Armées - Editoriaux - 1 décembre 2019

Julien Carette : le poignant hommage de tout son village et de tout un département

Notre petit département de Lot-et-Garonne a été cruellement meurtri par la mort de nos treize soldats, lundi, au Mali : deux de ces héros, sans y être nés, y avaient passé une bonne partie de leur jeunesse. Clément Frison-Roche avait été collégien puis lycéen à Villeneuve-sur-Lot, où sa famille est installée depuis longtemps, et Julien Carette, né à Roubaix, était arrivé à Layrac, au sud d’Agen, avec ses parents, en 1994.

C’est ce qu’a rappelé, samedi matin, devant le monument aux morts du village, en présence de ses parents et de plusieurs centaines de Layracais et d’autres Lot-et-Garonnais, le maire du village, lors d’un hommage officiel chargé d’émotion. Devant de nombreux pompiers, gendarmes, anciens combattants, élus (parlementaires et présidente du conseil départemental), la préfète a aussi retracé le parcours de l’adjudant-chef Carette, depuis son engagement au 48e RT d’Agen à l’âge de 18 ans. Ses compétences, son engagement, ses grandes qualités lui avaient valu d’être sélectionné pour participer à plusieurs opérations extérieures. « Il méritait le respect, et il est mort en combattant, dans une opération antiterroriste », a-t-elle ajouté. Il a servi la France pendant plus de 17 ans.

Le 48e RT, c’est une part d’Agen et du département, de leur histoire. L’émotion y est grande. C’est là que beaucoup de Lot-et-Garonnais ont fait leur JAPD, et aujourd’hui leur JDC, comme nos enfants. C’est là que plusieurs de nos élèves vont régulièrement en stage. Et à la gare d’Agen, on croise régulièrement nos soldats. Nul doute que, désormais, même les Lot-et-Garonnais les plus indifférents à ces choses les regarderont avec la reconnaissance qu’ils méritent.

Du 5e RHC de Pau comme le capitaine Frison-Roche, Julien Carette incarnait un autre parcours, comme il y en a tant dans nos armées, capables de réunir des hommes et des femmes aux origines et aux compétences différentes, mais mobilisés par le même idéal, le même engagement.

Enfant du Lot-et-Garonne, on ne peut qu’être bouleversé par le destin de ces deux héros morts pour la France. Bouleversé mais aussi admiratif : Julien Carette, comme Clément Frison-Roche, était marié et père de famille. Engagement, pour eux, se déclinait au pluriel, en grand, au loin, mais aussi ici, dans le dévouement à leurs proches.

Dans le département, l’émotion est forte, comme en témoignent les très nombreux mots laissés dans les livres de condoléances ouverts dans les mairies.

Durant ces jours de douleur qui conduiront les familles, lundi, aux Invalides, mardi à Pau, avant les obsèques, nous les assurons de nos pensées et de nos prières.

Toute la rédaction de Boulevard Voltaire se joint à moi et présente à la famille de Julien Carette ses sincères condoléances.

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