« Le monde autosuffisant de la technique décide dorénavant de toutes les facettes de ce qui nous reste d’existence », écrit Günther Anders, dans L’Obsolescence de l’homme. La réalité s’aligne sur cette pensée. Les Bourses tutoient les sommets, dans le sillage des industries pharmaceutiques et du luxe, tirées également par les valeurs cycliques, au plus haut. Les firmes Pfizer, BioNTech et Moderna battent des records de bénéfices : plus de 1.000 dollars par seconde !

Les systèmes monétaires et financiers, nationaux et internationaux, ont permis de financer les confinements et de rémunérer les individus pendant toutes les périodes de fermeture. Les dettes faramineuses des États sont rendues viables par des taux d’intérêt au plus bas.

Dans ce contexte, le baromètre Elabe-Institut Montaigne-SNCF des territoires en partenariat avec France Info rapporte que « 78 % des Français se disent heureux, dont quatre sur dix très heureux« ». Selon le site France Info, « bien sûr, il y a eu la maladie, les victimes, les morts, la souffrance. Mais finalement, cette situation nous a fait redécouvrir, revisiter ce qui était les ingrédients du bonheur. Cela nous a fait aussi peut-être relativiser un certain nombre de difficultés. Le regard ne se porte pas au même endroit. On a redécouvert un certain nombre de choses qui apparaissent comme essentielles : être en bonne santé d’abord, prendre soin de son corps, avoir des relations avec sa famille, avoir un métier qu’on a choisi, faire des choses de ses mains. » Bernard Sananès, président du cabinet d’étude Elabe, a souligné, mardi 16 novembre, toujours sur France Info, que « la hiérarchie des valeurs avait changé. C’est le monde d’après la crise du Covid-19 pour ces Français qui se recentrent sur les choses essentielles. »

Les gens heureux pourront compter sur la technologie pour se sentir toujours mieux. Distanciation, gestes barrières, masques, éducation, vaccination… En plus des méthodes et des mesures sanitaires préservant la santé et la longévité des individus, le progrès technique permettra de faciliter les relations sociales. Les concepteurs du nouveau dispositif Themis, décrit comme un « produit du politiquement correct », espèrent qu’il apportera ce supplément de bien-être en communauté. Le petit appareil est destiné à être placé au milieu d’un débat et à émettre un avertissement lorsqu’il est déclenché par le son d’un langage interdit, de termes raciaux et de commentaires sur l’image corporelle. Des avertissements ont été intégrés dans un nouveau dispositif conçu pour les salles de classe et les réunions sociales : il émet une alarme lorsqu’il détecte un langage ou des blagues offensants. Ce gadget de la taille d’une lampe est une tentative de « transformer le politiquement correct, en tant qu’idéologie, en un produit », ont déclaré les développeurs (Telegraph.co.uk). Il est actuellement testé en vue d’une utilisation potentielle comme « outil de modération des débats dans des environnements tels que les écoles et les universités britanniques ». Les dîners et les réunions de pourraient également être surveillés par le produit, selon son concepteur, car l’appareil pourrait prendre la parole pour ceux qui, à table, sont offensés par certains sujets de conversation et encourager « l’autocritique » chez les autres.

Zinah Issa, qui a dévoilé le produit lors de la Dubaï Design Week, a déclaré au Telegraph que les alarmes « extrêmement gênantes » déclenchées par un tel langage « durent environ deux minutes, après quoi Themis s’éteint, permettant alors une discussion compréhensive ouverte entre les gens sur l’éventuel sujet déclencheur et les raisons potentielles derrière l’activation de Themis ».

D’autres entreprises high-tech, comme Thalès, travaillent sur tous les domaines de l’intelligence artificielle, des nanotechnologies et du numérique. Le passe sanitaire ou vaccinal, bientôt écologique et puis social ou citoyen, n’est peut-être qu’une étape ou la face émergée d’un iceberg qui se constitue progressivement. Bientôt, les citoyens, heureux ou sous anxiolytiques, codés par intelligence artificielle à travers une administrative numérique, seront peut-être directement gérés par un Big Data qui leur donnerait accès à la vie sociale… ou non. Les rêves les plus fous de la science-fiction rejoignent parfois la réalité.

 

21 novembre 2021

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