Les personnes de sexes masculin et féminin (« et » exclusif de logique combinatoire) sont-elles condamnées à s’entre-déchirer comme deux sous-espèces hostiles d’un même genre humain ? C’est ce vers quoi les misandres féministes et des mâles refoulés semblent vouloir nous conduire.

On connaît La Guerre des mondes, thème de science-fiction récurrent depuis la publication, en 1898, du roman de H.G. Wells dans un contexte angoissant de recomposition des équilibres mondiaux. Son presque homonyme Orson Welles en a fait un feuilleton radiophonique qui a effrayé la population et défrayé la chronique en 1938, dans un autre contexte anxiogène de montée des fascismes.

En ce début de XXIe siècle angoissé par l’attrition de ses ressources naturelles et par l’appel du vide artificiel, les tensions communautaires croissantes semblent découler de totalitarismes idéologiques et technologiques. Parmi elles, celle entre femmes et hommes pourrait, en théorie, conduire à une « guerre des sexes » suicidaire.

En effet, le rouleau compresseur médiatico-moraliste n’en finit pas d’encourager (et de s’en repaître) les dénonciations sélectives d’histoires croustillantes de domination mâle injuste car inégalitaire, brutale voire cruelle. Les extraterrestres, à la recherche desquels des milliards d’euros sont consacrés chaque année, auraient-ils réussi à diviser ainsi l’espèce humaine pour mieux la neutraliser ? La génération spontanée d’idéologies séduisantes car innovantes mais plus involutives que révolutionnaires paraît étayer cette thèse.

En poussant cette logique absurde, souhaite-t-on une expatriation martienne des mâles grâce au programme scientifique ExoMars en cours de réalisation, et des femmes vers Vénus par un programme ExoVénus à venir ? Ceux qui ne se reconnaissent pas dans l’un des deux sexes iraient-ils alors vers Jupiter avec leur champion macronien des minorités ? Les « progrès de la science » n’ayant pas (encore) mis au point une formule hermaphrodite, ni l’intelligence artificielle trouvé le moyen de se passer de corporéité, se posera la question de la pérennité de notre espèce.

Sérieusement, au-delà de la mise en scène lourde de drames personnels sans portée universelle, on peut s’interroger sur les motivations et les objectifs de cette campagne orchestrée et lassante de discrimination négative envers les hommes. Contre-productive, elle ne parviendra pas, par la seule force de lois stupides qui tuent la spontanéité des relations humaines, à modifier le comportement d’une minorité qui se comporte mal, mais rend déjà pénible le quotidien de tous ceux qui ont une vie mutuellement épanouissante avec des femmes.

On comprend bien la logique d’activistes qui, par esprit de revanche, revendiquent parfois jusqu’à l’hystérie un rattrapage historique de pouvoir au nom des souffrances subies par leurs ancêtres ou contemporaines. Le soutien inconditionnel dont font preuve certains hommes peut s’expliquer de diverses façons plus ou moins sincères et intéressées ; ce qui ne rend pas plus coupables ni responsables la majorité des hommes qui vivent en accord avec les femmes qu’ils considèrent comme leurs égales en dignité humaine. On observera tout de même que les féministes les plus virulentes ne sont pas celles qui ont elles-mêmes subi des injustices, mais savent exploiter à leur profit celles subies par d’autres.

En réalité, les sociétés occidentales, dont la France, n’ont jamais été aussi féminisées et le droit des femmes n’a jamais été aussi reconnu et protégé qu’à notre époque ; c’est probablement ce qui rend les injustices résiduelles plus saillantes et insupportables.

La Guerre des mondes se termine par la destruction des Martiens, non immunisés contre les microbes terrestres. Évitons, si possible, le scénario uchronique d’une « guerre des sexes » fratricide et suicidaire.

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