Pour la première fois, cette année, et bien que nous ne soyons pas en période de carnaval, la rentrée scolaire sera masquée. Une mesure logique et cohérente, mais est-ce une décision vraiment utile ?

Depuis le début de cette épidémie, nous naviguons à vue face à un virus nouveau dont nous connaissons mal la traduction pathologique mais qui, si l’on regarde les chiffres de la mortalité, n’est heureusement pas un fléau tel que pourrait l’être Ebola ou la peste, et la principale préoccupation de nos décideurs sanitaires semble surtout être le désir de satisfaire à des obligations de précaution qui, à défaut d’être vraiment utiles, leur éviteront d’être pris en défaut.

À partir du moment où on oblige la population à porter un masque dans les lieux clos, et même maintenant en plein air, il est logique et cohérent de l’imposer à l’école, dans les collèges et les lycées. Si on remet en cause cette mesure, ce sont toutes celles prises pour les autres collectivités (salles de spectacles, entreprises, etc.) qu’il faut revoir.

Il n’est pas possible de faire le point sur l’épidémie en se fondant uniquement sur les chiffres des cas positifs, sinon il faut parler d’épidémie de contamination et pas d’épidémie d’une maladie, puisque nous n’observons que très peu de nouveaux malades. La plupart des personnes testées sont asymptomatiques ou présentent des symptômes mineurs, et si l’on décidait de tester à l’aveugle toute une population, il est probable que nous trouverions une grande quantité de porteurs sains. Car il est bien évident que le virus circule parmi la population, et il est même souhaitable que la plupart d’entre nous soient en contact avec lui un jour ou l’autre, afin de pouvoir développer une immunité de groupe qui assurera la protection de chacun.

Ce virus s’exprime différemment selon l’âge des porteurs ; les sujets jeunes, enfants et adolescents ne développent pas (à moins d’une pathologie associée) les symptômes de la maladie, les adultes jeunes présentent le plus souvent une forme bénigne qui peut passer inaperçue, et plus on avance en âge, plus la maladie peut être grave car associée souvent à un état général affaibli par d’autres pathologie.

Cette mesure de protection en milieu scolaire protégera donc davantage les enseignants que les élèves qui, a priori, n’ont pas grand-chose à craindre du virus.

En milieu scolaire, comme dans la vie courante, se pose aussi la question de l’efficacité des masques. Les masques chirurgicaux protègent celui qui est en face de vous, car il le met à l’abri des postillons porteurs de virus, mais il laisse passer les particules virales en suspension dans l’air et ne protège donc que très peu celui qui est porteur du masque. Il est donc totalement inutile en plein air (lorsqu’une certaine distanciation peut être maintenue entre les personnes), où les particules virales en suspension dans l’air n’atteignent pas une concentration suffisante pour provoquer une pathologie, ce qui n’est pas le cas du milieu clos.

Une autre mesure d’hygiène importante, qui n’est pas propre à la lutte contre le coronavirus mais qui doit s’appliquer pour lutter contre toute forme d’épidémie, consiste en un lavage régulier des mains, car si le virus vit peu de temps en milieu extérieur, il peut facilement se développer sur le corps humain, et les mains, qui sont nos principaux organes de contact, sont aussi les principaux vecteurs de contamination.

Toutes ces mesures seront-elles suffisantes pour enrayer cette épidémie ou s’éteindra-t-elle naturellement comme la plupart des épidémies?

Seul l’avenir nous le dira. Mais il est certain que cette rentrée scolaire 2020 marquera les esprits.

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