Le Liban au bord de l’asphyxie

Avec une population de moins de 5 millions d’habitants, le Liban a reçu, et continue à recevoir, près de 2 millions de réfugiés syriens, en très grande majorité sunnites. Et pour une très grande majorité, ces réfugiés sont soutenus par l’État islamique et Al-Qaïda.

Pour la première fois dans sa très longue histoire, le Liban voit son équilibre menacé par cette très forte présence sunnite alors que, jusqu’à présent, l’équilibre était maintenu entre chiites, chrétiens, maronites et sunnites.

Une guerre civile entre les chiites du Hezbollah, très engagés dans un soutien inconditionnel à Bachar el-Assad, et les sunnites de l’Etat islamique et d’Al-Qaïda, soutenus par les Saoudiens, semble inévitable. L’objectif des sunnites est de s’implanter durablement au Liban. Les premières victimes de ce prochain théâtre des opérations seront, comme toujours, les chrétiens, qui devront fuir de nouveau.

L’Orient est très compliqué. De Gaulle disait qu’il fallait y aller avec des idées simples ! Cela ne voulait pas dire « simplistes » mais les américains ne l’ont jamais compris ou n’ont pas voulu le comprendre et, en 25 années d’ingérence, sont parvenus à instrumentaliser l’Islam radical en détruisant les infrastructures et l’économie de ces pays à très forte majorité musulmane afin qu’ils ne deviennent pas des pays émergents.

De l’Orient compliqué? les Américains ont réussi à construire un Orient chaotique. En s’opposant à Bachar el-Assad, l’État islamique a bénéficié des larges subsides octroyés par le Qatar, la Turquie et les États-Unis mais il est devenu l’ennemi à abattre dès qu’il s’est proclamé « califat » et a décidé de s’implanter, d’administrer et de s’emparer du pétrole sur un territoire souverain.

De leur côté, les Kurdes, à qui on avait promis un Kurdistan dès la fin de la Première Guerre mondiale, se voit offrir l’occasion de leur reconnaissance, y compris par la Turquie, et ils réussissent une partition de l’Irak en se taillant également leur propre territoire. Et ces derniers ne l’abandonneront pas de sitôt à un quelconque état sunnite !

Le Qatar, émirat sans pétrole (ou presque : 1,5 % des ressources mondiales), a comme principal intérêt financier d’attiser les combats afin de contrôler les flux financiers mondiaux. Pour se faire pardonner de spéculer de la main gauche (impure), il soutient les guerriers d’Allah de la main droite.

Et l’avenir, après tout ce chaos ?

Après l’Afghanistan, l’Égypte, la Libye, la Syrie, l’Irak, le Yémen… et demain le Liban comme je l’ai déjà écrit, ce sera le tour de l’Afrique côtière saharienne et subsaharienne, où se trouvent la plupart des gisements de matières premières.

Il est plus que prévisible, dans ces conditions, que ni les USA, ni la Chine, ni même l’Union Européenne ne permettront à aucun État, incontrôlable par eux, de s’en emparer.

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