Ainsi donc, la Commission européenne veut mettre à l’amende les pays qui refuseraient leur quota de migrants. Solution un peu fruste qui manque d’élégance. Mais la School of Economics (PSE) – ou PES, en anglais dans le texte bien évidemment – a une autre proposition autrement plus raffinée qui n’a pas connu, à ce jour, la notoriété qu’elle mérite. PES est la sœur de Toulouse School of Economics du prix Nobel Jean Tirole, qui s’est érigé en gardien absolu de l’orthodoxie économique en refusant toute intrusion des sciences sociales dans la discipline au profit des seuls modèles mathématiques, une discipline appelée « économie industrielle » dont le regretté Bernard Marris avait pu écrire que c’était « une secte, dont l’obscurantisme et le fanatisme donnent froid dans le dos. Il n’est pas difficile de repérer le taliban sous l’expert, et le fou de Dieu sous le fou de l’incitation. »

À Paris, PES, c’est l’école de la gauche bien-pensante de Thomas Piketty qui a produit une nouvelle génération d’économistes « de gauche » dont Julia Cagé qui, avant d’épouser ledit Piketty, avait créé une espèce de fondation Terra Super Nova dont les recommandations encore plus délirantes que le think tank du P « S » proposaient de taxer les propriétaires ayant achevé de rembourser leur emprunt…

Là, elle fait mieux. Hillel Rapoport, chercheur à PSE, qui précise qu’il parle « du strict point de vue de l’économiste » et qu’il ne fait pas de politique, propose d’instaurer un marché des quotas de migrants, comme il fut instauré un marché des droits à polluer… qui a donné naissance à la gigantesque escroquerie à la TVA sur les quotas de carbone actuellement devant la justice.

De quoi s’agit-il ? Il s’agit de faire un « matching » entre les souhaits des et ceux des pays. Une sorte de Gault et Millau de la migration qui enregistrerait les souhaits des migrants et ceux des pays d’accueil et les mettrait en rapport par le biais d’algorithmes mathématiques et définissant, par là, le prix à payer par ceux qui n’accepteraient pas leur quota : « Je tiens ici à préciser un élément essentiel : il ne s’agit en aucun cas d’une marchandisation de la personne humaine », déclare notre chercheur qui ne fait pas de politique, tout en précisant que l’addition serait beaucoup plus élevée pour les pays « qui maintiennent une vision sécuritaire et identitaire » sur l’ que les amendes que prétend infliger la Commission européenne. Rien de politique dans l’algorithme, donc.

Jamais en retard d’une « innovation sociétale », le groupe des Verts au Parlement européen a accueilli favorablement sa proposition. Et le gouvernement suédois, dont le succès de la politique d’ éclate de jour en jour, lui aurait confié une mission.

On est rassurés de voir ainsi les algorithmes mathématiques – qui ne font pas de politique – s’emparer du problème. On ne sait pas encore si ces droits à seront soumis à TVA ! Tout comme on est rassurés des productions de ces écoles qui bénéficient de financements abondants des grandes entreprises et versent des salaires exorbitants à leurs professeurs, qui ne font pas de politique. Rien que des algorithmes.

6 mai 2016

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