sans pouvoir travailler sur place afin de limité la aussi une forme d’immigration clandestine..

  8. combien d’étudiants étrangers retournent dans leur pays après leurs études? Combien ont épousé une française afin de rester sans problème?

  9. Dans le palmarès déjà bien chargé d’Edouard Philippe comme premier ministre, ajoutons qu’il avait décidé de faire venir 500 000 étudiants étrangers, dont la plupart n’obtiennent aucun diplôme tout en restant en France et font ensuite jouer le regroupement familial. C’est une des principales sources d’immigration. A ne pas oublier en 2027.

  10. Les étudiants étrangers ont pour vocation de rentrer chez eux car en général, c’est leur pays qui a besoin d’eux. Une clause pour réduction des frais ou d’octroi de la bourse devrait être le retour automatique en fin d’études ou remboursement complet de toutes les aides. Mais c’est un rêve… en France, les étrangers sont toujours mieux lotis que les français

  11. Des universités anglo-saxonnes , Royaume-Uni , Etats-Unis , accueillent l’élite intellectuelle de la planète suite à une sélection de haut niveau , et gagnent beaucoup d’argent avec ces étudiants qui paient des fortunes pour faire leurs études .
    La France , comme à l’ordinaire , fait l’inverse , elle ne sélectionne pas , accueille tous les « étudiants » , au fait ils viennent d’ou dans leur trés grande majorité ? et paye très cher leurs « études ».

  12. Et les moyens dépensés pour l’étranger sont tels que çà relève d’une simple goutte d’eau dans l’immensité de la mer sans compter qu’il y existe dans ces université des foyers anti-France comme ceux qu’on a connus pour servir la gauche.
    La France n’a plus les moyens de dépenser tant d’argent que versent les travailleurs.

  13. Dans tous les pays du monde, les étudiants étrangers payent leurs étude. Ils devraient même passer un test de niveau pour éviter d’encombrer la première année avec un taux d’échec anormal

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