Origine de la Sécurité sociale : Léaument ment !
L’affirmation selon laquelle la gauche aurait inventé la Sécurité sociale relève davantage du slogan et du mensonge partisan que de la vérité historique. Sur X, Antoine Léaument a pourtant repris cette thèse, affirmant haut et fort que la gauche serait bien à l’origine de cette organisation, afin d’en recueillir les lauriers tout en dénigrant la droite. Or, les faits historiques montrent, une fois encore, que M. Léaument aime tordre la vérité pour mieux se parer des réussites que son camp politique n’a pas créées seul. En effet, la protection sociale en France ne surgit pas en 1945 comme un miracle descendu du ciel et né de la seule volonté d’un camp politique. Elle résulte d’une lente construction commencée sous l’Ancien Régime.
Liste des conquêtes de la gauche :
- La République 🇫🇷
- Les congés payés
- Le salaire minimum
- Le droit à la retraite
- Le minimum vieillesse
- La Sécurité sociale
- L’école gratuite
- La protection face aux accidents du travailListe des conquêtes de la droite :
👀— Antoine Léaument 🇫🇷 (@ALeaument) April 15, 2026
À ce sujet — Le député Insoumis Léaument aime bien Robespierre
Solidaire même au Moyen Âge
Bien avant la République, la France du Moyen Âge connaissait déjà des formes organisées de protection sociale. En effet, les congrégations religieuses, les corporations de métiers et les sociétés d’entraide assuraient une assistance concrète à leurs membres. En cas de maladie, d’accident, d’incapacité de travail ou de décès, ces communautés apportaient des aides, prenaient en charge les funérailles, soutenaient les veuves et les orphelins, et garantissaient parfois un revenu temporaire. Il s’agissait d’une solidarité locale, enracinée dans les paroisses, les métiers et la charité chrétienne.
Cependant, la Révolution française, qu’aime tant M. Léaument, brisa ce système. En effet, par la loi Le Chapelier de 1791 furent interdites les corporations, les guildes, les coalitions ouvrières et les associations professionnelles. En supprimant ces anciens corps constitués, le pouvoir révolutionnaire détruisit aussi les secours qu’ils assuraient.
Colbert et la première assurance sociale française
Un autre jalon décisif apparaît au XVIIe siècle. En 1673, sous le règne de Louis XIV, l’édit de Nancy promulgué par Colbert, principal ministre du royaume, permet la création de la Caisse des invalides de la marine royale. Ce dispositif, considéré comme une première forme d’assurance sociale, repose sur deux principes. D’une part, des cotisations obligatoires prélevées sur la solde des marins et officiers, soit près de 2,5 % de leur salaire. D’autre part, une solidarité destinée à financer des hôpitaux pour les blessés et à venir en aide aux veuves et aux orphelins. Nous sommes alors près de deux siècles avant les premières grandes lois sociales, et presque trois siècles avant la Sécurité sociale.
Colbert complète ensuite cette ordonnance par la création, en 1675, d’un « Mois des familles », permettant de réserver une part de la solde aux proches des marins. En 1681, une ordonnance impose aux armateurs de prendre en charge pendant quatre mois les marins blessés à leur service. En 1689, une compensation équivalente à une demi-solde est également instituée pour les marins infirmes. Ces mesures forment déjà sous le règne des rois de France un ensemble cohérent de protections sociales.
L'influence chrétienne au XIXe siècle
Au XIXe siècle, les mécanismes de protection sociale renaissent et s’élargissent. Une loi de 1852 encadre et favorise les sociétés de secours mutuels sous le Second Empire, permettant le développement d’organisations reposant sur la cotisation volontaire et l’assistance entre adhérents. Cette dynamique s’inscrit également dans un climat intellectuel où le catholicisme social exerce une influence croissante. Frédéric Ozanam, fondateur de la Société de Saint-Vincent-de-Paul, Albert de Mun, René de La Tour du Pin et de nombreux cercles ouvriers chrétiens défendent la dignité du travailleur, le juste salaire, la solidarité entre classes sociales et le rôle protecteur des corps intermédiaires. En 1891, l’encyclique Rerum novarum du pape Léon XIII marque également un tournant majeur par la condamnation de la misère ouvrière, la critique de l’abandon social provoqué par l’industrialisation et l’affirmation de la nécessité de protéger les travailleurs au nom de la dignité humaine et du bien commun.
En parallèle, la IIIe République adopte plusieurs grandes lois sociales. En 1898, la loi sur les accidents du travail consacre la responsabilité automatique de l’employeur. En 1910, les retraites ouvrières et paysannes sont instituées. Enfin, les assurances sociales de 1928 et 1930 couvrent la maladie, l’invalidité et la vieillesse pour une grande partie des salariés.
1945, un aboutissement national
En 1945, les ordonnances des 4 et 19 octobre créent l’organisation moderne de la Sécurité sociale. Elles unifient des régimes dispersés et posent un cadre national durable. Ce moment historique est porté par le gouvernement provisoire du général de Gaulle, par Pierre Laroque, par des ministres issus de sensibilités diverses, par des gaullistes, des communistes, des socialistes, des syndicalistes et des démocrates-chrétiens. C’est une œuvre de reconstruction nationale, non la victoire exclusive de la gauche, car l’histoire est plus complexe que ne le prétendent certains comme Antoine Léaument. Attribuer à la seule gauche l’invention de la Sécurité sociale revient donc, par une contre-vérité, à effacer un Moyen Âge solidaire, les actions de Colbert, les lois sociales de la IIIe République et l’influence déterminante du christianisme social.
