L’Algérie remporte la FIFA Arab Cup… et c’est la « fête » en France

drapeau algérien

À l'heure (c'est-à-dire ce samedi soir) où nous écrivions, partout en France, des supporters de l'Algérie étaient en train de semer la pagaille. Une « ambiance de feu », selon certains utilisateurs de Twitter, règne à Barbès. Drapeaux algériens ou palestiniens sur le dos, des milliers de fêtards, pour ne pas dire émeutiers, après avoir envahi les Champs-Élysées il y a quelques jours, après une demi-finale victorieuse, bloquaient la circulation et laissaient libre cours à une joie qui n'a rien à voir avec la France - ou avec cette « identité française » qui, paraît-il, n'existe de toute façon pas. Cela va sans dire, sans respect des fameux gestes barrières (franchement, c'est pas bien !). Mais ça, c'est pour ceux qui fréquentent les bibliothèques vides et les concerts de musique baroque...

À Toulouse, à Roubaix, Nancy, Nantes, Saint-Nazaire, Marseille, Lyon, des « tensions » ont eu lieu - tensions qui ne sont rien d'autre qu'une occupation méthodique du terrain et qui n'ont rien à voir avec une quelconque « liesse populaire » bon enfant. Ceux qui auraient besoin de preuves pourront écouter ce que disaient des supporters de l'Algérie autour des Champs-Élysées à Jean Bexon, de Boulevard Voltaire, après la demi-finale : « On est là pour embêter, frères ! », « Ils ont peur de nous ». Un homme déploie un drapeau palestinien et, à la question ingénue « C'est la Palestine qui a gagné, ou c'est l'Algérie ? », répond « les deux ! » Un autre affirme qu'il ne soutiendrait pas l'équipe de France si elle avait gagné : « Je suis Algérien […], mais je ne suis pas pour la France, je suis pour l'Algérie […] jusqu'à la mort ! On a des origines, frères ! »

Tout se passe comme si, à intervalles réguliers, une France jusque-là sporadiquement violente ou provocatrice s'organisait pour envahir l'espace public. Ainsi de cette finale de football, mais aussi de cette procession catholique à Nanterre, attaquée et agressée par des musulmans. Tout se passe également comme si le constat posé par Marine Le Pen ou Éric Zemmour et la « droitisation » des discours chez LR avaient polarisé, avec des conséquences que l'on ne mesure pas encore, une partie de la France qui déteste ses hôtes et ne se prive pas pour le leur dire. « France ! Voici le jour où il te faudra rendre des comptes. Prépare-toi ! Voici notre réponse », chante-t-on au troisième couplet de l'hymne national algérien.

Alors, on continue comme ça ? On regarde de l'autre côté de la rue, histoire de rester cocus de l'Histoire jusqu'à la mort ou à l'esclavage ? Les vacances commencent bien, en tout cas.
Arnaud Florac
Arnaud Florac
Chroniqueur à BV

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