Joachim Véliocas : « La liste de l’UDMF est celle d’un parti musulman conservateur aux revendications communautaristes »

La 34e liste « Une Europe au service des peuples » a finalement été validée pour les élections européennes C’est celle du parti de l’Union des démocrates musulmans de France (UDMF).

Qui sont les dirigeants de ce parti, pour quelles revendications ? Faut-il craindre l’installation d’un vote communautariste dans le paysage politique français ? Réaction de Joachim Véliocas au micro de Boulevard Voltaire.

La liste de l’Union des démocrates musulmans a fait son apparition aux élections européennes. Pouvez-vous nous parler de cette liste ?

« L’Union des démocrates musulmans » a émergé en 2012. Ils s’étaient présentés aux élections locales et régionales. Aujourd’hui, ils font leur apparition sur la scène nationale.
À partir du moment où cette liste demande de retirer la loi de 2004 sur les signes religieux dans les écoles publiques, on comprend qu’elle comporte des revendications clairement islamistes. Lors de ses passages télévisés, Nagib Azergui, le président de ce parti, demande le retrait de cette loi qu’il considère comme liberticide. Il veut que les petites filles soient voilées dans les collèges et les lycées.
Leur programme ne se résume pas à cela, mais c’en est tout de même le cœur. Il dit qu’on a trop laissé faire certains philosophes comme Alain Finkielkraut et Michel Houellebecq. Il veut combattre ces philosophes et écrivains et faire condamner, en France, ceux qui disent qu’il y a trop d’immigration musulmane. C’est vraiment un parti liberticide.
Je cite un de leur propos : « Aujourd’hui, on peut dire que nous sommes envahis par les musulmans sans être condamné. » Il se plaint donc qu’il n’y ait pas de condamnations.
Il a partagé une publication pour féliciter le président islamiste, Recep Tayyip Erdoğan, lorsqu’il a gagné les élections. Lorsqu’il félicite l’équipe de France, c’est uniquement pour louer sa diversité avec des photos illustrant Sidibé et Pogba faisant la prière islamique. Vous avez donc bien compris la logique de ce parti musulman et conservateur qui soutient, malheureusement, des revendications liberticides. Il veut faire condamner les propos qui critiqueraient l’islamisation de la France.

Les organisations musulmanes à vocation politique sont toujours issues d’un mouvement ou d’un pays. L’Union des démocrates musulmans concerne-t-elle tous les musulmans de France ou seulement une partie de la communauté ?

Il y a plusieurs nationalités. Le président, lui, est né en France. Il est étonnant de voir sur cette liste le géopolitologue Bassam Tahhan. Il avait eu un discours très critique contre les islamistes en Syrie et avait rétabli des vérités sur la propagande anti Bachar el-Assad et pro-rebelles soi-disant modérés.
Nagib Azergui, le président de l’UDMF, a critiqué l’idée de déchéance de la nationalité pour les djihadistes binationaux, faisant ainsi le jeu des islamistes en France. Il est contre l’idée de retirer la nationalité française pour les binationaux qui se sont rendus coupables. J’ai fait un montage de toutes les citations de cet homme à ce sujet, et notamment de son intervention sur la chaîne salafiste saoudienne Iqraa lors de laquelle il dévoile le fond de sa pensée. On se rend compte qu’il insiste à chaque fois sur le fait qu’il est horrible de déchoir les djihadistes de la nationalité.

Le vote communautariste musulman fonctionne-t-il dans les démocraties occidentales ?

Non, pas encore. Beaucoup de musulmans veulent voter pour des partis laïcs. Il est donc compliqué d’avoir toutes leurs voix. Ils n’ont pas envie d’avoir des islamistes au pouvoir. C’est très prématuré au niveau national.
En revanche, aux élections locales, certaines listes peuvent faire basculer. En Belgique, la propagande de certaines de ces listes est en turc ou en arabe. Les scores de ces listes sont un peu élevés. Concernant les élections locales, en France, on a constaté des pointes à environ 5 %. C’est vraiment le balbutiement. Mais c’est un début inquiétant.

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