Editoriaux - Santé - Sciences - 18 mai 2019

Un juriste peut-il prendre parti sur l’homéopathie ?

Oui, un non-médecin, non-pharmacien, le peut pour au moins quatre raisons.

Une première raison, indestructible, en tant que patient satisfait. Non seulement pour moi-même mais pour avoir constaté les excellents résultats sur un nouveau-né faisant ses dents (j’ai pu dormir et travailler le lendemain), sur un cheval, un chien et un chat : bonjour et au revoir l’effet placebo ! Je précise aussi, en tant que nageur méditerranéen, que le seul traitement efficace et quasi immédiat de l’atroce piqûre de vive est l’homéopathie, dont toutes les pharmacies des plages ont des stocks, écoulés en fin de saison.

La deuxième raison est que je n’ai aucun intérêt d’aucune sorte dans les laboratoires pharmaceutiques, n’ayant participé à aucune croisière ou congrès exotique. Et que ceux-ci alimentent si souvent la gazette judiciaire – que là, je connais aussi bien que les médecins – et que chaque citoyen a de bonnes raisons de s’en méfier. Je n’ai pas, non plus, de confrère concurrent installé deux rues plus loin qui prospère avec l’homéopathie.

La troisième raison est la logique (les juristes la pratiquent toute leur vie) car, pendant des lustres, le cheval de bataille des médecins vengeurs était, en gros, « L’homéopathie, ça ne marche pas parce qu’on ne sait pas comment ça marche ». Je force à peine le trait : en réalité, ce que disaient – et disent encore beaucoup – les médecins, c’est que les très grandes dilutions d’une molécule active (ce qui est le cas des produits homéopathiques) font que son principe initial n’est plus mesurable dans un granule. Soit. Mais a-t-on fait des études épidémiologiques et statistiques pour démontrer ou infirmer le dépassement de l’effet placebo ? Quand bien même il n’y aurait que l’effet placebo (environ 25 %), faut-il en priver les souffrants au nom d’un intégrisme scientifique ? Je propose que l’on fasse un essai sur les 124 médecins signataires de la tribune publiée en mars 2018 et sur les membres des académies de médecine et de pharmacie. On leur ferait une injonction de venin de vive dans la plante du pied ; puis on en laisserait un tiers dans leurs affres, un tiers absorberaient un placebo, le dernier tiers ayant droit à l’homéopathie…

Il y a une quatrième raison, scientifique : la ”mémoire de l’eau”. La façon dont fut traité feu le Dr Benveniste par la communauté scientifique fut indigne (Charpak allant jusqu’à se faire accompagner d’un…illusionniste dans son labo) mais pas surprenante pour l’universitaire que je suis car il y a, hélas, d’innombrables exemples de lynchages académiques, les médiocres besogneux étant bien plus nombreux que les intelligences originales et créatives, si rares, qui attirent de féroces jalousies et attisent la course au pouvoir universitaire. La politique et l’argent viennent aussi interférer, ce qui se vérifie très souvent en sciences, en économie, en histoire et en droit. Dans son ouvrage posthume (Ma vérité sur la mémoire de l’eau, 2005) le Dr.Benveniste ouvre des perspectives sur la compréhension des caractéristiques électromagnétiques de H2O . Deux prix Nobel appuient cette recherche : Brian D. Josephson, Nobel de physique, et le Pr Luc Montagnier, Nobel de médecine, mis au rancart à sa retraite à 65 ans et recruté immédiatement à l’étranger. D’autres étrangers ont repris et confirmé les travaux du Dr. Benveniste : notamment les universités de Boston (USA), de Perugia et le centre de recherche CIFA à Rome (Italie) ont reproduit certaines expériences de Benveniste et d’autres travaux ultérieurs ont montré que l’activité biochimique de dizaines de systèmes biochimiques et même bactériens peut être induite par des signaux électromagnétiques transmis au travers de solutions aqueuses. On ajoutera le consortium de quatre laboratoires de recherche indépendants, en France, en Italie, en Belgique et en Hollande, dirigé par le Pr M. Roberfroid (Belgique), ou le Pr Peter C.Endler (Autriche).

Un juriste pouvait-il ? Dans le Ménon, un des grands dialogues socratiques, Platon montre de façon géniale et rigoureuse que l’intelligence d’un enfant, esclave, alphabète, encadré d’une solide méthodologie, peut tout penser. Or, ici, la méthodologie, à tout le moins, n’est pas bien claire.

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