Audio - Editoriaux - Histoire - Politique - Tribune - 8 avril 2018

Jusqu’à l’affaire Ramadan, Edwy Plenel avait inspiré aux journalistes une sorte de crainte révérencieuse

Le soutien d’ aux terroristes palestiniens, qui tuèrent onze athlètes israéliens en 1972, lors des Jeux olympiques de Munich, a refait surface la semaine dernière sur les réseaux sociaux. Pourtant, l’affaire était connue depuis longtemps, comme le rappelle Gilles-William Goldnadel au micro de Boulevard Voltaire.

Le sombre passé d’Edwy Plenel commence à faire surface.
Il avait signé une tribune légitimant l’attentat contre les athlètes israéliens pendant les Jeux olympiques de 1972. Quelle est votre réaction ?

Cette histoire est très intéressante. Personnellement, je n’ai rien découvert. Il suffisait de regarder la fiche Wikipédia d’Edwy Plenel pour le savoir. Cela est également mentionné dans un livre critique qui lui est consacré. C’est donc un peu comme la lettre volée. Elle est sur le bureau, mais personne n’y fait attention.
Jusqu’à présent, ou du moins jusqu’à l’affaire Ramadan, Eddy Plenel avait généré chez les journalistes une sorte d’admiration excessive, ou en tout cas de crainte révérencieuse. Ce n’est plus tout à fait le cas maintenant.
Edwy Plenel s’est en effet très largement déconsidéré en prenant fait et cause pour Ramadan pendant ces affaires de viols et en disant très clairement que Ramadan était attaqué parce qu’il était musulman. La posture qu’il a prise pendant cette dernière période l’a largement décrédibilisé même aux yeux de ses plus vibrants thuriféraires.
Pour autant, même au moment où je vous parle, beaucoup de journalistes ne veulent pas encore voir les tristes évidences.
Par ailleurs, concernant cette histoire d’attentat, cela fait plusieurs semaines que je lui demande respectueusement de bien vouloir s’expliquer par rapport à cette affaire. Il a refusé pendant un moment. Puis avec le relaiement sur les réseaux sociaux de ma question, il a condescendu à répondre, non pas à la personne qui vous parle, mais il a préféré se confier à la plume peut-être moins acérée de Libération. Il y agrémente sa réponse, qui constitue en fait à la fois un aveu, une confession et des excuses, de beaucoup des circonlocutions habituelles quand on parle du camp dans lequel il se trouve.
On nous fait comprendre d’abord que ça va faire le jeu de l’extrême droite. Ensuite, il continue évidemment de soutenir les Palestiniens. Il défend également le droit de critiquer les Israéliens sans être taxé d’antisémitisme.

On peut critiquer la politique de Netanyahou sans être antisémite, non ?

Bien sûr. On critiquait d’ailleurs, avant Netanyahou, la politique des travaillistes qui n’était pas très différente de sa politique. Israël est d’ailleurs sans doute l’État le plus observé, le plus admonesté et le plus critiqué au monde.
Je dis bien entendu que je ne suis pas du tout étonné que dans sa période Rouge, puisque c’était dans Rouge qu’il s’était exprimé sous alias, qu’il ait été aussi vindicatif envers les Israéliens.
Mon étonnement pourrait quand même être de rigueur, car il faut quand même une très bonne dose de détestation, d’agressivité et de haine pour se réjouir de la mort d’athlètes dans le cadre des Jeux olympiques.
On ne parle pas de policiers ou de soldats qui seraient tués en Israël, mais d’athlètes tués dans le cadre de l’olympisme.

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