Editoriaux - Société - 17 janvier 2020

La famille, une institution malmenée

Les chiffres de l’INSEE sont tombés cette semaine. Si, pour la première fois, la France dépasse la barre des 67 millions d’habitants et affiche une insolente position « du pays le plus fécond en Europe », ne nous réjouissons pas trop vite…

Moins de bébés et plus d’âgés, moins de mariés et plus de « pacsés », telle est la France de 2019. Des chiffres qui rappellent l’urgence à proposer une politique nataliste et familiale digne de ce nom. En plein débat sur la réformes des retraites, il ne serait pas complètement inopportun de réinciter nos concitoyens à fonder une famille d’une part, et mettre des enfants au monde d’autre part. Il en va, au moins, de notre système par répartition !

La question n’est pas à prendre à la légère quand « certains n’hésitent pas à sacrifier leur appareil reproducteur sur l’autel de la sauvegarde de la planète », lisait-on dans Marianne, l’an dernier. À force de n’entendre parler que d’urgence climatique, des jeunes en arrivent à se demander s’ils doivent polluer ou pulluler ? Si la bonne conscience écologique n’est certainement pas encore significative, espérons-le, dans cette baisse du nombre de naissances, il faut cependant savoir qu’elle existe.

L’INSEE nous apprend qu’en 2019, « 753.000 bébés sont nés en France, soit 6.000 naissances de moins qu’en 2018 (-0,7 %). Le nombre de naissances baisse chaque année depuis cinq ans, mais à un rythme qui ralentit au fil des années. » Si l’INSEE présente ces chiffres comme une stabilisation, les Associations familiales catholiques préfèrent dénoncer, quant à elles, « les conséquences logiques des coups de rabot successifs sur la politique familiale appliqués depuis 2014 par le gouvernement précédent. Elles rappellent que le plafond du quotient familial a été abaissé à 2 reprises en 2013 et 2014, puis que les allocations familiales ont été mises sous conditions de ressources en 2015. »

Même constat pour Jérôme Fourquet, dans Le Figaro : « Les parents de deux enfants, notamment, sont de moins en moins incités à en accueillir un troisième. »

Autres points que révèle ce baromètre : « L’espérance de vie continue de progresser », note l’INSEE, et la France vieillit « avec l’avancée en âge des baby-boomers ». Bienvenue dans un pays de vieux et dont une partie de la jeunesse peine à croire en l’avenir. L’institution mariage est-elle en passe d’être détrônée par le PACS ? 227.000 en 2019, contre 234.735 en 2018, le nombre de mariages baisse quand celui du PACS connaît la tendance inverse : 209.000 en 2018, soit 13.000 de plus que l’année précédente.

Has been, la famille ? Si l’institution se dégrade dans les chiffres, et demeure malmenée par nos politiques, nul besoin d’attendre les sociologues pour nous rappeler qu’outre son rôle protecteur de lutte contre la précarité (l’éclatement de la famille impactant souvent les conditions de vie), elle reste une valeur refuge pour la plupart d’entre nous. Question de bon sens, tout simplement. D’après l’OCDE, la France est championne du monde de la dépense sociale. À quand une politique familiale plus généreuse ?

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