Editoriaux - 16 octobre 2018

Les deux ennemis publics vont-ils détruire la France ?

Mais quelles sont donc les grandes menaces qui pèsent sur notre pays et causeront son inévitable destruction ?
Le chômage endémique ? Non.
L’insécurité ? Non.
L’endettement ? Non.
L’immigration massive ? Non.
La montée de l’islam ? Non.
Les faiblesses avérées de notre Président ? Non.
La faillite de notre système d’éducation ? Non.
L’éclatement de l’Union européenne ? Non.
La « nouvelle donne » de l’économie mondiale ? Non.
Les bouleversement sociétaux ? Non.
À en croire les médias “mainstream”, qui ne sont rien d’autre que des outils de propagande ayant atteint un niveau tel que cela en devient caricatural, les grandes menaces sont incarnées par deux épouvantables personnages qui justifieraient presque le rétablissement de la peine de mort ou leur disparition « physique » à la chinoise ou à la saoudienne.
Il s’agit, bien sûr, d’Éric Zemmour et de Michel Onfray.

Voilà les deux ennemis publics number one, comme on doit le dire sous Macron.
Je me suis retenu de ne pas « f… un grand coup de marteau » sur ma télé, samedi à midi, puis le soir, en regardant le reportage de BFM TV sur Éric Zemmour, exclusivement présenté comme “une puce excitée” par Philippe Tesson, qui fait de la provocation son business et qui interprète l’Histoire en fonction de ses idées. Fichtre, quel magnifique travail de journaliste !

Onfray et Zemmour ont ceci de commun que ce sont des personnages qui « osent dire » et qui font grandir leurs auditeurs et leurs lecteurs par la qualité de leur expression, la pertinence de leurs analyses, leur grande culture, leur capacité à resituer les événements dans l’Histoire.

Zemmour et Onfray ont, tous les deux, cette rare qualité : rendre les gens intelligents et les faire réfléchir. Rendre les gens intelligents, réhabiliter la notion de « peuple », faire réfléchir les gens, c’est évidemment tout ce que la Macronie et ses mentors intellectuels (Attali…) ne peuvent admettre. Alors, il faut les abattre tous les deux, ils n’ont pas leur place dans cette France de 1984 !

Seulement, voilà, ça ne marche pas ! Les bouquins de Zemmour et d’Onfray se vendent comme des petites pains. Car le peuple a trouvé en eux ses derniers défenseurs et regarde la télé avec un œil très critique. Nos institutions font que la France « en a pris pour cinq ans » et que « le peuple » ne peut rien faire, hormis une guerre civile, pour arrêter le désastre. Mais, finalement, je pense que cet acharnement médiatique contre Zemmour et contre Onfray est contre-productif : too much is too much!

Tous les deux, ils incarnent les « valeurs » qui vont permettre de refonder notre civilisation occidentale en plein déclin : la réunion du nationalisme (la nation vue comme la réunion de peuples partageant le même mythe) et du souverainisme (l’affirmation que la nation doit avoir la maîtrise de son destin). Le mythe fondateur de la nation française avec sa mosaïque de peuples (Corses, Bretons, Basques, Alsaciens…), c’est à l’évidence la religion chrétienne. À ce mythe fondateur a été ajouté un autre mythe, né à la Révolution française : celui de la laïcité. Ces deux mythes se sont peu à peu évaporés avec le temps, et cela, probablement depuis ou à cause de 1905. Zemmour et Onfray aiment la France et le peuple français, les « extrêmes » se rejoignent sur ce qui est fondamental, sur ce qui est fondateur. C’est très rassurant : « Ils » ne nous auront pas !

Et l’exemple de l’Italie est là pour nous montrer que « l’entente des contraires » est possible.

Il n’est pas question de contraires dès lors qu’il s’agit de l’essentiel de la vie. Michel Onfray a déclaré qu’il se voyait comme “un Zemmour de gauche”. Cette déclaration, c’est un merveilleux message d’optimisme.

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