Pour , le est bien joli, mais le télétravail de ses collaborateurs doit s’effectuer depuis exclusivement. Sur cette exigence, les spécialistes se perdent en conjectures. À cause de la longueur du fil de rallonge entre son bureau et les ordinateurs des personnes concernées ? Ou bien se fait-elle apporter les mails par un coursier ? La question turlupine. Depuis Paris parce que… les secrétaires travaillent sur des machines à écrire ? Communiquent par signaux de fumée ? L’énigme reste pour l’instant irrésolue.

D’après Libération, la lutteuse contre la haine sur Internet n’accepterait aucune dérogation à cette loi ésotérique. Possédée par cette croyance en un télétravail « de proximité », la députée aurait usé de toutes les forces en son pouvoir pour contraindre l’une de ses collaboratrices à quitter sa résidence secondaire du Gard, où elle est confinée, pour revenir dans la sacro-sainte ville où seul le télétravail est possible : Paris. Le prix des rallonges explose, les mails arriveront plus vite et autres bienfaits de l’opération.

À cette exigence farfelue, il convient de préciser que ladite collaboratrice est atteinte d’une maladie auto-immune qui la rend plus vulnérable au coronavirus. Il va sans dire que, dans le même temps où Laetitia Avia bassinait cette personne pour qu’elle effectue un long déplacement, de son autre main disponible, elle tapotait Twitter pour lancer des appels déchirants à l’isolement de chacun.

Le ministère de l’Intérieur fut sollicité pour « trouver une solution de rapatriement ». Ciel et terre retournés. La malheureuse pouvait être expédiée par Chronopost, faire l’objet d’un convoi exceptionnel. Des solutions existaient. Informé du drame traversé par la députée, Richard Ferrand se déclara impuissant à résoudre le grave problème.

Laurence de Saint Sernin, secrétaire générale du syndicat Solidaires de l’Assemblée nationale, confirme ce délire rapporté par Libération : « D’après les éléments qui nous sont remontés, la députée ne cesse de lui demander de revenir. Elle met en danger sa collaboratrice, prend le risque de propager l’épidémie et ignore les règles liées au confinement de la population. »

Sous le poids des accusations, Laetitia Avia riposte. « C’est faux, je n’ai jamais demandé à la faire revenir pour télétravailler. C’est ridicule », mais reconnaît avoir « proposé de solliciter le ministre de l’Intérieur » sans être allée au bout de la démarche. Le démenti est, hélas, infirmé par les échanges consultés par Libération.

Par ces temps de pandémie, la loi Avia prend donc provisoirement le nom de loi Aviateur. Une disposition qui permet de survoler le confinement entre Paris et le département du Gard, sous condition de respecter une altitude de 1.500 mètres au-dessus des consignes gouvernementales.

19 mars 2020

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