Une immense affiche d’un gilet jaune a été installée sur la façade de la mairie de Morbecque, dans le Nord. Jérôme Darques, le maire de cette commune périurbaine, reçoit tous les jours des administrés qui lui font part de leur désarroi et de leur colère face à la pression fiscale.

Il témoigne, au micro de Boulevard Voltaire, des raisons de son soutien au mouvement du 17 novembre.

Vous êtes le maire de Morbecque, dans le Nord. Le fronton de votre mairie affiche, aujourd’hui, un immense gilet jaune. On imagine que c’est en soutien à la manifestation de demain… Pourquoi soutenir cette manifestation du 17 novembre ?

À travers mes permanences de maire, je rencontre des gens qui me disent qu’ils n’en peuvent plus. J’entends et sens poindre une colère profonde à ce sujet. On verra ce que donnera la manifestation de demain. Dans une commune périurbaine comme la mienne, je ressens vraiment une colère poindre.

Cette colère est-elle fondée uniquement sur l’augmentation du diesel ?

Non, c’est un tout. Naturellement, la hausse du coût du diesel ou de l’essence impacte directement les gens. Dans une commune comme la mienne où les gens doivent se déplacer en voiture pour aller travailler, ils ne peuvent que le remarquer. Nous avons également les gens qui se chauffent au fioul.
Depuis que monsieur Macron est là, l’augmentation du prix du diesel est estimée à 37 % en plus.
Je ne parle que des taxes et non pas du prix naturel du baril de pétrole, qui augmente au fil des années.
Il y a aussi la baisse des APL d’un montant de cinq euros. Cinq euros, pour certains foyers, c’est très important. Ensuite, on peut parler de la CSG pour les retraités, c’est dix à douze euros par mois en moins. J’ai la chance de ne pas devoir compter au jour le jour, mais je reçois des gens qui doivent réellement compter au jour le jour.

C’est une addition de petites choses qui, au final, pèsent énormément sur le budget des foyers…

Comme le disent ceux qui ont monté ce mouvement, même si le mouvement n’est pas réellement incarné, et tant mieux, les gens sont réellement excédés.

Depuis votre élection à la mairie de Morbecque, en 2014, vous avez connu deux Présidents…

Je suis, effectivement, maire depuis 2014. Je connais bien cette ville. J’étais, auparavant, attaché parlementaire. Je suis, en fait, dans la politique depuis 1995. Contrairement à ce que l’on pense, c’est un métier. Je vous dis sincèrement que je sens quelque chose qui gronde.

Nous avons appris, il y a quelque temps, qu’Emmanuel Macron ne se rendrait pas au congrès de l’AMF, l’Association des maires de France. Est-ce un signal ?

C’est, une fois de plus, un mépris. Où sont les corps intermédiaires et les syndicats ? Ils sont à la rue ! FO, par exemple, est dans un merdier pas possible. Je considère que le gouvernement actuel s’en fout totalement.

16 novembre 2018

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