Editoriaux - Santé - Société - 18 mai 2019

La dernière des féministes : la grève du sexe !

L’histoire retiendra-t-elle que le féminisme serait la première manifestation embryonnaire du transhumanisme ?

Lire la suite

Lire la suite

Si le féminisme veut arracher la condition féminine à sa nature, le transhumanisme, lui, n’a-t-il pas pour vocation d’arracher la condition humaine à cette même nature ? Mais encore, le féminisme ne confirmerait-il pas ce lien du fait qu’il est le premier mouvement sociétal à avoir bien intégré les subtilités de l’intelligence artificielle ? Horreur, malheur, si ce mouvement n’existait pas, que monotone serait notre existence, que de franches rigolades ratées ! Il n’est pas une occasion où ce mouvement ne démontre son avancée dans le domaine de la clairvoyance potiche.

La dernière nous vient de l’actrice féministe Alyssa Milano, qui a appelé à une « grève du sexe » pour protester contre un nouveau projet de loi dit Heartbeat Bill, de l’État de Géorgie, projet prohibant l’avortement dès la détection du battement cardiaque fœtal, décelé dès la 6e semaine de gestation. « Nos droits en matière de procréation sont en train d’être effacés », criait-elle, « jusqu’à ce que les femmes aient le contrôle légal de leur propre corps, nous ne pouvons risquer de tomber enceintes. Rejoignez-moi dans l’abstinence sexuelle tant que nous n’aurons pas retrouvé notre autonomie corporelle, car celui qui contrôle la reproduction a le pouvoir. » En ni une ni deux, le hashtag #sexstrike fut dégainé.

En même temps, le Sénat de l’Alabama, dirigé par les républicains, vient de délégaliser l’avortement, déclenchant une mécanique juridique qui mènera possiblement à la révision, par la Cour suprême des États-Unis, de l’arrêt Roe vs Wade légalisant l’IVG. Ce projet, le plus restrictif du pays, interdit la quasi-totalité des interruptions volontaires de grossesse et prévoit une peine de 10 à 99 ans de prison pour les médecins avorteurs, sauf en cas d’urgence vitale pour la mère ou d’anomalie létale du fœtus. Crise d’apoplexie féministe assurée ! Blasphème à l’encontre des valeurs républicaines garanti ! Halte à l’IVGphobie ! En guise de représailles, le mannequin Emily Ratajkowski a posté une photo d’elle-même nue sur les médias sociaux jeudi. Le langage corporel se substitue à celui du cerveau.

De nombreuses femmes ont critiqué cette grève, le front commun génital intersectionnel se fissure. Notre secrétaire d’État à l’Égalité entre les femmes et les hommes ne s’est pas fait trop mousser à l’idée. « Faire la grève du sexe, c’est aussi se priver soi-même »/em> : dixit Marlène Schiappa. La lumière de la République des Lumières sauve l’honneur et, les mâles blancs cis hétéro privilégiés sont reconnaissants. Ave Marlène, pecora coitura te salutant !

Sexstrike, donc. Sus au missionnaire, sus au 69, pour toutes ces bouffeuses chroniques de curés, il n’y a que la position de 68 qui vaille. Simone.s sinon rien ! Elles utilisent leur corps comme moyen de pression pour promouvoir leur stratégie politique. La politicisation du sexe, le réquisitoire du vagin contre les lois dites avorticides, considérées comme une tentative d’effacer les prérogatives infanticides acquises sous couvert d’autonomie corporelle. Le sexe se transforme en monnaie d’échange, en levier de pouvoir sociétal.

 

À lire aussi

Vous avez dit « ambiance de fête » ?

En réaction au dernier attentat de Londres, Nigel Farage, chef du parti eurolucide Brexit,…