La lutte contre l’antisémitisme prétexte au fourre-tout indigéniste…

Mardi soir, la France émue se rassemblait, une fois de plus, pour manifester son indignation devant les actes antisémites qui se multiplient. Et où se multiplient-ils ?« Dans ce qu’on appelle “les quartiers” », disait Michel Wieviorka sur le plateau de “L’Info du vrai”. Et le même d’expliquer, d’ailleurs, qu’on ne fait rien, concrètement parlant, parce qu’on a toujours en tête le vieux cliché antisémitisme = extrême droite = Hitler = Shoah = Front national… Raison pour laquelle le PS moribond ne voulait pas du compagnonnage de Marine Le Pen sur la place de la République. Or, ajoutait Wieviorka, tant qu’on restera prisonnier de cette équation erronée, on continuera de s’enfoncer dans la barbarie.

Suite logique, le président de la République s’invitait, mercredi soir, au dîner du CRIF, le Conseil représentatif des institutions juives de France. Il y annonçait un durcissement de la législation, laquelle devrait, à l’avenir, accroître le verrou des lois dites “mémorielles” en élargissant la définition, et donc la répression, de l’antisémitisme à l’antisionisme. Cela, nous assure-t-on, en laissant toute latitude au quidam de critiquer la politique d’Israël.

Acceptons-en l’augure… Je crains, toutefois, qu’on ait quelque peine à définir les contours de ce qui est acceptable ou non en matière de critique sur la politique colonialiste de Benyamin Netanyahou.

On penserait, on voudrait croire que les Français sont rassemblés dans la condamnation de tous ces actes et ces propos, faits insupportables dans la société policée où nous prétendons vivre. Mais la réalité est que le “vivre ensemble” tant vanté par les belles âmes est un leurre. La preuve : le « rassemblement alternatif », organisé mardi à l’appel du NPA et des associations antiracistes au cœur du quartier très bobo de Ménilmontant, fief des anars de gauche extrême.

L’objectif, salué par Libération : « Dénoncer la récupération des récents événements par les grandes formations. » Si c’est bien là la raison officielle, d’autres y ont vu « victimisation, complotisme et antisionisme », soit une « étrange soirée indigéniste à Ménilmontant » (Le Point.fr).

De fait, il semble que la dénonciation de l’antisémitisme ait plus été un prétexte qu’un but.

« Ainsi en 2019, une manifestation contre l’antisémitisme peut-elle se transformer en rassemblement d’antisionistes de tous poils unis sous une bannière antiraciste et racialiste », écrit Clément Pétreault. Au menu, donc, « ambiance fumette et keffieh sur gilet jaune décoré de pin’s anarchistes… » pour « un rassemblement engagé par un ensemble d’associations et de collectifs plus réputés pour leur proximité avec les thèses indigénistes, identitaires, racialistes et antisionistes que pour leur combat spontané contre l’antisémitisme ».

La vedette de cette manifestation est Houria Bouteldja, la fondatrice du Parti des indigènes de la République (PIR), grande figure de « l’antiracisme politique » et de « la mouvance décoloniale », auteur d’un ouvrage intitulé Les Blancs, les Juifs et nous. Le Point nous signale la publication, sur son compte Facebook, cette semaine, de plusieurs messages aimables concernant Alain Finkielkraut, dont celui-ci : « Finkielkraut est un raciste patenté. Cela fait vingt ans qu’il insulte les Noirs et les musulmans de ce pays en toute tranquillité. » Et d’affirmer que la charge violente contre l’académicien lors de la manif de samedi dernier était « tout sauf antisémite ».

Si Houria Bouteldja et ses amis ont boudé la manifestation de la République, c’est, dit-elle, parce qu’il existerait à gauche « un étalon du racisme ». Et d’ajouter : « Nous refusons de travestir la réalité : ce ne sont pas les juifs qui sont aujourd’hui la cible du racisme institutionnel. Les cibles actuelles sont des Maghrébins, des Africains, les Roms, les sans-papiers et les migrants. »

Au train où vont les choses, ce sont les Français de souche qui devront bientôt raser les murs…

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