Editoriaux - Politique - 15 avril 2019

La campagne des européennes en coma dépassé

Pas grand monde dans les meetings, des débats télé aux audiences minimalistes : la campagne des européennes ne fait pas recette. Pour rendre compte de cette désaffection du public, Le Huffington Post est allé consulter ses partis politiques préférés : La France insoumise, EELV, En marche !, l’invraisemblable Raphaël Glucksmann… Rien à faire. Les salles sont à moitié vides. Parfois aux trois quarts… Presque complètement, par beau temps…

Au beau milieu de ses fiascos, comme à son habitude, l’homme politique est réjoui. Pétulant de bonheur. Dans un bâtiment apparemment prévu pour accueillir une foule immense,le grand meeting EELV n’a attiré que 700 personnes. Qu’à cela ne tienne, Yannick Jadot affiche une satisfaction agrémentée malgré tout d’une pincée d’ésotérisme. « Au-delà de rassembler la famille, l’objectif d’un meeting, c’est d’être diffusé sur les chaînes d’info. Or là, elles nous ont dit que c’était trop tôt. » La télé n’est pas venue non plus. « Ça veut tout dire », ajoute-t-il. Comprenne qui pourra.

La France insoumise triomphe à Amiens avec seulement 40 sièges inoccupés. Les autres étaient pleins à craquer. Parfois deux militants sur une seule chaise ! En tout, presque 1.000 personnes sont venues ! Jean-Luc Mélenchon s’est roulé par terre, François Ruffin l’a raisonné… Quel show ! « Qui, à part nous, peut revendiquer 800 personnes à Nîmes, 700 à Saint-Brieuc ? » Bastien Lachaud exulte. Céline Dion ne parvient pas à de tels résultats. Surtout à Saint-Brieuc.

Nathalie Loiseau s’envole à Paris, avec 3.000 spectateurs. Dans les docks d’Aubervilliers, plus exactement. À la sauvage. Au milieu des cageots, des cartons… Un rabat-joie anonyme cité par Le Huffington Post casse l’ambiance : « 3.000 à Paris, ce n’est pas la folie non plus. Il faut juger avec des villes comparables. » Compte tenu de l’absolue insipidité des interventions de la candidate, l’importance de l’auditoire est à ranger dans la rubrique « paranormal ». Étaient-ils envoûtés ? Amenés là sous la menace d’un contrôle fiscal ? Le mystère est entier. À toutes fins utiles, des recueils de mots fléchés étaient distribués à l’entrée. Certains avaient apporté un tricot à finir, du courrier en retard…

Et le meilleur pour la fin avec l’indomptable Raphaël Glucksmann qui est parvenu à réunir 500 égarés de la gauche dans le stade Ernest-Wallon de Toulouse. Là encore, énorme succès pour le responsable de la fédération socialiste locale : « On avait mis 350 chaises, on en a ajouté 150 et il y avait du monde debout. » Comme convenu, l’orateur n’a rien dit de précis, excepté qu’il voulait sauver la gauche et les marchands de chaises. La pénurie menace. « Le thème est porteur », a constaté l’un des dirigeants de Place publique.

Entré dans un coma profond au cours du meeting de Nathalie Loiseau, le reporter du Huffington Post n’a, hélas, pas eu la possibilité de rendre compte du taux de remplissage des réunions électorales de Debout la France et du RN. Les médecins tentent actuellement de le ranimer pour qu’il termine son travail.

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