Antisémitisme : Emmanuel Macron ne désigne pas le véritable ennemi

Ainsi, donc, l’antisémitisme serait à nouveau une grande menace pour notre pays, avec 541 faits constatés en 2018, soit une augmentation de 74 %. L’une des mesures annoncées par le « Président » Macron devant le CRIF consiste en la dissolution de trois groupuscules néonazis, certes méprisables, mais plus folkloriques que réellement dangereux. L’important est qu’ils sont classés à l’extrême droite, ce qui permet de diaboliser par amalgame et contagion les adversaires, cette fois les plus dangereux du parti présidentiel, lors des prochaines élections européennes.

Par un tour de passe-passe, l’antisémitisme groupusculaire, nostalgique et archaïque devient le monstre à abattre, quand on sait fort bien que la menace vient d’ailleurs. L’agresseur verbal d’Alain Finkielkraut n’appartient pas à cette mouvance, c’est un converti, salafiste, qui est proche des Palestiniens. C’est donc avant tout un antisioniste qui se situe dans une autre tradition qui remonte au massacre de la tribu juive des Banu Qurayza par les musulmans à Médine, en 627, et se nourrit de la haine d’Israël. C’est une position à la fois islamiste et anti-occidentale, qui correspond à l’islamo-gauchisme, assimilant le combat contre l’État hébreu à la poursuite de la lutte anticolonialiste.

Manifestement, la discrétion sur l’auteur des injures contre Alain Finkielkraut et l’inversion dans la direction désignée des menaces ne sont pas innocentes. Il s’agit de pointer la responsabilité à droite et de tourner résolument le dos à la véritable origine de cette résurgence de l’antisémitisme : l’islamisme présent dans une part importante d’une immigration africaine de plus en plus considérable.

Il est pourtant facile de faire la liste des victimes juives assassinées, ces dernières années, par Mohammed Merah, Amedy Coulibaly, Kobili Traoré ou Yacine Mihoub… qui n’appartenaient pas à l’extrême droite. Bien sûr, M. Macron a cité l’islamisme, en précisant « radical », mais contre lui, pas d’interdiction, pas de dissolution, pas d’expulsion, pas de lien avec l’immigration, seulement des actions sociales et éducatives sur les quartiers : améliorer l’eau, sans arrêter l’inondation.

Que penser d’un « président de la République française » qui fait en sorte que le peuple qu’il dirige, et doit préserver du danger, tourne le dos à celui-ci pour faire face à un ennemi imaginaire ? Certes, on peut saluer son talent d’acteur et son sens du théâtre lorsqu’il prononce un discours. Mais le comédien ne nous intéresse pas : en ne désignant pas le véritable ennemi de la France, et donc des Juifs français, il affaiblit notre défense et notre réaction. L’ennemi, ce n’est pas la haine, pas la haine de l’autre, des abstractions, c’est l’autre qui nous hait, Juifs français et Français non juifs.

Ce ne sont pas les groupuscules néonazis, ce n’est pas le fantôme d’Hitler, agité par des hurluberlus, qui menacent la France, mais l’absorption indigeste d’une population qui importe parfois avec l’islam les germes d’un nouvel antisémitisme qui se marie fort bien avec la détestation de l’Occident, et de la France en particulier. C’est lui qui fait fuir les élèves juifs des écoles de la République. Il est vrai que cet ennemi-là n’est pas celui de Macron et de son parti…

La France n’aurait pas connu cela depuis 1945 ? Effectivement, la France n’a pas connu cela pendant longtemps : une limitation sans cesse resserrée de la liberté d’expression, une conception de plus en plus autocratique du pouvoir. Pourtant, avec les derniers développements « des » affaires Benalla, M. Macron a davantage de comptes à rendre que de leçons à donner !

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