Les États-Unis ont donc élu leur président. On peut voir, dans cette élection, le dernier sursaut de la . Les Américains n’ont jamais autant voté, mais jamais le déroulement de la campagne et du scrutin n’aura à ce point souligné la fragilité sinon le délabrement du système. Vue de France, une élection qui permet à un candidat de l’emporter avec moins de voix que son adversaire est déjà surprenante, mais une fois admise la légitimité du principe fédéral prééminent aussi pour le Sénat, le scénario mis en œuvre outre-Atlantique est désastreux.

Le président élu a fait l’objet, durant tout son mandat, d’un rejet du système et de l’oligarchie qui le dirige, allant du travail de sape continu des démocrates à la haineuse et méprisante de la majorité des grands médias. Si son style n’a guère rehaussé la présidence de l’État le plus puissant au monde, sa avait, jusqu’à 2019, plutôt connu des succès. L’explosion du mouvement racialiste après la de George Floyd a révélé les tendances au déséquilibre de la et de la mentalité américaine, que le parti démocrate a utilisées sans scrupule : dénigrement de la , repentance exacerbée et exhibée, exploitation des identités minoritaires au risque de désagréger la nation. Cette arme avait le défaut de réveiller l’électorat de par patriotisme et fierté nationale. C’est alors que la divine surprise du Covid-19 survint pour les démocrates : la frousse individualiste a terrassé le courage collectif, l’isolement sanitaire et la porosité du vote par correspondance ont sans doute triomphé de la « transparence » de l’isoloir.

Qui croira encore dans le modèle démocratique américain, une fois de plus déconsidéré entre grand spectacle et petits décomptes ? L’Amérique qui avait commencé le millénaire en puissance unique va descendre les marches du podium. La croissance démographique, économique et militaire des pays dominés par l’Occident durant les deux derniers siècles va inverser le rapport de force. À l’intérieur même des vieilles démocraties, l’importance de l’immigration et l’affaiblissement du sentiment national chez les jeunes générations vont accentuer les tensions, voire provoquer des risques de dislocation. Le progressisme qui règne dans les prétendues élites accompagnera le processus.

Ainsi, la démocratie ne sera plus l’horizon ultime. Qu’est-ce, en effet, qu’une démocratie qui rejette le peuple, le dèmos qui la légitime au profit d’une masse d’individus, d’une collection de communautés ? Qu’est-ce qu’une démocratie qui limite les libertés, soit pour imposer comme des dogmes les préjugés minoritaires, religieux, sexuels, raciaux, même lorsqu’ils sont contraires au bon sens et aux valeurs qui en sont le socle ? Qu’est-ce qu’une démocratie quand la peur prend le pouvoir et transforme les citoyens en moutons affolés ? Ce que l’inquiétude écologique avait manqué, la panique sanitaire le réalise : interdictions multipliées, vie sociale et contestations réduites, élections tronquées ou truquées, pensée unique légitimée par la menace.

Qu’est-ce qu’une démocratie lorsque le dèmos qui la fonde n’est plus maître chez lui ? Soumis là-bas à l’État profond, ici à la technostructure européenne, il se voit contester son , son droit à l’identité, même. Seule une nation animée par une culture commune peut exprimer une volonté générale et, donc, être une démocratie. Plus on s’éloigne de la réalité nationale, plus on renforce la dictature molle de la technocratie. Plus on caresse l’illusion de trouver en celle-ci la compétence salutaire, plus on précipite les peuples dans la confusion et le désarroi. Les dernières crises l’ont montré. Celle qui vient sera pire.

6 novembre 2020

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