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50 commentaires
celle qui a créé la SS a fait une énormité ! en ne mettant pas des garde-fous à cette pratique, source de tous les abus possibles. et déjà en insistant sur le fait que c’est une « assurance » et que seuls ceux qui cotisent PEUVENT en bénéficier. Ce n’est pas une « charité institutionnalisée »
Vous évoquez la loi du 9 avril 1898 sur les accidents du travail, très bien. Mais vous omettez la loi du 1er avril 1898 sur les sociétés de secours mutuels, une loi révolutionnaire pour l’époque (elle autorisait les femmes mariées à créer et gérer seules une telle société). C’est la charte fondatrice de la mutualité, sur laquelle se greffe l’ordonnance du 4 octobre 1945, créant la sécurité sociale. Depuis, tout va à vau-l’eau; ainsi, de l’ACOSS (une société de droit public, créée par la loi) et ses 22 filiales, les URSSAF, qui, faute d’avoir publié des statuts de mutuelle, sont des « sociétés en participation », en clair, des ectoplasmes juridiques: à la clef, annuellement, 705 milliards d’€ de cotisations, et 3,5 milliards d’€ de pénalités … sur du vide! Et des gags de cet acabit, il y en a des dizaines: ainsi, la Bulle « Parens Scientiarum », promulguée en 1231 par le Pape Grégoire IX, bulle transcrite dans nos codes, et instituant l’extraterritorialité pour les entreprises sises sur un campus universitaire.
N’oublions pas non plus Pierre-Paul Riquet qui a fait construire le canal du midi et qui a assuré une forme de sécurité sociale à ses 12000 employés. C’était sous Louis XIV.
Son nom ne peut pas être plus explicite » LEAU M E N T » tout est dit.Il n’y a pas de hazard.
Cette gauche pour exister MENT, si personne ne la contredit, et bien cela passe pour des VERITES, et le tour est joué. Soyez vigilants, La grande gauche celle des ouvriers avait obtenue des avancées, mais c’est toujours la droite qui les a accordées.
lfi ne dit pas tout ce que l’extrême gauche inventer ou est à l’origine : le fil à couper le beurre – le poste de garde barrière de piste d’atterrissage dans les aéroports leaument tu oublis des choses aussi importantes ???
L’Allemagne sous Otto von Bismarck est le premier pays à avoir instauré une sécurité sociale moderne (1881–1889). En fait, la France s’en est du moins inspiré.
Bravo, tout à fait exact, tout comme notre Sécu est l’héritière des Sociétés de Secours Mutuel.
Bravo R99242V et andy Vaujambon !
Excellent article et bons commentaires
La secu n’est que la nationalisation (comme d’habitude ratée) des institutions organiques d’avant et parfois lointaines…
Ce n’est ni la première ni la dernière fois que Léaument raconte des âneries
Ce ne sont pas des mensonges mais tout simplement des incultes pour qui des gens ont votés.
@Aby : Qui se ressemble s’assemble…
Nous en sommes exactement au point lumineusement prévu par Frédéric Bastiat il y a 170 ans, celui de la mainmise de l’État sur les “sociétés de secours mutuel : « Ils [les Français] n’admettront pas pour eux l’impossibilité de payer, et ne seront jamais contents des répartitions. L’État se verra contraint de demander sans cesse des subventions au budget. Là, rencontrant l’opposition des commissions de finances, il se trouvera engagé dans des difficultés inextricables. Les abus iront toujours croissants et on en recalculera le redressement d’année en année, comme c’est l’usage jusqu’à ce que vienne le jour d’une explosion. Mais alors, on s’apercevra qu’on est réduit à compter avec une population qui ne sait plus agir par elle-même, qui attend tout d’un ministre ou d’un préfet, même la subsistance, et dont les idées sont perverties au point d’avoir perdu jusqu’à la notion du Droit, de la Propriété, de la Liberté et de la Justice. »
La »Gauche » à l’habitude de réécrire et ‘’d’écrémer’’ l’histoire afin de rejeter comme du petit lait sans valeur ses nombreuses turpitudes qui ne lui font pas honneur.
Il suffit de remonter un peu dans l’histoire pour s’apercevoir que la »Gauche » la falsifie pour se donner bonne conscience.
Difficile en effet d’admettre qu’Adolf H était socialiste comme son copain Bénito M, que la plupart des collabos de 1940/45 venaient de la gauche, que le Maréchal Pétain avait été mis au pouvoir par un groupe résiduel du front populaire.
Il en est de même de nos jours où pour vous vouer aux gémonies, on vous traite de Nazi, c’est-à-dire National Socialiste, si vous avez le malheur d’annoncer que vous êtes de droite.
Heureusement, la Vérité est comme les bouchons de liège ou les étrons flottants, elle remonte toujours à la surface et finit par se voir et dans certains cas se sentir.
Non Hitler n’était pas socialiste ! Comme vous le dites plus loin, il était Nazi, c’est à dire
national socialiste, un nom qu’il avait choisi pour accéder facilement au pouvoir en trompant
le peuple Allemand sur ses intentions de dictateur. Non, les collabos ne venaient pas plutôt de
la gauche, mais plutôt de la droite et du centre ! On ne refait pas l’Histoire à sa guise…