Nous traversons une période dans laquelle la peur et l’anxiété sont à leur paroxysme. À tous les niveaux de la société, elles dominent et dictent leurs lois, autant au niveau du citoyen lambda qu’à celui de nos autorités politiques et sanitaires.

Rappelons quelques points importants.

La peur est produite par notre mental (ou ego) qui nous projette dans l’avenir : nous sommes anxieux à l’idée, élaborée par notre mental qui nous coupe du moment présent et, par conséquent, de la réalité du moment, de ce qui pourrait se passer dans quelques minutes, heures, mois. Elle n’a, par conséquent, rien de réel, elle est une absolue illusion de ce que notre mental nous conduit à élucubrer.

La peur n’est pas basée sur la réflexion et l’analyse, car elle ne provient pas de notre cerveau. Ce dernier peut nous amener en effet à réfléchir, à mesurer les risques à prendre face à une situation particulière. Celle-ci vient principalement du lobe frontal. Lorsque nous sommes dans la peur, cette partie de notre cerveau est moins irriguée et devient moins performante, voire très diminuée, ce qui explique qu’une personne anxieuse n’utilise plus correctement sa réflexion. En d’autres termes, elle perd sa capacité de discernement et son bon sens.

La peur entraîne une agressivité réactive. Une personne anxieuse devient intolérante, cassante, agressive, fermée à l’échange de qualité avec elle-même et les autres.

La peur crée une tension physique, psychique très palpable qui, si elle perdure, entraîne toute une série de conséquences néfastes : une augmentation de la tension artérielle, des troubles digestifs, des tensions au niveau de la colonne vertébrale, par exemple. Mais cela entraîne aussi une baisse de l’efficacité de notre système immunitaire qui nous protège très efficacement contre les virus, bactéries et la production de cellules anormales.

Très souvent, derrière la peur se cache une émotion non reconnue, non ressentie et non vécue, telle que la colère, le ressentiment, qui conduit à son tour à une accentuation des tensions ressenties par la personne et qui vont aggraver les troubles cités ci-dessus.

En résumé, une personne dominée par l’anxiété est moins intelligente qu’elle ne l’est réellement, elle perd tout bon sens, est agressive et en fermeture avec elle-même, donc avec l’autre. Elle souffre car elle est tendue physiquement et psychiquement. Elle est une sorte de bombe à retardement car se surajoute la colère maîtrisée qu’elle ne s’autorise pas à vivre. Son système immunitaire est diminué de façon plus ou moins importante et elle peut tomber malade à tout moment.

Comment peut-on penser que de telles personnes puissent raisonner correctement sur des sujets tels que le port du masque, par exemple ? Si chacun, à son niveau, est dominé par ses propres peurs (multiples et variées), on peut difficilement imaginer qu’une politique de bon sens et un respect basé sur l’estime de celle-ci puissent exister…

Que faire afin de sortir de ce cercle vicieux ?

Revenir dans le moment présent en portant notre attention à notre corps physique et à notre corps sensoriel.

Reconnaître, ressentir et exprimer pour soi-même (et non à l’encontre des autres) nos émotions de tristesse, joie et colère.

Tout citoyen (à commencer par les politiciens !) devrait se concentrer sur cette démarche car c’est celle qui nous permettra de retrouver notre bon sens et nos capacités de raisonnement.

De plus, en faisant cela, nous nous ouvrons en premier lieu à nous-même et, comme résultante, à l’autre et aux autres, ce qui ne peut que faire du bien à chacun d’entre nous.

2 août 2020

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