Jean-Pierre Grand, sénateur LR de l’Hérault, a déposé un amendement à la loi Avia destinée à lutter contre la haine sur Internet. Le but : protéger l’identité de tous les agents de tous les services des forces de l’ordre qui, depuis la crise des gilets jaunes, sont devenues des cibles via les vidéos qui circulent sur Internet.

Cet amendement est-il une énième limitation à la liberté de la presse ?

Réponse de l’intéressé au micro de Boulevard Voltaire.


Dans le cadre de la proposition de loi de lutte contre la haine sur internet, vous avez proposé un amendement visant à interdire les diffusions de photos ou de vidéos des forces de l’ordre. Depuis le début du mouvement des Gilets jaunes, de nombreuses vidéos ont permis d’identifier des policiers accusés de violences. Aujourd’hui, plusieurs sont victimes de harcèlement et d’agressions.
Pouvez-vous nous présenter cet amendement ?

Jusqu’à présent, il y avait une loi de 2011 qui préservait l’anonymat. Son application était limitée aux agents du RAID et du GIGN. Aujourd’hui, la menace a changé. Les forces de l’ordre sont de plus en plus victimes de contenus haineux sur internet, accompagnés bien souvent de leur identité. La presse en a fait largement l’écho. Ils sont même parfois agressés à leur domicile. Tout cela est évidemment inacceptable.
Les forces de l’ordre sont soumises à des pressions et à des agressions inacceptables. Il faut les protéger, ainsi que leur famille. Je propose donc d’élargir cette protection de l’identité à tous les agents sans distinction d’unité et de service. Ce n’est pas très compliqué. La police nous protège, mais nous, les parlementaires avons aussi le devoir de protéger la police.

Y a-t-il y un risque d’atteinte à la liberté de la presse ?

On peut tout dire. La liberté de la presse, c’est bien. Mais il faut aussi préserver la démocratie. Internet n’est pas que la presse, c’est tout le monde. Ce n’est pas la presse qui harcèle, dénonce les policiers et essaie de diffuser leur identité et leur lieu de domicile, mais des gens dangereux pour la démocratie. Il faut tout faire pour que cela cesse.