, député Les Républicains de Paris, est mort des suites du Covid-19, à l’âge de 75 ans.

Au micro de Boulevard Voltaire, Jean-Paul Gourévitch évoque le souvenir de celui avec lequel il a échangé lors de groupes de travail sur les questions migratoires, avec notamment un rapport sur l’aide médicale d’État, qu’il souhaitait encadrer rigoureusement.

 

Claude Goasguen nous a quittés. Pour ceux qui ne sont pas Parisiens, Claude Goasguen était le maire emblématique du XVIe arrondissement de Paris. Il a aussi été député et très brièvement ministre sous Jacques Chirac. Qui était Claude Goasguen ?

J’ai connu Claude Goasguen comme député. J’ai participé et animé des groupes de travail qu’il a fait à l’UMP sur les problèmes de migration. Même si Goasguen avait un tempérament assez volcanique, il a fait un véritable travail sur l’immigration et mérite un véritable hommage. Lorsqu’il a cosigné le rapport sur la bi nationalité avec Manuel Valls, j’ai rarement vu mieux que les propositions qui ont été faites.
Lorsqu’il a cosigné avec le député socialiste, Sirugue, le rapport sur l’aide médicale d’État, il a fait un travail absolument remarquable.
Alors qu’une grande partie de la droite voulait supprimer l’aide médicale d’État, lui a dit qu’il ne s’agissait pas de la supprimer, mais de l’encadrer. Il a donc fait voter cette proposition. Il a demandé que toute personne inscrite à l’aide médicale d’État paye une cotisation de 30 euros. Non pas pour des raisons financières, mais pour éviter qu’un certain de Français se disent qu’ils payent leur santé, alors que les étrangers en situation irrégulière ne payent rien. Il a fait là un véritable travail civique. La première mesure appliquée, lorsque Hollande est arrivé au pouvoir, a été de supprimer ces 30 euros. Cela a généré une xénophobie et un rejet de la part des gens. L’intelligence de Goasguen n’a pas été de supprimer l’aide médicale d’État tout en dénonçant son augmentation et ses abus, mais plutôt d’essayer de l’encadrer.

Claude Goasguen était-il un esprit intelligent ?

Au niveau des députés de droite, il était peut-être celui qui avait la meilleure connaissance des problèmes de migrations. D’après lui, ces problèmes ne se régleraient pas par des slogans ou par des mouvements de mentons, mais par un travail permettant d’aller vers une immigration choisie et maîtrisée. Malheureusement, ses adversaires ne l’ont pas reconnu comme tel. Il l’ont classé comme extrémiste. Il est pourtant tout sauf cela.

Pour nos confrères du Figaro, c’est le départ d’une grande gueule qui était en train de se remettre du Covid et qui a finalement été rattrapé par la maladie. Était-il vraiment une grande gueule ?

Son personnage était effectivement un peu grande gueule. Les écrits et le travail qu’il a fait n’est pas du tout un travail à l’emporte-pièce. Son travail est très documenté. Ceux qui veulent se souvenir de Claude Goasguen, je leur conseille de lire le rapport qu’il a fait sur la bi nationalité et le rapport sur l’aide médicale d’État. Ils verront que Claude Goasguen est très loin de la caricature qu’on a voulu en faire.

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