L’enjeu de la cohésion nationale conditionne l’avenir même de notre nation. Dans une France de plus en plus morcelée, fracturée, archipélisée, seul le retour aux racines, aux héros, au patrimoine, aux principes et valeurs permettrait d’acquérir « cette conscience morale » dont parlait Ernest Renan et le salut citoyen pour bon nombre de femmes issues de l’ arabo-musulmane.

Adolescentes et adultes qui, à l’aune des premiers questionnements, résignations et ambitions, sont interdites de fréquenter des hommes, des amis d’origines différentes, pour qui les heures d’entrée et de sortie du domicile sont surveillées, pour qui les coups pleuvent si elles décident de franchir le cap méditerranéen, celui de la France et de la liberté censée les protéger.

Analogiquement, pour celles assujetties au joug patriarcal, terrorisées par la réputation de la virginité, craintives de nuire à la norme de la pudeur islamique, subissant les avanies de toutes parts (la famille comme la cité), seuls l’individualisme, le désir d’être libre, le consentement à vivre ensemble et le projet d’incarnation personnelle s’accordent à un avenir commun, féminin et français.

Ces paradigmes civiques iconoclastes sont, conséquemment, la perte de repères et d’identification identitaires français impactant le corps social des « Territoires perdus de la République » selon l’ouvrage d’Emmanuel Brenner, laissant place à l’endogamie sociale, culturelle et cultuelle.

C’est parce que notre école a failli dans la transmission pédagogique des figuratifs féminins épiques de notre nation en combinaison à des élus préférant la désagrégation citoyenne et des droits préférentiels islamiques que nous assistons, aujourd’hui, à des quartiers où la norme pour les femmes n’est plus la liberté mais la contrainte, où la citoyenneté française s’efface au profit de contre-sociétés de défiance culturelle. Et comme le soulignait si justement l’écrivain algérien Wassyla Tamzali, toutes les guerres identitaires se font sur le corps des femmes…

Plutôt que de glorifier nos héroïnes, de Jeanne d’Arc à Olympe de Gouges, Simone Weil, Marie Curie, en passant par Aliénor d’Aquitaine ou Simone de Beauvoir, nos politiques ont préféré et continuent de choisir la conflagration idéologique du relativisme culturel et du différentialisme citoyen, depuis la critique affaire du voile de 1989, dite « affaire du collège de Creil ». Pire, et récemment encore, la commission spéciale de l’Assemblée nationale a jugé irrecevables les amendements déposés par Aurore Bergé et Jean-Baptiste Moreau contre le voilement des fillettes dans le cadre de la loi confortant le respect des lois de la République présenté le 9 décembre 2020 en Conseil des ministres.

Ne soyons pas dupes, le voilement des femmes, capitulation identitaire, atour de l’inégalité civique entre hommes et femmes, est bien plus épars dans Les Territoires conquis de l’islamisme de Bernard Rougier que dans le XVIe arrondissement de Paris…

Et Marlène Schiappa, Clémentine Autain, Esther Benbassa, Caroline De Haas ou d’autres, qui ont eu la chance d’avoir cette issue sociale libertaire, préfèrent la fermer à celles cadenassées dans une prison familiale et sociale.

Avaliser ou encourager la promotion de la soumission aux impératifs religieux n’est aucunement l’écueil de la liberté réelle et du figuratif historique féminin français. Faire fi de l’héritage que l’on a reçu indivis forgé par des luttes féminines constructivistes, c’est fossoyer l’émancipation de celles qui pensent partir en et qui se font exciser, celles pour qui le voilement est un exutoire de circulation abritée dans la cité, celles pour qui, en somme, la dignité assimilationniste n’existe pas…

Transmettre l’ culturelle du féminin français par la voie politique, c’est transcender tous les particularismes communautaires, c’est inscrire le salut citoyen à l’encre bleue, blanc, rouge à l’école, c’est sauver des milliers de jeunes femmes de l’intoxication sociale qui les empoisonnent d’année en année.

23 juillet 2021

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